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Provence
Le botrytis fait son apparition

Le vignoble provençal fait face à une attaque de botrytis qui vient s’ajouter à celle du mildiou. Par ailleurs, les vinificateurs doivent composer avec des taux de cuivre parfois importants dans les moûts et une acidité basse.
Par Marion Sepeau Ivaldi Le 29 août 2018
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Le botrytis fait son apparition
Foyers de botrytis photographiés par l'ICV sur rolle, syrah et grenache. - crédit photo : ICV
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e 28 août, Marjolaine de Renty, consultante ICV en Provence, est en train de faire des contrôles dans les vignes. « Nous relevons des attaques de botrytis dans les secteurs avec des sols profonds et une végétation à port retombant. L’attaque est variable : entre une grappe sur quarante et 10 grappes sur quarante touchées par la maladie » explique la consultante. La Provence fait face à une attaque de botrytis provoquée par l’humidité laissée par les orages de la fin août. « Ajoutés à un mistral quasi absent, cette humidité a créé les conditions favorables au développement du botrytis » déplore Marjolaine de Renty. Comme il n’est désormais plus temps de traiter (les produits fongicides sont efficaces avant la fermeture de la grappe), le seul geste technique à adopter est de favoriser l’aération. « Je conseille des rognages, de l’écimage. Eventuellement, de l’effeuillage même si ce n’est pas dans la culture provençale » explique Marjolaine de Renty.

Attention aux résidus de cuivre dans les moûts

Le botrytis vient s’ajouter au mildiou qui a été particulièrement virulent cette année dans la région (comme dans de nombreuses régions françaises). « Son attaque a été très hétérogène. Elle varie en fonction des pratiques viticoles, de la topographie parcellaire, ce qui crée des hétérogénéités intra et inter-parcellaire » constate Marjolaine de Renty. Face à cette épidémie, les traitements cupriques ont pu être nombreux. De quoi prêter attention à l’accumulation du cuivre dans les baies. Les analyses de l’ICV montrent que, pour 50 % des cuves, les taux de cuivre sont de 2 à 3 mg/L dans les moûts. « Au-delà d’1 mg par litre, il peut y avoir des effets sur le glutathion, protecteur des arômes notamment thiolés. Le cuivre a également un effet sur les levures en réduisant leur vitesse de fermentation et de ce fait, en augmentant le risque de fermentations languissantes » explique Marjolaine de Renty. Si les taux de cuivre sont supérieurs à 1 mg, il sera parfois conseillé d’utiliser des adjuvants œnologiques contenant du glutathion et de levurer à une dose de 1.5 fois celle habituelle.

L’acidité pose également question avec une baisse rapide, un phénomène où le taux de potassium joue un rôle. L’acidité totale reflète la mesure de l'acide malique ajouté à l’acidité tartrique à laquelle est retranchée la mesure du potassium. « La teneur en potassium des moûts est particulièrement élevée, ce qui fait donc baisser l’acidité totale » explique Marjolaine de Renty (tout en remarquant que le taux d’acide malique dans les moûts n’est pas aussi bas que le laisser penser les analyses sur baies). . En effet, avec le printemps pluvieux, il semble que l’alimentation en nutriments azotés des plantes aient été très bons. D’ailleurs, le taux d’azote des moûts est satisfait. Au moins une bonne nouvelle pour ce millésime 2018 particulièrement épique !

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