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Le marché polonais toujours plus friand de vins importés

Vendredi 02 octobre 2020 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 05/10/2020 09:12:09

« L’augmentation de la consommation de vin concerne tous les Polonais, mais surtout les jeunes citadins ayant un accès plus facile aux réseaux de distribution spécialisés » note Robert Matecki.
« L’augmentation de la consommation de vin concerne tous les Polonais, mais surtout les jeunes citadins ayant un accès plus facile aux réseaux de distribution spécialisés » note Robert Matecki. - crédit photo : CEDC International
Face à la démocratisation de la consommation de vin en Pologne, les vins français doivent relever le défi d’assurer leur accessibilité.

« Il faut en finir avec l’image stéréotypé des Polonais qui boivent uniquement de la vodka et des spiritueux. Ce n’est pas vrai » pose Robert Matecki, le chargé d’affaires export du secteur agrotech de Business France à Varsovie. Se développant au détriment des spiritueux, la consommation polonaise de vin augmente fortement depuis 20 ans, atteignant annuellement 6,8 litres par habitant. Pour Robert Matecki, cette tendance est portée par la recherche boissons moins fortes en alcool, par les touristes polonais souhaitant retrouver le goût de leurs vacances à domicile, par les jeunes générations avides de produits « crafts » (artisanaux), par le renouveau de la production de vin en Pologne (230 vignerons actuellement, contre 50 en 2014)…

Ce développement de la consommation polonaise de vins conforte le leadership des vins d’Italie et d’Espagne, avec un développement concurrentiel notable des vins du nouveau monde, mais aussi d’Allemagne. En 2019, la France se maintient à la place de troisième fournisseur de vin en valeur et de quatrième fournisseur en volume (avec 12 et 10 % de parts de marchés). « Les vins français sont considérés comme plus complexes et moins accessibles que les vins du nouveau monde et du reste de l’Europe. Cette image qualitative est très bonne, mais avec un effet négatif : les Polonais se disent que pour être bon, un vin français doit être cher » prévient Robert Matecki. Une perception à rapprocher de l’infographie ci-dessous, où l’on voit que les exportations françaises de vins sont fortement constituées de vins sans indication géographiques (avec une majorité issue de la communauté européenne).

Covid-19

Touchés par la pandémie de coronavirus, les circuits de distribution ont montré leur robustesse en Pologne, aucune diminution des ventes de vins n’étant prévue en 2020 malgré l’interdiction de ventes de boissons alcoolisées en ligne. De fortes tendances à la hausse étant au contraire attendues pour les vins blancs, rosés et effervescents. Il faut dire que la consommation polonaise de vin se fait essentiellement à domicile, avec 86 % des ventes nationales sur le réseau off-trade. Le premier réseau de vente est la grande distribution (approximativement 60 % des ventes), suivi par les magasins spécialisés/de proximité (30 % environ). Si les restaurants, hôtels et bars à vins pèsent pour 14 % des ventes, Robert Matecki souligne qu’ils restent d’importants prescripteurs dans les grandes villes (Varsovie, Cracovie…).

Pour rentrer sur le marché polonais, la principale difficulté pour les opérateurs français est de trouver l’importateur le plus adapté. Avec 2 500 entreprises possédant une licence d’importation, Robert Matecki conseille de sélectionner ses interlocuteurs selon ses produits : « pour les vins d’entrée de gamme il est intéressant de contacter les gros opérateurs pour faire du volume (comme Ambra Group, CEDC International, Bartex Bartolavec…). Pour les vins de niche il vaut mieux cibler les opérateurs spécialisés sur les cavistes, hôtels, restaurants ou bars à vin. »

"Pas de difficulté"

Si la structuration des importateurs polonais est complexe, l’accès au marché reste aisé. Les négociations durent généralement entre 4 à 6 mois pour valider une commande de produits intéressant un importateur. « En général, il n’y a pas de difficulté. Il n’y a pas de barrière linguistique, les professionnels parlent anglais dans la filière » souligne Robert Matecki, qui précise que les importateurs se chargent de la mise en conformité des bouteilles importées (timbre fiscal, contre-étiquette avec mentions obligatoires…).

Pour en savoir plus sur le marché polonais, cliquer ici.

 

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