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L'analyse des Grands Crus

Les vins Primeurs 2020 de Bordeaux offrent un millésime surprenant

Mercredi 28 avril 2021 par Colette Goinere

Ronan Laborde : 'L’Asie se conforte, se structure. Hong Kong occupe une place  prépondérante. Mais on voit aussi la Malaisie, le Vietnam, qui poussent la porte'.
Ronan Laborde : 'L’Asie se conforte, se structure. Hong Kong occupe une place prépondérante. Mais on voit aussi la Malaisie, le Vietnam, qui poussent la porte'. - crédit photo : Ronan By Clinet (Nicolas Claris/2015)
Chronique du millésime 2020 et situation économique : Ronan Laborde, le président des Grands Crus de Bordeaux, une association qui réunit 131 membres, fait le point sur ces primeurs.

« Ce millésime est surprenant. J’ai aimé « la vie" qui est dans ses vins" : déclaration enflammée de Ronan Laborde, président des Grands Crus de Bordeaux, lors de la présentation à la presse ce 27 avril des primeurs 2020. D’emblée, Ronan Laborde a déroulé la chronique de ce millésime qui a démarré de façon précoce : un hiver doux, un débourrement en avance, une floraison sous cieux cléments (10 jours d’avance) une nouaison un peu perturbée, un mois de mai estival, juin un peu pluvieux, suivi de deux mois secs et très chauds. Début septembre était marqué par la canicule. « Dans ces conditions climatiques extrêmes, ce millésime donne des vins éclatants, vibrants.  On est surpris par la fraicheur et l’équilibre" s’enthousiasme-t-il.   

Les vendanges se sont déroulées  avec une dizaine de jours d’avance. Premiers coups de sécateurs donnés à partir du 24 août  pour les blancs secs et vers le 8 septembre pour les premiers merlots sur des terroirs précoces (Pomerol et Margaux). La récolte des rouges s’est achevée dans les premiers jours d’octobre.

130 bouteilles et 13 AOC dégustées

La semaine des primeurs, elle, se déroule en ce moment, du 26 au 29 avril. Face à la pandémie, l’Union des Grands Crus de Bordeaux a mis en place un dispositif particulier : des présentations dégustations dans cinq grandes métropoles (Hong Kong, Shanghai, Paris, Bruxelles, Bordeaux). 130 bouteilles, soit 13 AOC sont dégustées. Un dispositif permettant de toucher 2500 personnes au travers de ces sessions de dégustation. De même des envois d’échantillons ont été acheminés auprès des principaux distributeurs et journalistes chinois, anglais, américains, suisses et allemands.

"On peut s'attendre à un peu d'inflation"

Reste la question sans réponse : quels seront les prix pratiqués ? Les baisses notables sur le millésime 2019  vont-elles voler en éclat ? Les hausses, compte tenu de l’épisode récent de gel, de la pandémie sont-elles inéluctables ? Ronan Laborde est peu disert  sur le sujet : « Donner des tendances de prix reste complexe. On peut s’attendre globalement à un peu d’inflation ». Ce dernier est plus à l’aise sur le terrain de la situation économique des Grands crus : «2020  s’inscrit comme la  sixième année, la plus performante, parmi les onze dernières.  Apres un exercice très élevé en 2019, les ventes export des vins  de plus de 22, 50 € la bouteille affichent un retrait de 17%. En dehors de l’épisode Covid, cette baisse était anticipée et attendue à des niveaux plus élevés  en raison de la livraison du millésime 2017 (prix plus bas et rendements  en baisse à cause du gel printanier). Sur ce segment de vins à plus de 22,50 €  au sein duquel les Grands Crus de Bordeaux sont largement représentés, le chiffre d’affaires 2020 s’élève  à 962 millions d’euros  pour 14, 3 millions de bouteilles » explique Ronan Laborde. 

A l’export, la première destination des Grands Crus de Bordeaux, avec 1/3 des ventes (37,5%), est bien la « Grande Chine", à savoir Chine Continentale, Hong Kong et Macao, en croissance de 1%  par rapport à l’exercice précédent. "L’Asie se conforte, se structure. Hong Kong occupe une place  prépondérante. Mais on voit aussi la Malaisie, le Vietnam, qui poussent la porte" souligne-t-il.

Deuxième destination : le Royaume Uni (14% des ventes) suivi par les Etats Unis (10, 5% des ventes). Lequel subit une chute des ventes de 43%, due à la taxe Trump  mise en place en octobre 2019.

En Europe (34% des ventes hors France), le Danemark tire son épingle du jeu, avec seulement un retrait de 8%.

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