LE FIL

Avant-gardiste

La coopérative des vignobles d’Héraclès s'essaye à la biodynamie

Vendredi 11 septembre 2020 par Marion Bazireau

Plus des trois quarts de la production de la cave coopérative gardoise est dédiée aux vins bio.
Plus des trois quarts de la production de la cave coopérative gardoise est dédiée aux vins bio. - crédit photo : Frédéric Saccoman
Spécialisée dans la production de vin bio en vrac, la coopérative va plus loin cette année en vinifiant deux cuvées en biodynamie. Un négociant allemand les a déjà réservées.

« A Sommières, sur 12 hectares, un de nos adhérents a validé son année de reconversion en biodynamie » annonce Frédéric Saccoman, directeur de la coopérative gardoise des Vignerons de la Voie d’Héraclès. « Nous avons décidé de le suivre et de vinifier son raisin en respectant le cahier des charges Demeter. »

Le 10 août, la cave a rempli un pressoir de 300 hl blanc, à dominante de sauvignon et de chardonnay. Puis, début septembre, elle a encuvé 300 hl de syrah et de merlot. « Comme nous le faisons quand nous rentrons des raisins en conventionnel ou en cours de conversion bio, nous n’avons pas vendangé d’autres parcelles lors de ces deux journées, pour ne pas mélanger les modes de production et respecter les cahiers des charges. »

La cave sera auditée par Demeter en octobre. En attendant, ces deux cuvées sont vinifiées dans un coin séparé du chai. « Et nous les suivons comme de l’huile sur le feu » reconnait le directeur, qui ne déplore pour l’heure aucun incident de parcours. Les fermentations, lancées en levures indigènes et sans nutriments, sont en cours. Le blanc est presque sec.

L’Allemagne cherche du vrac

Ces 600 hl sont déjà réservés par un négociant allemand. « L’Allemagne consomme plus de vin bio français que la France. Le pays est également demandeur de vins en biodynamie livrés en vrac. Jusqu’à présent, il devait se sourcer en Espagne ou en Italie, car le marché français est un marché de petits faiseurs qui vendent tout en bouteille sous leur nom » rapporte Frédéric Saccoman.

Pour la coopérative, cette vente serait financièrement très intéressante si elle portait sur un plus gros volume. « Avec 600 hl, on ne couvre pas les frais liés à la surveillance très poussée de ces cuvées. Nous voyons plutôt cette expérience comme une démarche R&D, comme la vinification de notre pet nat en 2019. Elle nous permettra peut-être de généraliser de nouvelles pratiques, comme ce fut le cas il y a quelques années quand nous nous sommes mis à vinifier sans SO2 » conclut le directeur.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé