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Une nouvelle solution pour lutter contre les Brett dans les chais
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Désinfection du matériel
Une nouvelle solution pour lutter contre les Brett dans les chais

Devea-Environnement propose des appareils de désinfection du matériel de cave très efficaces, simples d’emploi et sans rinçage, mais fragiles au quotidien. Destiné aux petits contenants, son dernier-né s'annonce plus robuste.
Par Pauline Orban Le 11 janvier 2023
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Une nouvelle solution pour lutter contre les Brett dans les chais
La société Devea-Environnement propose deux appareils pour désinfecter les contenants selon le principe de la nébulisation : Phileas 15 pour les cuves de 20 à 1 000 hl et, plus récemment, Phileas 5 (photo), pour les fûts et les jarres. - crédit photo : DR
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n connaît peu la nébulisation. Pourtant, cette technique existe depuis plusieurs années dans les hôpitaux et le milieu médical pour désinfecter les salles d’opération et le matériel de chirurgie. Le principe est simple : diffuser des microgouttelettes d’un produit bactéricide et fongicide dans l’air ambiant pour éradiquer 100 % des micro-organismes présents.

Phileas 5 pour les fûts et les jarres

La société Devea-Environnement veut transposer cette technique au monde vinicole avec deux appareils : Phileas 15 pour les cuves de 20 à 1 000 hl et, plus récemment, Phileas 5, pour les fûts et les jarres. « Dans les deux cas, le produit à nébuliser est une solution prête à l’emploi de peroxyde d’hydrogène [de l’eau oxygénée, ndlr], dosé à 7,4 % », explique Charlotte Gourraud, la directrice de Devea-Environnement. Le nettoyage se déroule en trois étapes : une phase de diffusion, un temps de contact puis l’aération du contenant.

Des essais ont été menés sur des foudres de 130 hl en bois avec l’appareil Phileas 15 : après 7 minutes de diffusion et 2 h 30 de contact avec le biocide, on élimine 100 % des Brettanomyces présents dans les fonds et sur les parois.

Réduction de la consommation d'acide peracétique

Vincent Renouf, le directeur général du laboratoire Excell, a récemment intégré les appareils Phileas à ses protocoles de désinfection. « Nous les utilisons essentiellement au moment des vinifications, lorsque nous produisons des crèmes de levures, précise-t-il. Cela nous permet de réduire notre consommation d’acide peracétique, un produit chimique dangereux. La nébulisation ne nécessitant aucun rinçage, nous faisons aussi des économies d’eau et d’énergie. »

Chez Biolaffort, Virginie Moine, la directrice scientifique, a elle aussi intégré la solution Phileas à ses protocoles de nettoyage. « Nous testons de nombreuses souches de levures, explique-t-elle. Alors, pour éviter tout risque de contaminations croisées, nous avons mis en place des protocoles de nettoyage très stricts. Nous avons ainsi intégré l’appareil Phileas 5 à la place du rinçage à la solution hydroalcoolique. C’est plus simple d'utilisation et cela consomme moins de produits de nettoyage et pas d’eau puisque la nébulisation est sans rinçage. Pour une désinfection quotidienne des cuves au chai, c’est idéal pour les vignerons. »

"Une méthode d'application novatrice"

Maxime Moreau, chef de projet microbiologie au laboratoire Excell, partage le même avis. « Les appareils Phileas peuvent parfaitement s’intégrer aux protocoles de nettoyage dans les chais, en complément d’un rinçage à l’eau ou d’un détartrage. L’utilisation de l’eau oxygénée comme désinfectant n’a rien de révolutionnaire, mais c’est la méthode d’application qui est novatrice. La formation d’un brouillard sec permet d’atteindre les moindres recoins des cuves, y compris les vannes et les robinets. Des endroits parfois difficiles d’accès avec un désinfectant liquide », argumente-t-il.

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Appareil Phileas 15 de Devea-Environnement (crédit photo DR)

C’est pour toutes ces raisons qu’Anthony Yaigre, directeur technique au Château Beaumont, à Cussac-Fort-Médoc, en Gironde, s’est tourné dès 2011 vers la nébulisation. « Nous avons été parmi les premiers à utiliser l’appareil Phileas 15 pour désinfecter nos cuves de 180 hl, et je ne regrette pas mon choix. Il suffit de placer l’appareil au milieu d’une cuve, de choisir le programme et de refermer la porte de la cuve », explique Anthony Yaigre.

Au Château Beaumont, les cuves sont désinfectées avant chaque transfert de vin. « Pour une cuve de 180 hl, il faut compter 15 minutes de diffusion du produit, précise Anthony Yaigre. Comme le peroxyde d’hydrogène ne se rince pas, on gagne du temps, de l’eau et de l’énergie. Nous avons fait des tests à l’ATP-mètre, Phileas 15 est une super solution de désinfection. »

Des appareils fragiles

Malgré cela, il n’emploie plus l’appareil depuis 2018 : « L’appareil, encore sous garantie, présentait déjà des pannes. La turbine et le disque sont très fragiles. Chaque fois, il fallait l’envoyer en région parisienne pour le faire réparer. Aujourd’hui, on utilise un nébuliseur d’une autre marque. C’est un appareil sur secteur, donc moins pratique, mais tout aussi efficace et moins fragile. »

Charlotte Gourraud le sait : « Le disque est le talon d’Achille de notre machine. Mais c’est aussi le cœur de notre technologie. » Elle ne peut alors que conseiller d’être précautionneux. Sur les nouveaux modèles, un bouchon rouge a été ajouté pour protéger le disque lors du transport et du stockage. Muni d’une simple buse plutôt que d’un disque de nébulisation, Phileas 5 devrait être moins fragile que son grand frère. Reste à voir si cela se confirmera dans la pratique. 

 

Phileas 5, le dernier-né de la gamme

Mobile, sans rinçage, ni résidu, le petit nouveau Phileas 5 a tout pour plaire. Comme le reste de la gamme de Devea-Environnement, il diffuse une solution d’eau oxygénée. Mais ici, cette diffusion se fait simplement par une buse. Il n’y a pas de disque de centrifugation, un élément qui s’est avéré fragile. Cet appareil est destiné au nettoyage des contenants de quelques litres à 10 hl, donc des fûts et jarres. « Il suffit de glisser la tête de l’appareil dans le fût, de remettre la bonde et de lancer le programme de désinfection. Un brouillard humide se diffuse, remplit l’espace, permettant ainsi de désinfecter les moindres recoins », décrit Charlotte Gourraud, la directrice de Devea-Environnement. Déjà en place dans quelques laboratoires comme Biolaffort, Phileas 5, annoncé plus robuste que Phileas 15, est en cours de lancement chez les vignerons et les caves coopératives.

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