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Accès facilité au marché anglais pour les vins néo-zélandais
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Accord de libre-échange
Accès facilité au marché anglais pour les vins néo-zélandais

Dans le cadre du Brexit, le Royaume-Uni et la Nouvelle Zélande viennent de signer un accord de libre-échange qui prévoit l’élimination des barrières au commerce et des droits de douane entre les deux pays.
Par Sharon Nagel Le 03 mars 2022
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Accès facilité au marché anglais pour les vins néo-zélandais
Après un accord de principe en octobre dernier, l’ALE a été signé cette semaine à Londres - crédit photo : www.gov.uk
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epuis juin 2020, les deux pays négociaient un accord de libre-échange et sont arrivés à une entente de principe en octobre dernier. Le texte a été signé ce lundi 28 février, mais les procédures réglementaires nationales doivent encore être finalisées avant qu’il n’entre en vigueur. Pour le secteur vitivinicole, il prévoit la suppression des fameux certificats VI-1 appliqués aux vins néo-zélandais et élargit les pratiques œnologiques néo-zélandaises autorisées au Royaume-Uni.

Un groupe de travail sera créé dans le cadre de l’accord, permettant d’accélérer le processus d’acceptation de certaines pratiques œnologiques. Il s’agit notamment de l’utilisation du chlorure d’ammonium en vinification, de l’acide alginique et de l’agar pour la clarification, du chlorure d’argent, et du ferrocyanure de potassium (avec un seuil maximum de 0,1mg/kg) pour la stabilisation et la conservation des vins.

Aucune garantie de baisse des prix au détail

Dans le même temps, les droits de douane sur les vins et spiritueux seront éliminés. Actuellement, les vins néo-zélandais entrant sur le territoire britannique doivent acquitter des droits allant de 10 à 26 £ l’hectolitre (soit de 12 à 31 euros), selon qu’il s’agit de vins tranquilles ou effervescents. En théorie, les vins néo-zélandais devraient donc être moins chers au stade du détail, avantage vanté par le gouvernement britannique lors de la signature de l’accord. Mais pour la Wine & Spirit Association, les gains sont bien moins évidents. « Il est difficile à l’heure actuelle de chiffrer précisément la baisse en termes de prix, d’autant plus que nous attendons de savoir si les propositions concernant la révision du système de calcul des accises seront actées », explique l’association à Vitisphere. « Comme nous l’avons affirmé lors de la signature de l’accord de libre-échange avec l’Australie, tout avantage conféré par l’élimination des droits de douane pourrait être perdu si le vin est taxé au degré ».

Ainsi, la WSTA ne perçoit pas de menace particulière pour la filière française : « De notre côté, nous ne voyons pas d’impact direct pour les exportateurs français en dehors de la concurrence qui existe déjà, notamment sur des cépages concurrents proposés par la Nouvelle-Zélande et la France comme le sauvignon blanc et le pinot noir ».

Vision à long terme

Pour l’association, comme pour le syndicat des producteurs néo-zélandais, les avantages résident plutôt dans une vision à long terme des relations entre les deux pays. « Les importateurs de vins bénéficieront globalement de plus de certitudes et de souplesse à long terme au niveau de la commercialisation des vins néo-zélandais », affirme le directeur de la WSTA, Miles Beale, évoquant une offre enrichie pour les consommateurs britanniques. Pour Philip Gregan, directeur de New Zealand Winegrowers, l’accord « encouragera les exportateurs à se focaliser sur le Royaume-Uni », sachant qu’il s’agit du deuxième marché à l’export pour les vins néo-zélandais, dont la valeur dépasse 400 millions NZD (244 M€). Globalement, le pays a exporté des vins d’une valeur de 1,95 milliard NZD (1,2 milliard d’euros) en 2021, en baisse de 3 % par rapport à 2020 en raison de la chute de 19% de la production l’an dernier. De son côté, le Royaume-Uni souhaite donner un nouvel élan à ses exportations de spiritueux vers la Nouvelle-Zélande, qui génèrent actuellement un chiffre d’affaires annuel de 15 millions £ (18 M€).

 

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