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Hugo tout sauf clément avec les vignerons changeant leurs pratiques face au changement climatique
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Gardien du temple
Hugo tout sauf clément avec les vignerons changeant leurs pratiques face au changement climatique

Faisant le tour des pistes d’adaptation au gel et à la sécheresse, un documentaire distribue les bons et, surtout, mauvais points aux tentatives d’adaptation à la nouvelle donne météorologique, sous l'éclairage d’un master of wine.
Par Alexandre Abellan Le 19 septembre 2022
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Hugo tout sauf clément avec les vignerons changeant leurs pratiques face au changement climatique
« Non, il ne pleut pas. Certains vignobles dans la Napa Valley ont installé des brumisateurs pour lancer des petites gouttes d’eau et refroidir la plante pendant les fortes chaleurs l’été. Ça marche, ça rafraîchit » témoigne Hugo Clément. - crédit photo : France TV
S

ur le front : alerte rouge sur le vin. Diffusé ce 19 septembre à 21 heures sur France 5 (et déjà visible en ligne), le reportage d’investigations sur l’environnement du journaliste activiste Hugo Clément se penche sur l’adaptation du vignoble aux défis du changement climatique. Et semble vouer aux gémonies le « sacrilège » de l’irrigation, une « hérésie » qui n’a d’égal que la « démesure » des moyens pour protéger les vignes du gel de printemps (bougie, tour antigel, hélicoptère, câbles chauffants, arrosage…). Véritable gardien du temple viticole français, le reportage tresse par contre des lauriers aux « amoureux du vin [qui] inventent de nouvelles pratiques pour produire sans pomper dans les nappes phréatiques, sans modifier le taux d’alcool dans le vin, sans utiliser de pesticides ou d’autres méthodes polluantes en s’adaptant au climat ». Des propos concluant 52 minutes de reportage avec des images magnifiant une vigne plantée en spirale au domaine Allegria (à Caux, Hérault), où l’on observe sans difficulté… Des tuyaux de goutte-à-goutte, son vigneron, Ghislain d'Aboville, indiquant à Vitisphere ne pas être un opposant à l’irrigation, surtout sur des plantiers soumis à d’importants stress.

Mais la nuance n’est pas vraiment le ton opté par ce documentaire, dont la voix off joue le chevalier blanc et pose que « certains vignobles sont prêts à tout pour lutter contre la sécheresse, mais est-ce bien raisonnable ? » Suivant le vigneron Vincent Pugibet, domaine de la Colombette (Béziers, Hérault), le documentaire relève son usage de tuyaux enterrés pour emmener de l’eau issue de barrages. « Cela fait bondir Jeremy, notre résistant qui cherche à améliorer les pratiques viticoles » indique le documentaire, qui utilise comme « guide pour nous montrer les excès de certains vignerons et les solutions qui respectent la nature », le directeur de la Kedge Wine School, Jeremy Cukierman, auteur, ça tombe bien, d’un livre sur le vin de demain. Pour le Master of Wine, « l’irrigation va être un souci » et « on ne va pas régler un problème avec d’autres problèmes. On a un problème de ressource d’eau et on est en train de mettre à mal la ressource qui va nous manquer ». Les retenues collinaires ou le traitement des eaux usées (comme à Narbonne Plage) ne trouvent pas grâce aux yeux du reportage. « Ça ne m'étonne qu'à moitié, quand ils viennent [pour tourner] c'est toujours sympa et ils ne disent pas qu'ils vont te casser » réagit Vincent Pugibet auprès de Vitisphere, regrettant que l'équipe ne se soit pas intéressée à la gestion de l'eau utilisée pour l'irrigation : « considérer qu'il n'y aura plus de vignes en Languedoc, c'est manquer d'imagination. »

Vignes clonées en laboratoire

Allant en Californie, le reportage épingle l’utilisation de brumisateurs en Napa Valley. « On a un peu l’impression d’être dans un champ de maïs » lâche Hugo Clément, qui demande si ce n’est pas « une forme de fuite en avant à utiliser plus d’eau dans des endroits toujours plus secs ». Une colle pour son accompagnateur, l’œnologue suisse Jean Hoeflinger (JH Wine Consulting). Ne distinguant pas l’irrigation raisonnée au goutte-à-goutte qui se développe en France de l’utilisation d’un hélicoptère Blackhawk comme bombardier d’eau en Californie, le documentaire à la même approche contre le gel, suivi début avril en Anjou, à Chablis et à Saint-Émilion. Où « de puissants hélicoptères font leur apparition au-dessus des vignes. Et nous allons découvrir de tout nouveaux câbles électriques chauffants, de l’arrosage automatique, des feux à perte de vue en pleine nuit. Toutes ces techniques sont légales et de plus en plus utilisées » pointe la voix off. Qui répète à plusieurs reprises cette notion de légalité pour mieux remettre en cause certaines pratiques : de l’usage de levures produisant moins d’alcool à la tolérance sur l’étiquetage des degrés alcooliques. Jusqu’à évoquer des « ceps de vignes pas naturel » avec des « vignes clonées en laboratoire » suite à un commentaire de Jérémy Cukierman sur des « clones propagés à grande échelle ». Plus que de nouvelles solutions agronomiques, il est souvent question d'idées rapidement préconçues dans ce reportage.

Gardien du temple donnant nombre de mauvais points, Sur le Front semble aussi donner des encouragements à certaines techniques d’adaptation, apparemment jugées moins interventionnistes et consommatrices de ressources naturelles. Pour le gel, la solution prônée par le documentaire est celle essayée par le vigneron angevin Dominique Sirot (Le Fief Noir à Saint Lambert du Lattay) : la couverture de parcelles par des voiles d’hivernage (la taille tardive a peut-être été oubliée à cause de l'usage de sécateurs éléctriques ayant recours à l'énergie nucléaire). Pour la sécheresse, le reportage semble opter pour une adaptation des cépages, avec des variétés anciennes ou issues de vignobles méridionaux, et de nouveaux lieux de production, en augmentant les altitudes, dans des zones montagneuses, ou augmenter les latitudes, avec un exemple en Belgique où des pâturages sont remplacés... Par des vignes pariant sur le changement climatique et craignant de devoir irriguer. Alerte rouge sur chevalier blanc : tout fout le camp.

 

 

 

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Tous les commentaires (13)
FRANCOIS Le 20 septembre 2022 à 17:28:03
On commence à connaître l'angle, la tonalité et les sujets traités par Hugo Clément avec une objectivité toute relative en recherche du sensationnel, comme lanceur d'alerte voir militant engagé à trouver des solutions toutes faites. On sait aussi que la nuance n'a pas d'audience. Ceci étant, le reportage présente des faits, ceux relatifs au combat des vignerons, une des filières les plus précocement touchés par le réchauffement climatique. Si cela peut aider à ouvrir les consciences contre ces enjeux de fond auprès de la filière, des pouvoirs publics et des consommateurs, j'accepte au moins l'augure de cette vertu pédagogique.
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JLT Le 20 septembre 2022 à 16:38:13
Bonjour, Il est certain que le vent tourne pour les viticulteurs... Mais il a toujours tourné dans les campagnes. Sur mes 50 ans dans les vignes, j'ai tout vu, tout eu, ou presque. Le phylloxéra et la catastrophe du mildiou, c'était pour mes parents. La sécheresse, la gelé, les maladies et les déboires économiques, toutes les générations les ont subis. Si certains pensaient que l'agriculture était une balade de santé et ont choisi ce métier, ils auraient dû se renseigner auparavant. Quant aux observateurs, écologistes, thésards, chroniqueurs et journalistes, inculte dans la filière, ils devraient avoir plus de respect envers ceux qui vivent toutes ces catastrophes et cherchent les moyens d'y faire face. Je reconnais que bien des "viticulteurs" le sont, par opportunité, investissements de capitaux, reconversions professionnelles n'ayant rien à voir avec l'agriculture, etc. Cependant quand vous êtes pris à la gorge et que la banque vous menace (vécu 2 fois dans ma carrière) vous n'hésitez plus à chercher des solutions, même si elles sont absurdes, dans tout ce qui est possible d'imaginer. Mais au moins vous ne restez pas là, les bras ballants, à incriminer, Dieu, le président, votre voisin qui ne traite pas, son coq qui chante dès 5h du matin, l?écologiste actif qui donne des leçons alors qu?il a une emprunte carbone dix fois plus élevée que la vôtre. Mais surtout, il ne jette la pierre à personne sans savoir ce que vous, vous feriez dans une telle situation dans votre métier de journaliste? c?est trop facile ! Alors oui, il est utilisé des moyens démesurés pour certains, mais de grâce, ne mettez pas tout le monde dans le même panier. Certaines observations qui sont faites dans le reportage sont pertinentes ; je regrette, seulement la condescendance avec laquelle elles sont faites.
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La rédaction Le 20 septembre 2022 à 15:16:59
Bonjour Claude, M. CUKIERMAN est bien indiqué comme titulaire du MW sur le site de l'institut : https://www.mastersofwine.org/about-us/annual-awards-ceremony/annual-pass-list et https://www.mastersofwine.org/jeremy-cukierman-mw Bonne journée
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Claude Le 20 septembre 2022 à 15:03:11
Master of Wine? Une recherche sur le site www.master of wine.org ne donne aucun résultat?
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Michel Jacob Le 20 septembre 2022 à 13:42:53
Il y a toujours quelque chose chez ces donneurs de leçons que l'on retrouve aussi parfois chez certains vignerons certains conseillers qui m'épate. Quid du respect de la vigne, de son équilibre ? Irriguer, c'est éviter le stress hydrique, protéger du gel c'est aussi protéger la vigne, idem pour le feu, traiter les contre les maladies pareil ect ....Alors certes les méthodes divergent et peuvent être sans doute améliorées. Mais pour qu'elles soient améliorées encore faut il proposer des solutions crédibles et fiables financièrement. Or les solutions proposées dans ce reportage ......
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Seb49 Le 20 septembre 2022 à 13:17:23
Vigneron tout comme vous, je trouve pour ma part que ce reportage a l'intérêt de poser des questions sur nos pratiques. Et ne soyons pas comme nos élus déconnecté des consommateurs et des citoyens en général, écoutons ce qu'on nous dit et expliquons pourquoi nous en sommes arrivés là, tout se joue pour nous parfois sur 1 nuit. Donc oui on fait tourner des helicos et on brûle des tonnes de foin ou de paraffine. Est-ce pour autant viable?
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Olivier Le 20 septembre 2022 à 09:52:51
Un Master of Wine qui parle du merlot à Châteauneuf-du-Pape ! ça illustre toute la crédibilité du personnage
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Juliette Le 20 septembre 2022 à 09:14:16
Reportage affligeant.. des amalgames .. aucun sujet de fond traité correctement.. c?est une émission à charge contre nous .. je pense qu?il faudrait réagir au niveau des instances politiques.. ce genre de documentaire ( si on peut dire ) est désastreux pour notre image auprès du grand public.. c?est un tissu d?inepties .. la réalité est tellement plus compliquée ! Et cruelle .. enfin bref je ne décolère pas .. quel con ce mec ..
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Vince Le 20 septembre 2022 à 06:17:48
Franchement peu adepte à regarder ce type d'émission tel que envoyé spécial ou cash investigation, ce genre démission normalement à caractère d'information ne sont là que pour faire du sensationnel et detourner les dires des intervenants. J'ai fait l'effort de regarder cette émission hier soir et le bilan est affligeant. Hugo Clément ce journaliste militant bobo ecolo formé à la sauce canal+du petit journal de Yan barthes n'analyse pas bien le fond du problème du réchauffement climatique. Encore des images pour créer du sensationel afin de faire de l'audience et susciter des polémiques en mettant en avant des vignerons qui essaient desesperement de lutter contre le gel et la sécheresse en detournant leurs propos pour la bonne cause bobo ecolo. Cette presse à sensation ne mérite même plus que l'on réponde à leurs interrogations puisque à chaque fois les propos des vignerons sont détournés pour faire de l'audience......
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MG Le 19 septembre 2022 à 18:11:23
Il y a une coquille dans le titre : Hugo tout sauf journaliste. Quand on viens avec les réponses toutes faites c'est de la propagande ; c'est la télévision de sévice publique. (GGW)
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Panouille Le 19 septembre 2022 à 15:43:23
Ce mec ne représente que lui-même et encore l'on se demande s'il peut encore se regarder dans ine glace tellement il de conneries a la minute allons Mme hernote qu'attendez vous pour virer ce gros nul
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Titi Le 19 septembre 2022 à 15:31:30
en réponse à Benji, je crains que vous n'ayez pas bien lu l'article, ou compris que le second degré est l'humour du désespoir
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Benji Le 19 septembre 2022 à 13:41:01
Vitisphere est vraiment un média à la solde des lobbyistes bobo écolos antiproductifs en cautionnant et en mettant en avant ces reportages de militant antitout déconnectées des réalités agricoles! Je ne regrette donc pas de ne plus être abonné à votre média qui est incapable de défendre les vrais producteurs
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