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"Encore un petit coup" de gel pour les vignes de chardonnay en Bourgogne, Champagne, Jura…
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Dégâts "insidieux"
"Encore un petit coup" de gel pour les vignes de chardonnay en Bourgogne, Champagne, Jura…

Des bourgeons ont affronté localement de nouvelles températures négatives ce week-end, avec des impacts hétérogènes dépendant de la précocité des cépages et terroirs, mais restant difficiles à estimer.
Par Alexandre Abellan Le 11 avril 2022
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Nouvelles nuits blanches pour lutter contre les gelées noires dans le vignoble. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere, matin du 4 avril à Saint-Christophe-des-Bardes)
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ouvelles nuits de veille à la bougie, au câble chauffant, à l'éolienne et autres systèmes d'aspersion pour les vignerons du quart Nord-Est-ce week-end. Une semaine après un premier gel, les thermomètres sont de tombés dans le négatif dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 avril : de -1 à -4°C dans des zones de Champagne, -2 à -6°C dans des parcelles de Bourgogne… Il est encore trop tôt pour estimer ces nouveaux dégâts dans de nombreux vignobles, les bourgeons étant encore dans la bourre.

Le Comité Champagne réalise cette semaine ses enquêtes de terrain, tandis qu’au Syndicat Général des Vignerons de Champagne on espère que la taille plus tardive aura permis d’éviter une catastrophe. Si les premiers retours restent globalement sereins en Champagne, des domaines craignent d’être touchés individuellement, notamment après les pluies du week-end. À Gyé-sur-Seine (au Sud de l’Aube), « nous avons eu -1°C ce week-end. Il avait beaucoup plu » rapporte Véronique Josselin (champagnes Josselin, 12 hectares de vignes en Côtes des Bar), qui souligne qu’« il est difficile d’évaluer les dégâts tant qu’il n’y a pas de pousse. Mais cela va surtout concerner le chardonnay. » N’étant pas assuré, le domaine a taillé tardivement cette année (tout n’est pas encore fini à date) et envisage d’investir dans des outils de protection de ses parcelles de blancs (surtout après perdu 80 % de sa récolte sur le millésime 2021).

Le point en Bourgogne

Même avec une taille tardive, le beau temps de ces dernières semaines a fait pousser à grande vitesse les ceps de chardonnay aux alentours de Beaune indique Thérèse Besancenot (domaine Besancenot, 10 ha), qui a constaté des bourgeons grillés ce dimanche 10 avril, faute de protection après des températures de -2°C. « On n’avait plus de bougies, il n’y a plus de stocks auprès de nos fournisseurs. Tout ce qui était bien sorti est grillé. Sur une baguette, cela représente 2 bourgeons sur 6. On espère que les contrebourgeons partiront… » indique la vigneronne, qui envisage d’investir dans des câbles chauffants pour l’avenir.

Dans le vignoble de Bourgogne, le week-end n’a pas été gélif partout. Ainsi en côte de Beaune et côte Chalonnaise, Jean-Pierre Alexandre (domaine Alexandre de 12,5 ha en Saône-et-Loire) note que sa taille tardive l’a protégé jusque-là de tout « dégât marqué », malgré des températures tombant juqu’à -6°C. À Chassagne-Montrachet, Vincent Bachelet (domaine éponyme de 17 ha) n’a fini que récemment sa taille et confirme des « dégâts insignifiants pour l’instant : si ça s’arrête là, ça ira. La taille tardive est le meilleur antigel. » La situation reste hétérogène comme le résume François Labet, co-président du Bureau Interprofessionnel du Vin de Bourgogne (BIVB) : « le Mâconnais n'est pas vraiment touché, l'Yonne (Auxerrois et Chablis) ont été assez secoué la semaine passée, en Côte de Beaune les endroits stratégiques ont été protégées ces deux nuits. On restera attentif jusqu'à mi-mai, en espérant que la floraison se déroule avec des températures clémentes pour fixer la récolte. »

Encore un petit coup

À Chablis, « quelques bourgeons ont encore pris un petit coup (-3 à -3,5°C ce dimanche matin) » rapporte Thierry Mothe, du domaine éponyme dans l’Yonne, notant l’impact des pluies de samedi sur l’humidité, et les possibles dégâts. « La météo est chaude cette semaine : ça va pousser et on va voir l’impact dans une semaine. Les bourgeons qui ne poussent pas, et les bourgeons secondaires qui partent. Il faut attendre, on ne sait pas estimer » souligne le secrétaire des Vignerons Indépendants de France. Avec le gel des pointes vertes, le vigneron note qu’un ancien dicton se vérifie : « Pâques tôt, Pâques tard, c’est Pâques qui créé le bourgeon. »

Dans le Jura, on espère être passé au travers des dégâts de ce week-end. Après les gelées de la semaine précédente, l’interprofession estime que moins de 5% du vignoble est touché à plus de 70 % de dégâts. « 65 % du vignoble est touché entre 0 et 10 % » souligne Olivier Badoureaux, le directeur du Comité Interprofessionnel des Vins du Jura (CIVJ), notant que les pertes de récolte se concentreraient sur les parcelles de chardonnay et sur les zones méridionales. Ce qui n'empêche pas des craintes sur d'autres cépages moins précoces note Jean-Charles Tissot, le président du CIVJ : « ce gel est insidieux, il est moins net que celui de l'an passé. On encore du gel, le troisième en cinq ans, mais il est inédit (les bourgeons sont dans le coton et les températures sont moins basses, mais avec de l'humidité). On espère que l'impact sera modéré. Il y aura un impact, mais faire un bilan aujourd'hui serait un peu hasardeux. On verra dans 10 à 15 jours, en espérant qu'il n'y ait pas de nouvelle alerte en avril. »

Cette vague de froid se serait concentrée sur le quart Nord-Est, dans le Beaujolais il n'y aurait pas eu de dégâts, après des températures entre 0 et  -1°C.

 

 

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