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La grêle va "remettre la pression" sur la réforme de l’assurance
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Parole de ministre
La grêle va "remettre la pression" sur la réforme de l’assurance

Le ministre de l’Agriculture est venu constater hier les vastes dégâts de la grêle du 19 juin en Loir-et-Cher. Il a promis d’activer « tous les dispositifs d’aides », de « remettre la pression » pour lancer au 1er janvier prochain le nouveau système assurantiel et de mettre au débat au niveau européen la question de la moyenne olympique. Le ministère annonce ce jour une "mission flash" dédiée.
Par Ingrid Proust Le 22 juin 2022
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La grêle va
Le ministre de l’Agriculture a longuement écouté les producteurs touchés par la grêle du 19 juin en Loir-et-Cher. - crédit photo : Ingrid Proust
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es feuilles à terre, des sarments brisés, des grappes meurtries… Le dimanche 19 juin en fin de journée dans le Loir-et-Cher, un violent orage de grêle a ravagé des vignes, mais aussi des champs de céréales, des cultures de maraîchage sur plus de 20 communes. 500 ha de vignes ont été touchés selon la chambre d’agriculture, dont une centaine d’ha où la future récolte sera amputée de 60 à 80%.

A Oisly, les vignerons Noë Rouballay et Benjamin Delobel viennent de subir une nouvelle fois le tramautisme de la grêle. « L’an dernier nous avions retaillé la vigne et nous avions pu récupérer une demie-récolte. Mais là je vais avoir 90% de pertes », a confié Noë Rouballay, face au ministre de l’Agriculture Marc Fesneau venu constater les dégâts le 21 juin.

Originaire de ces terres du Loir-et-Cher, le ministre a longuement écouté à Oisly des vignerons, pépiniéristes, maraîchers et agriculteurs en détresse depuis l’orage qui a dévasté leurs cultures. « Nous allons activer tous les dispositifs d’aides possibles : calamités agricoles, dégrèvement de TFNB, exonérations de charges sociales, chômage partiel, achats de vendanges…Nous allons voir s’il est possible de prolonger les PGE, si on peut faire passer cela à l’Assemblée avec la majorité relative, chacun ses calamités, mais je ne désespère pas du bon sens », a déclaré Marc Fesneau.

L’assurance climatique a été largement évoquée par les professionnels, avec le problème de la moyenne olympique. « Il faudrait pourvoir s’assurer au potentiel réel de l’exploitation, en fonction des pratiques du vigneron et de ses objectifs », a proposé François Cazin, président de la Fédération des associations viticoles 41. « Le calcul ne devrait tenir compte que des années sans aléas climatiques, et l’assurance devrait couvrir aussi les coûts de commercialisation », a plaidé Laure Dubreuil, présidente des Vignerons indépendants du Loir-et-Cher.

Les ordonnances seront prêtes début septembre

La réforme de l’assurance récolte a été votée en février dernier, mais les ordonnances fixant les seuils de déclenchement de la solidarité nationale et les niveaux d’aides à l’assurance ne sont pas encore publiées. « Nous devons remettre la pression pour activer le système au 1er janvier prochain, a lancé Marc Fesneau. Les ordonnances seront prêtes début septembre. La majorité relative à l’Assemblée n’est ici pas un problème, ces ordonnances relevant du domaine réglementaire ».

Reste l’épineuse question de la moyenne olympique. « Ce sujet ne sera pas réglé au 1er janvier 2023 : il relève de l’échelon européen et de l’OMC avec l’accord de Marrakech, a prévenu le ministre. Je vais tenter de monter une coalition avec mes collègues européens sur ce point, car aujourd’hui il ne s’agit plus d’un problème de distorsion de concurrence ». Ce 22 juin, le ministre annonce le lancement d'une mission flash (voir encadré).

Augmenter le rendement pour faire face aux aléas

Le président de l’ODG Touraine, Thierry Michaud, nouvellement nommé à la tête du Crinao Val de Loire, a évoqué le 21 juin lors de la réunion avec le ministre les réflexions des professionnels de Champagne sur la hausse du rendement butoir pour faire face aux aléas. « On peut atteindre le rendement butoir et même le dépasser tout en produisant de la qualité, avec l’évolution du climat. Nous l’avons vu en 2018. Nous avons des garde-fous, avec l’enrichissement, le taux d’alcool, et les outils pour réguler l’offre : VCI, réserve interprofessionnelle. Si les rendements sont élevés, on pourrait ainsi tout récolter et stocker une partie des volumes pour les commercialiser plus tard ».

 

 

 

Mission flash

"Afin d’évaluer le plus rapidement possible les dégâts subis par le monde agricole [suite aux orages de grêles qui se succèdent], Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, lance une mission flash pilotée par les experts du Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces Ruraux (CGAAER)" annonce ce 22 juin un communiqué du ministre de l'Agriculture. Il est précisé que "cette mission flash se déroulera au plus près des acteurs de notre agriculture, en lien avec les assureurs, pour une durée de deux semaines. Elle rendra au ministre une première estimation documentée de l’ampleur des dégâts de ces épisodes de grêle. Elle proposera le cas échéant des éléments pratiques pour mieux adapter les outils actuels et futurs aux besoins des agriculteurs, face à ces phénomènes climatiques intenses."

 

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