Accueil / Politique / L’assureur Groupama face aux évolutions des contrats et des aléas climatiques
L’assureur Groupama face aux évolutions des contrats et des aléas climatiques
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Assurance multirisque
L’assureur Groupama face aux évolutions des contrats et des aléas climatiques

La nouvelle assurance multirisque climatique sera bien mise en place le premier janvier 2023. Si son efficacité reste conditionnée à la refonte du rendement de référence pour le vignoble, le premier assureur agricole reste prudent sur la question alors que la moitié de ses vignerons assurés connaissent un aléas en 2022.
Par Alexandre Abellan Le 16 septembre 2022
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
L’assureur Groupama face aux évolutions des contrats et des aléas climatiques
A l'heure des vendanges 2022, les baies éclatées par la grêle de juin permettent de visualiser la perte de récolte encaissée cette année (ici à Cognac). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
«

 À partir de 2023, tous les agriculteurs pourront bénéficier d’une couverture universelle des risques climatiques les plus graves, et pour les autres risques, l’accès à l’assurance sera très largement facilité » annoncent le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, ce mercredi 14 septembre à l’issue du conseil des ministres*. Après les récents arbitrages du président de la République (notamment l’application d’omnibus : assurance multirisque climatique subventionnée à 70 %, seuil de déclenchement et franchise fixés à 20 %), « la filière viticole salue un outil assurantiel équitable et équilibré » dans un communiqué de l’Association Générale de la Production Viticole (AGPV), mais « plaide pour une révision rapide de la référence historique », car « l'attractivité renouvelée du dispositif ne sera complète qu'avec la révision indispensable et urgente de la méthode de détermination de la référence historique ». En la matière, le vignoble veut pouvoir calculer la moyenne olympique de ses rendements sur les seuls millésimes sans aléas climatique, pour que le volume assuré ne soit pas réduit à peau de chagrin.

Face à ces demandes, comment réagit le premier assureur agricole, Groupama (7 277 contrats dans le vignoble pour 112 029 hectares assurés en 2022) ? « La moyenne olympique permet d'appréhender l'évolution du potentiel de production moyen par culture. Depuis quelques années, cette moyenne baisse tendanciellement, traduisant un recul du potentiel de production de nombreuses cultures » analyse Pascal Viné, le directeur des relations institutionnelles du groupe Groupama.

Baisse structurelle

Réformer le mode de calcul « est délicat, car il s'inscrit dans le cadre de l'accord international sur l'agriculture de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) signé à Marrakech en 1994. La loi du 2 mars 2022 relative à la réforme de la gestion des risques, en son article 20, indiquait qu'un rapport du Gouvernement serait remis au Parlement sur ce sujet dans un délai de six mois » ajoute Pascal Viné, ajoutant que « Groupama considère que cette question doit être traitée au sein de la CODAR (Commission chargée de l’Orientation et du Développement des Assurances garantissant les dommages causés aux Récoltes), mais qu'en aucun cas l'assurance ne peut indemniser la baisse structurelle du potentiel de production. Il convient alors d'envisager des démarches complémentaires portant sur la prévention ou l'adaptation » (comme avec le développement d’ombrière photovoltaïque contre la sécheresse et la grêle ou d'outils d'alerte SMS en cas de gelées).

53 % de sinistrés en 2022

« En assurance, ce sont les sinistres qui font les primes. L'équilibre économique est donc directement lié à l'importance de ceux-ci et à notre capacité collective à les indemniser » précise Pascal Viné, ajoutant qu’« il faudra, dans tous les cas, assurer l'équilibre financier du dispositif d'indemnisation.  La pérennité de la réforme en dépend. N'oublions pas que ce déséquilibre est une des causes de l'échec du précédent dispositif. » Si l’année 2021 avait été marquée par une forte sinistralité (90 % des vignerons assurés par Groupama étaient gelés), le millésime 2022 reste marqué par de nombreux dégâts climatiques : sur les 7 300 contrats signés dans le vignoble en 2022, ils sont 3 900 à rapporter un sinistre (soit 53 % des assurés) sur 63 400 hectares touchés (56 % des surfaces assurées), avec de la grêle (38 % des dossiers), du gel (27 %) et de la sécheresse (27 %) rapporte Nadia Roignant Creis, la directrice agricole de Groupama. Avec le nouveau système assurantiel et son outil de solidarité nationale, « l'Etat prendra à sa charge les conséquences des sinistres les plus graves. Cela est très important pour assurer la viabilité du dispositif » pointe Pascal Viné, notant que « de notre côté, nous continuons à militer pour la création d'un groupement d'assureurs, comme en Espagne, afin de mutualiser le plus largement les risques et donc de pérenniser le dispositif. »

 

* : Les ministres actant le projet de loi ratifiant l’ordonnance n° 2022-1075 du 29 juillet 2022 portant développement des outils de gestion des risques climatiques en agriculture.

 

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé