LE FIL

Marc Médeville

"Je souhaite me défendre en tant que vigneron et non en tant que président du syndicat des Bordeaux"

Mardi 21 juillet 2020 par Alexandre Abellan

« Certes il y a un défaut de traçabilité dans la tenue des registres, mais il n’y a pas l’intention d’être frauduleux » martelait Marc Médeville lors de l'audience.
« Certes il y a un défaut de traçabilité dans la tenue des registres, mais il n’y a pas l’intention d’être frauduleux » martelait Marc Médeville lors de l'audience. - crédit photo : CIVB (Un déjeuner avec, 2018)
Le vigneron indique ne pas briguer une deuxième fois la présidence du premier syndicat d’AOC girondin, qui sera gouverné par « une organisation communautaire » pour surmonter la crise actuelle.

Pas de démission, mais une renonciation. « Je souhaite me recentrer sur mon activité de vigneron et pouvoir me consacrer pleinement à la procédure judiciaire qui nous oppose mon frère et moi à la Direccte » annonce ce 20 juillet Marc Médeville au conseil d’administration du syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Elu il y a un an, le dirigeant du château Fayau ne se présente pas pour un deuxième mandat, indiquant que sa décision fait suite à sa récente condamnation par le tribunal judiciaire de Bordeaux pour « pratiques commerciales trompeuses, falsifications et détention prohibée de saccharose » entre 2016 et 2018. Un retrait qui fait écho à la démission de son frère, Jean Médeville, qui a quitté pour sa part la présidence de l’AOC Cadillac en amont de l’audience.

Rejetant une enquête à charge de la part de la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence et de la Consommation (Direccte*), les frères Médeville font appel de leurs peines individuelles de 6 mois d’emprisonnement avec sursis et de 30 000 € d’amendes avec 15 000 € de sursis. « Il n’y avait pas d’intention de frauder, [mes clients] reconnaissent des imperfections dans leur traçabilité et engagent leur responsabilité, mais en aucun cas sur les volumes relevés par la Direccte et sur un process de falsification » souligne l’avocat des frères Médeville, maître Jean Gonthier.

Gestion de crise

Evoquant une présidence chronophage, Marc Médeville s’est trouvé confronté à une grave crise commerciale. Le vigneron a mené d’intenses débats pendant son mandat pour mettre un terme à la crise commerciale des vins de Bordeaux et rééquilibrer l’offre et la demande. Misant sur le développement d’une offre girondine de vins sans indication géographique, son syndicat a notamment évoqué une aide au déclassement. La crise du coronavirus ayant accentué les blocages commerciaux, le vignoble d’AOC Bordeaux rouge fait significativement appel à la mesure nationale de distillation de crise et s’impose une baisse de 10 % de ses rendements 2020, avec la mise en place d’une mise en réserve interprofessionnelle pour les rouges (cliquer ici pour en savoir plus).

Ne se dotant pas d'un nouveau président, l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) va être géré de manière collégiale annonce un communiqué. Cinq pôles distincts géreront les affaires syndicales : les relations adhérents par Chantal Moncomble et Agnès Jougle Sueur, le service promotion par Véronique Barthe, le service technique par Stéphane Gabard et Jérémy Ducourt, le service Capsules par Hervé Grandeau et François-Thomas Bon et le service communication par Hervé Grandeau et Chantal Moncomble (voir photo ci-dessous de ces membres du bureau).

 

* : Pour leur part, les Fraudes se défendaient encore l'an dernière d'être plus chicaneuses à Bordeaux qu'ailleurs.

 

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