LE FIL

Vins AOP

Jérôme Bauer, président de la CNAOC en colère contre FranceAgriMer

Mercredi 18 novembre 2020 par Alexandre Abellan

A 40 ans, Jérôme Bauer siège également à la commission permanente du Comité national des vins AOC et au Conseil économique, social et environnemental.
A 40 ans, Jérôme Bauer siège également à la commission permanente du Comité national des vins AOC et au Conseil économique, social et environnemental. - crédit photo : Marie Faggiano
Le président du vignoble alsacien vient d’être élu à la présidence de la confédérations des vins d'appellation, sur fond de crise sanitaire et de défis d’adaptation à de nouveaux marchés et attentes sociétales.

Vigneron récoltant sur 14 hectares à Herrlisheim-près-Colmar (Haut-Rhin), Jérôme Bauer prend la présidence de la Confédération Nationale des Appellations d'Origine Contrôlée (CNAOC, réunissant les 363 syndicats d’AOC viticoles de France). Elu en visioconférence ce 17 novembre, le président depuis 2012 de l’Association des Viticulteurs Alsaciens (AVA) succède au viticulteur bordelais Bernard Farges, qui achève son troisième mandat consécutif depuis 2011 (il préside depuis 2016 la Fédération Européenne des Vins AOC, EFOW).

Alors que le vignoble pâtit fortement de la pandémie de coronavirus, la levée des lourdeurs administratives pesant sur le rebond de la filière est un sujet prioritaire pour le nouveau président de la CNAOC qui cible tout particulièrement FranceAgriMer. « Il existe des dispositifs d'aide à l'investissement et à la promotion qui sont de moins en moins utilisés par les opérateurs à cause de longs délais d'instruction et de contrôles pointilleux à la virgule. En France, nous voulons toujours faire mieux que tout le monde, mais en Italie et en Espagne les procédures sont bien plus simples. Nous marchons sur la tête ! » s'emporte Jérôme Bauer, qui siège au conseil spécialisé de FranceAgriMer. S'inquiétant de la multiplication des contentieux, le vigneron alsacien demande du répondant à l'administration et au gouvernement alors que la crise sanitaire touche la filière vin.

"Déconsommation de vin en France"

« Nous sommes en train de subir une situation conjoncturelle à laquelle il faut répondre (et la CNAOC est très mobilisée sur le sujet), sans oublier de construire l'avenir » prévient Jérôme Bauer, qui connaît bien les défis structurels du vignoble alsacien. « Il faut être plus efficient sur le marché français, qui est le plus proche et le plus fidèle. La déconsommation de vin en France est la première cause de nos difficultés. Les jeunes ont de nouveaux modes de consommation et de nouvelles attentes environnementales. Aujroud'hui, nous subissons la pression sociétale, il faut en faire un avantage » explique Jérôme Bauer.

Diversifier l'action de la CNAOC

Le vigneron alsacien souhaite élargir les actions de la CNAOC, très politiques actuellement, pour en faire une organisation de travail technique grâce aux relais de ses fédérations régionales. Qu'il s'agisse de travailler sur la rédaction des mesures agroenvironnementales à intégrer aux cahiers des charges ou sur les réponses au changement climatique. « La CNAOC va mobiliser ses forces vives pour décentraliser le travail sur différents sujets. Nous allons tisser une toile pour brasser plus de sujets » conclut Jérôme Bauer.

 

 

Indicateurs économiques

Alors que le vignoble alsacien vient d’être lourdement condamné par l’Autorité de la Concurrence pour « entente sur les prix » (un appel a été interjeté) après la condamnation des vins Rhône (en 2018), la CNAOC fait du pilotage économique des AOP un sujet majeur. « Il faut rapidement déterminer ce que légalement nous pouvons utiliser et communiquer comme indicateurs. Et nous devons voir s'il faut faire évoluer les réglementations européennes et nationales » précise Jérôme Bauer.

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