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Les vins suisses connectés à la blockchain

L'interprofession des vins suisses alémaniques a lancé une phase d'essai intégrant la blockchain dans l'identification des vins de producteurs. Le dispositif pourrait apporter des informations complémentaires concernant le comportement des consommateurs.
Par Olivier Bazalge Le 29 avril 2022
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Les vins suisses connectés à la blockchain
Des étiquettes holographiques authentifiées sont apposées sur les bouteilles. Le QR code permettra de comprendre le comportement du consommateurt - crédit photo : DR
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e n’est encore qu’un projet pilote, mais les vins suisses sont en ordre de marche pour exploiter les potentielles vertus de la blockchain. Si Nicolas Joss, directeur de Swiss Wine Promotion, précise avant tout que « les vins suisses ne sont pour l’heure pas concernés par la contrefaçon, mais ça pourrait arriver », une phase de test d’utilisation de la blockchain a été lancée cette année par la section interprofessionnelle suisse alémanique des vins helvétiques.

Cet essai préliminaire n’est pour l’instant limité qu’à la zone de production germanophone de la Suisse, « qui concerne 15 cantons, pour environ 18% de la surface viticole du pays qui produisent des AOC de régionalité », situe Nicolas Joss. Chaque bouteille de vin est munie d’une étiquette holographique sécurisée produite par la société spécialisée 3D AG, intégrant un numéro de série unique sécurisé par la blockchain. Plus habituel, un QR code figure également sur cette étiquette pour permettre au consommateur d’avoir accès  à toutes les informations relatives au vin acheté. C’est un véritable jumeau numérique du vin qui est créé sur la plateforme, pouvant regrouper toutes les informations de production, élaboration ou analyses.

Démocratisation

"8 cuvées de 5 producteurs de notre zone viennent d'être étiquetées, notre interprofession assumant ce surcoût de 0,20 FS par étiquette. Depuis le début du projet, nous avons investi 100000 FS de manière collective avec l'interprofession, car aucun producteur n'aurait pu se le permettre de manière individuelle. L'idée est de démocratiser cette technologie", avance Jürg Bachofner, directeur de la Branchenverband Deutschschweizer Wein (BDW), l’interprofession des vins suisses alémaniques.

Si l’intérêt pour le consommateur apparaît assez classique, via le scan d'un QR code, le lien avec la blockchain est présenté comme un gage supplémentaire d’authenticité. Il devrait aussi ouvrir à des perspectives pas encore bien appréhendées par la production. « Les données générées par les recherches des consommateurs devraient apporter des informations complémentaires quant au lieu d’achat ou de consommation de la bouteille », affine Nicolas Joss. Pour Jürg Bachofner, la mise en place de cette connexion avec la blockchain ne répond pas encore « à des objectifs précis fixé, mais la possibilité de comprendre au plus près le comportement du consommateur, tout en lui offrant des possibilités nouvelles de relation avec le producteur ».

Un temps d'avance

Définie au sein d’un projet ‘Vin suisse 2030’, la démarche se veut avant tout pionnière pour mesurer l’utilité pour les vignerons d’un tel dispositif « qui génère des surcoûts pour cet habillage spécifique », relève le directeur de de Swiss Wine Promotion. Les premières bouteilles conditionnées en mars 2022 sont avant tout destinés à un marché germanique assez restreint mais les tendances relevées par cette expérimentation permettront de « maîtriser la technique opérationnelle de mise en œuvre afin que les opérateurs plus importants du reste de la Suisse puissent s’engager dans cette voie avec des éléments concrets livrés par cette phase d’essai ». Le directeur de la BDW estime également que cette intégration anticipée de la blockchain "nous permettra un temps d'avance lorsque, dans 3, 5, ou 10 ans, le public sera coutumier de cette technologie et que de nouvelles applications commerciales à son utilisation auront été identifiées".

Le procédé sera présenté aux professionnels de l’ensemble de la filière en mai prochain à l’occasion du salon Prowein, puis un premier bilan pourra être livré à l’approche des vendanges 2022. « Le dispositif est dans tous les cas voué à être développe et élargi à une plus grande partie des producteurs du pays », termine Nicolas Joss. Décidé à faire pénétrer les vertus de la blockchain au coeur de la profession viticole, Jürg Bachofner développe dans le même temps un autre projet. "L'intérêt de la séquestration du carbone par les producteurs viticoles se développe pour les émetteurs de CO2. Nous sommes donc en train de construire une plateforme pour que nos producteurs puissent valoriser leur capacité de séquestration vis-à-vis d'émetteurs. L'authenticité de cet échange sera garantie par des jetons non-fongibles (NFT) certifiés par la blockchain, et créer ainsi une source de revenus complémentaires pour nos vignerons", soutient le directeur de la BDW.

DR - 8 cuvées participent à cette phase pilote

 

 

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