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Grandes et petites actions pour la sobriété énergétique de la filière vin
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Amélioration continue
Grandes et petites actions pour la sobriété énergétique de la filière vin

Les dépenses énergétiques devenant un coût, leur réduction devient une impérieuse nécessité dans les vignobles, où les opérateurs se retrouvent face à de multiples leviers à actionner pour espérer avoir un impact significatif.
Par Alexandre Abellan Le 04 novembre 2022
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Grandes et petites actions pour la sobriété énergétique de la filière vin
Panneaux photovoltaïques pour les toits des bâtiments de stockage de la cave coopérative de Buzet-sur-Baïse. - crédit photo : Les Vignerons de Buzet
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écessité fait loi. La chasse aux économies d’énergie n’est jamais aussi forte quand les coûts explosent. Avec le bond des factures de gaz, d’électricité et du gazole, tous les opérateurs de la filière vin cherche la solution miracle pour couper dans leurs coûts. Mais en matière d’économie d’énergie, « il n’y a pas d’action "whaou" » prévient Iris Borrut, la directrice de l’association Vignerons Engagés (34 structures vitivinicoles engagées, pour 6 000 vignerons et 1,6 million hectolitres). Au sein d’un groupe de partage pour la réduction de la consommation énergétique, les labellisés échangent sur un large éventail d’actions possibles, allant de l’investissement structurel avec la rénovation énergétique ou l’enterrement des chais (diminuant le besoin en thermorégulation), en passant par l’audit énergétique (« qui permet de faire une revue des consommations d’énergie et de prioriser les actions » explique Iris Borrut, qui incite les opérateurs à l’essayer).

« Pour une entreprise qui n’a pas commencé ses actions d’optimisation, il y peut y avoir des actions wahou. Mais au bout d’un moment, on n’arrive plus à faire que des petits pas » explique Ornella Zuddas, la responsable Qualité Hygiène Sécurité Environnement des vignerons de Buzet (160 viticulteurs adhérents pour 1 935 hectares de vignes dans le Lot-et-Garonne). La cave coopérative du Sud-Ouest a ainsi réduit de 67 % sa consommation de gaz de ville* en optant pour une pompe à chaleur air-air afin de chauffer ses bureaux (1 462 m² pour 40 salariés). Mais une fois l’action choc effectuée, les leviers sont logiquement réduits. Devenue la référente sobriété énergétique de la cave coopérative, Ornella Zuddas note que « ce sont des petites choses, qui ne chiffrent pas en elles-mêmes, mais qui se cumulent et finissent par avoir un impact. On est au stade des petites actions. »

Postes de consommation

Suivant le management environnemental de la certification ISO 14 001, la coopérative du Sud-Ouest était déjà dans une démarche de réduction consommation d’énergie avant la crise actuelle et les consignes d’économie d’énergie du gouvernement. Suivant chaque année sa consommation énergétique (1,9 million kilowattheures par an), Buzet compense 60 % de ses dépenses avec des panneaux photovoltaïques installés depuis 2011 sur ses bâtiments de stockage (appartenant à un fournisseur d’énergie). La coopérative sait que son premier poste est l’alimentation des groupes de froid (21 % de la consommation, pour les vinifications et la régulation des bâtiments de stockage). Pour réduire ces usages, les pistes améliorations pointe vers la modernisation des groupes de froid. Deuxième poste de consommation de la cave, les pompes de transferts de vin représentent 15 % des dépenses énergétiques. Tributaires des marchés, ces transferts restent cependant difficiles à optimiser pointe Ornella Zuddas.

Pour améliorer ses performances, la cave passe par le renouvellement de ses équipements : « on part sur des équipements optimisés dans l’économie d’énergie (et la nettoyabilité pour économiser de l’eau) quand il y a obsolescence ou renouvellement du parc » explique la qualiticienne. En 2015, la cave de Buzet a ainsi remplacé la stabilisation par le froid par une électrodialyse moins consommatrice. De même, tout l’éclairage est actuellement remplacé par des LED pour réduire la consommation en électricité.

Ecogestes

Autre action permettant de réduire l’usage d’énergie : le passage à une semaine de quatre jours. Apparaissant dans le vignoble, cette organisation du temps de travail permet de réduire la présence sur site, et donc les utilisations d’énergie. Y compris pour les frais d’essence des salariés, qui étaient à l’origine de cette demande à Buzet. En vigueur depuis août, ce travail sur 4 jours concerne les ateliers de mise en bouteille, d’expédition et la cave hors vendange. « C’est possible quand la saison est basse » indique Ornella Zuddas, ajoutant que le télétravail est déjà déployé dans les bureaux. Pour ces derniers, une automatisation est en cours pour ne plus déclencher automatiquement la climatisation/le chauffage et l’éclairage, avec des détecteurs de présence. Parsemé de petites actions, l’économie d’énergie passe par une sensibilisation aux écogestes des salariés conclut Ornella Zuddas, notant que la technique permet déjà beaucoup de réduction des consommations.

 

* : Le solde correspond aux thermovinifications.

 

 

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Tous les commentaires (1)
Pierre-Eric Jolly Le 05 novembre 2022 à 09:47:14
Économie énorme possible dans les effervescents : le muselet à 3 pattes. Des centaines de milliers de km de fil en moins...
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