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2019, une belle année pour la Champagne
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Vendange
2019, une belle année pour la Champagne

Gel d’avril et échaudage de juillet sont oubliés. La vendange champenoise, s’est déroulée sous le soleil, est qualifiée de très prometteuse par les œnologues.
Par Aude Lutun Le 02 octobre 2019
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2019, une belle année pour la Champagne
Outre des rendements globalement satisfaisants, la bonne surprise des vendanges est la belle acidité constatée sur les trois cépages. - crédit photo : CC0 Creative Commons
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 Cela sent très bon dans les cuveries, commente Fabrice Wehrung, œnologue conseil à la Station Oenotechnique de Champagne à Epernay. Les anciens disaient que c’était bon signe pour la qualité des vins. Cela s’est toujours vérifié… ». Même optimisme de la part de Nicolas Jaeger, chef de cave de la maison Alfred Gratien à Epernay : « dès le premier pressoir, les arômes étaient beaux. Cela annonce une très belle année ». La récolte 2019 s’est en effet déroulée sous de bons auspices. L’état sanitaire des raisins était très bon, grâce à un été chaud et sec. « L’échaudage qui s’est produit fin juillet a affecté le rendement mais pas la qualité, analyse Fabrice Wehrung. Les quelques foyers d’oïdium ont été maîtrisés par un tri sévère des vignerons ».

 C’est droit, avec beaucoup de vivacité

Outre des rendements globalement satisfaisants, la bonne surprise des vendanges est la belle acidité constatée sur les trois cépages. « C’est droit, avec beaucoup de vivacité, poursuit Fabrice Wehrung. L’acidité est entre 7 et 7,5, avec un pH bas, à 3, voire moins. La teneur en acide malique étant assez importante, il est conseillé de bloquer la malo de quelques cuves pour conserver de la fraîcheur ».

Chez Alfred Gratien, les vins sont toujours vinifiés sans malo. « Le degré moyen est de 10.9, souligne Nicolas Jaeger. On a rentré beaucoup de marcs qui n’ont pas eu besoin d’être chaptalisés ».

Pour cet oenologue, c’est le pinot noir qui s’est démarqué cette année, même si les trois cépages sont jugés très qualitatifs : « Le pinot noir a besoin que les pépins soient à maturité, ce qui fut le cas lors de cette vendange ». Fabrice Wehrung, lui, a un coup de cœur pour le pinot meunier, « qui sera le seigneur de cette vendange 2019 ! Il est très aromatique, comme toujours, mais montre également une belle vivacité ce qui n’est pas le cas tous les ans ».

Millésime ?

Il est trop tôt pour affirmer que 2019 sera un millésime, mais tous les paramètres sont réunis pour qu’il le soit. « 2019 peut faire partie des années référence de ces vingt dernières années, avec le 2008 et le 2012 », conclut Nicolas Jaeger.

Des vendanges trop tardives ?

C’est un sujet qui revient sur le devant de la scène après chaque vendange depuis quelques années. Les dates de début des vendanges sont considérées comme trop tardives par une partie des professionnels qui estiment qu’il y a une prise de risque à récolter des raisins à plus de 11 °. Quid également du profil aromatique des champagnes avec des vins plus sucrés ?

« Certains ont commencé un peu tardivement, reconnaît Fabrice Wehrung. Ils avaient peur de revivre 2011 où il y avait les degrés mais pas la maturité phénolique. Cette année, on avait les deux ».

Quant à Nicolas Jaeger, il est partisan d’un ban des vendanges assez précoce « pour laisser le choix et la responsabilité aux vignerons de démarrer au bon moment ».

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