ctifs contre actions. Ce 15 décembre, « le groupe AdVini et Cordier by InVivo annoncent entrer en négociations exclusives en vue du rapprochement de certaines de leurs activités » indique un communiqué, précisant viser une signature de l’accord « avant le 31 mars prochain », sachant que « le rapprochement entre les deux sociétés prendrait essentiellement la forme d’un apport d’actifs de Cordier by InVivo et de ses filiales à AdVini ». Les deux groupes indiquant que si tout va jusqu’au bout, « à l’issue de cette opération InVivo deviendrait ainsi un actionnaire de référence d’AdVini, aux côtés de la famille Jeanjean et d’Antoine Leccia, président du conseil d’administration d’AdVini » qui « conserveraient la majorité absolue du capital d’AdVini » (actuellement 43 et 9,4 % de l’actionnariat, avec 24,7 % d’investisseurs et 17,6 % de flottant). Reste à préciser exactement le périmètre de cette transaction, qui n'est pas connu comme les négociations en seraient à leurs prémices.
Arrivé l’été 2015 dans la filière vin, le groupe coopératif InVivo possède dans sa corbeille d'autoproclamé n°3 des vins français (après Castel et Grands Chais de France, GCF) la marque de vins de Bordeaux Cordier, des marques de vin sans alcool (avec le site spécialisé de Carcassonne où sont produit Bonne Nouvelle, n°1 français avec 5 millions de cols, et Artis), les effervescents et l’unité de production bordelaise de Café de Paris (vin de France en bouteille réemployable, avec des déclinaisons à zéro degré et en crémant de Bordeaux…), l’étiquette languedocienne Mythique (en Pays d’Oc et AOC Languedoc), la filiale dédié aux vins en vrac SudVin (600 000 hectolitres), des filiales de distribution dans divers machés (« France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suisse, Belgique, Asie, Amérique du Nord, Afrique du Sud » liste le communiqué), le négociant Excell (qui a fait appel de sa condamnation pour des vins du Médoc achetés à des prix abusivement bas en 2024)… Si des pistes de complémentarité sont évoquées, le détail des activités apportées n’est pas précisé.
Il s’agit bien d’« apporter une partie de nos actifs et tout le soutien de notre groupe à AdVini » indique dans un communiqué Thierry Blandinières, directeur général d’InVivo et de Cordier by InVivo. Se projetant visiblement, pour AdVini, « ce rapprochement nous permettrait d’accélérer la croissance, de prendre pied dans le secteur dynamique des vins effervescents et des vins à faible degré, et de densifier notre réseau de distribution international, ce qui serait profitable à l’ensemble de nos maisons de vins » esquisse Antoine Leccia dans un communiqué. Cela fait plusieurs années que le directeur général d’InVivo, Thierry Blandinières, ne cache pas son désir de s’appuyer à un autre opérateur de taille alors que la crise viticole enraye les projets conquérants du premier groupe coopératif agricole (11,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires).
Buzet en train d'union
Affichant un bilan mitigé malgré de fortes ambitions affichées (objectif 1 milliard € de chiffre d'affaires pour 2025 fixé en 2015, le cap de 500 millions € en 2020 étant atteint par croissance externe), l’outil Cordier by InVivo réunit actuellement 23 caves coopératives adhérentes*. Alors que les prix chutent avec les marges et que les outils industriels sont de moins en moins rentables, « si l’on veut faire de cette crise une opportunité, c’est maintenant ou jamais » indiquait l’an passé Thierry Blandinières, indiquant qu’« en tant qu’opérateur national, on se doit de montrer l'exemple sur ce marché de volume. On est prêt à composer avec d'autres pour faciliter la restructuration. » On peut imaginer que la mission de Pierre Philippe pour gérer Cordier by InVivo cet été a pu accélérer le projet, l'ancien directeur de la cave coopérative de Buzet étant déjà en lien avec InVivo (pour un accord commercial sur la France) et AdVini (avec le rachat de Rigal en 2021 et un partenariat commercial à l'export). Désormais Buzet s'est rapproché de GCF pour ses commercialisations (avec la distribution et le conditionnement).
Affichant un chiffre d’affaires de 277,6 millions € en 2024 (132 millions € sur le premier semestre 2025), le groupe AdVini est jusqu’à présent très présent dans le Sud de France (Vignobles Jeanjean en Languedoc, domaine Cazes en Roussillon, Oratoire des Papes à Châteauneuf-du-Pape, domaine Gassier en Provence), mais aussi à Bordeaux (châteaux Capet-Guillier à Saint-Émilion et Patache d’Aux en Médoc) et en Bourogne (maison Champy à Beaune et domaine Laroche à Chablis), ainsi qu’en Afrique du Sud (Ken Forrester Vineyards et Kleine Zalze). Avec le rapprochement de Cordier, le chiffre d’affaires consolidé serait « de plus de 320 millions € » indique le communiqué. Ajoutant qu’« avant la signature de tout accord définitif, ce projet serait soumis à l'information/consultation des instances représentatives du personnel, ainsi qu’aux organes compétents de chacun des deux groupes ». En la matière, la convention annuelle du groupe InVivo se tiendra ce mercredi 17 décembre au palais des Congrès de Paris. AdVini publie son chiffre d’affaires annuel en février et tient son assemblée générale en juin.
* : Les 10 unions adhérentes à InVivo pour le vin sont Agamy (Beaujolais), la cave de Labastide (Sud-Ouest), Ocealia (Cognac), Rocca Maura (Côtes-du-Rhône), Saint Maurice (Cévennes), Les Terroirs du Vertige (Languedoc), Univitis (Bordeaux), Val d’Orbieu (Languedoc), Vendéole (Languedoc) et Vivadour (Sud-Ouest).



