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Anti-coup de soleil et antigrêle pour cette vigne sous ombrière photovoltaïque
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Solution combinée
Anti-coup de soleil et antigrêle pour cette vigne sous ombrière photovoltaïque

Créant un microclimat, le système Ombrea recouvre de premières vignes en Provence. Les parcelles sont moins touchées par les coups de chaud et l’outil est payé par la production d’électricité. Un partenariat avec Groupama ouvre des voies assurantielles.
Par Alexandre Abellan Le 30 novembre 2021
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Anti-coup de soleil et antigrêle pour cette vigne sous ombrière photovoltaïque
«

 Comme un être humain qui prend une ombrelle pour se protéger quand il fait très chaud, la vigne a besoin d’une protection quand il y a de grosses températures pour mener son cycle normalement » pose Hugues Gauthier, cultivant 25 hectares de vignes (en AOP Coteaux d’Aix en Provence et IGP Var/Méditerranée) pour la cave coopérative de Mont Major (sur la commune de Rians, dans le Var). Pour appuyer sa comparaison, le viticulteur provençal en veut pour preuve son expérience d’Ombréa, un système d’ombrières dépliantes et installées au-dessus de parcelles de vignes existantes pour réduire les effets du changement climatique. « Pour s’adapter aux conditions (grâce à une dizaine de capteurs* et à de l’intelligence artificielle), le volet s’ouvre latéralement et module l’ombre au sol, ajustant le microclimat de la vigne » explique Julie Davico-Pahin, la cofondatrice et directrice d’Ombréa. Déployé, l’outil créé un environnement moins chaud et asséchant pour la vigne, tout en permettant le déploiement de filets paragrêle et en servant de support à des panneaux solaires, qui financent la mise en place de l’outil (via des contrats avec des fournisseurs d’énergie).

« Sans souci pour ses passages de machines (interceps, traitement, écimage…) », Hugues Gauthier déploie ces rangs d’ombrières depuis 2018 sur une parcelle installée de 10 ares de caladoc (plantée en 2015 avec un écartement de 2,5 x 1 m, pour des vendanges à la main sous les panneaux Ombréa dès 2020) et depuis 2019 sur une jeune parcelle de 25 ares de grenache (plantées en juin 2019 pour de premières vendanges à la machine en septembre 2021, grâce à un écartement entre ceps réduit afin de compenser les rangs non plantés pour accueillir les poteaux d’Ombréa). Les premiers résultats sont encourageants pour le vigneron : « recouvrir la vigne permet de faire le cycle normalement. C’est tout bénéfice pour elle ! Le sol ombragé reste humide et on retrouve des maturités d’avant le changement climatique » rapporte Hugues Gauthier. D’après les premiers résultats mesurés en 2020 par l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) et le Canal de Provence, les concentrations de sucres sont inférieures de 5 % entre les rangs ombragés et ceux témoins (avec 20 ceps échantillonnés). Avec un poids des baies de 4 % plus lourdes, les vins obtenus enregistrent une baisse d’un degré d’alcool.

Pérennisation du potentiel de production

Si la « vigne ne souffre pas tout l’été » (de déficit hydrique), Hugues Gauthier ajoute qu’en plus « après la récolte, les vignes sous ombrières conservent leurs feuilles plus longtemps que celles ayant subi des contraintes. Il en résulte un meilleur aoûtement et une meilleure mise en réserve. Le débourrement se passe mieux l’année suivante ». Le vigneron ajoute que « ce n’est pas parce que l’on met des ombrières que l’on fait plus de rendement. Par contre, on gagne en régularité de production et en pérennité d’exploitation avec moins de mortalité. » N’ayant pas pu subi d’orages de grêle depuis le début de ses expérimentations, le vigneron n’a pas pu tester l’efficacité des filets paragrêle. Concernant les gelées 2020 et 2021, il indique ne pas avoir suffisamment de recul. « Concernant le gel, nous avons de premiers résultats intéressants à creuser » indique Julie Davico-Pahin.

Robuste et simple

Si ces parcelles sont cultivées en IGP, les ombrières n’étant pas autorisées en AOP, Hugues Gauthier défend leur intégration dans les cahiers des charges pour s’adapter aux aléas climatiques croissants. D’autant plus que la mise en place se veut facile. « Nous nous adaptons à la culture en place. Notre outil n’est pas complexe, il est robuste et simple. Sans coût élevé, comme nous sommes sur un projet rentable. L’opération est blanche pour le viticulteur, avec un projet financé par l’énergéticien, qui porte l’installation » explique Julie Davico-Pahin, pour qui la différence entre Ombréa et Sun’Agri est que son ombrière n’implique pas de « technologie de tracking, qui suit la course du soleil, mais une logique agronomique d’adaptation à la plante et non au soleil. La priorité est agronomique, la production d’électricité est un plus. »

Ayant l’objectif d’installer annuellement 150 hectares de nouvelles ombrières dès 2022, Julie Davico-Pahin précise que l’impact paysager de la technologie n’est « pas à comparer à des éoliennes. Nous sommes plutôt sur l’impact visuel d’une serre. C’est un outil agricole. » Pour appuyer son ambition, la start-up est soutenue par l’assureur Groupama, qui vient de signer une convention de partenariat. « Notre métier c’est la gestion des risques. Nous proposons des assurances pour indemniser les aléas climatiques, mais nous voulons aussi proposer des solutions de prévention des sinistres et réduire leurs impacts sur un bien » explique Olivier Pardessus, de la direction agricole de Groupama. Pour l’assureur, l’intérêt de partenariat est de déterminer si la « solution Ombréa peut s’intégrer dans la gestion des risques, en complément de solution d’assurances. On peut imaginer un couplage entre assurance et prévention » indique l’assureur, notant qu’avec la réforme à venir de l’assurance climatique, tout « pourrait se rejoindre demain dans une solution globale ».

 

* : Sont mesurés notamment l’humidité du sol, la pluviomètre, l’hygrométrie, le flux de sève…

 

« Notre objectif est de protéger la vigne des aléas climatiques et de s’adapter au changement climatique en culture de plein champ » explique Julie Davico-Pahin.


 

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Tous les commentaires (1)
Royer Le 13 septembre 2022 à 11:57:39
Merci à Julie DAVICO-PAHIN de me contacter pour ´OMBRÉA ´ et ´SUN?AGRI ´ Merci à Olivier PARDESSUS dir agricole de Groupama de me contacter .
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