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Les gagnants et les perdants des rayons vin en confinement

Vendredi 12 juin 2020 par Alexandre Abellan

« L’enjeu du déconfinement sera de voir si les ventes de BIB continuent même sans besoin de stockage, et si l’attention des consommateurs aux prix alimente les ventes de MDD et d’IGP » prévient Eric Marzec.
« L’enjeu du déconfinement sera de voir si les ventes de BIB continuent même sans besoin de stockage, et si l’attention des consommateurs aux prix alimente les ventes de MDD et d’IGP » prévient Eric Marzec. - crédit photo : Alexandre Abellan (linéaires d'un supermarché bordelais ce 19 mars)
Ce début 2020, le confinement a accéléré les tendances régnant ces dernières années sur les linéaires des hyper et supermarchés. Les gagnants de ce début d’année sont les MDD d’IGP rosés en BIB, tandis que les perdants sont les AOP rouge en bouteille et la quasi-totalité des vins effervescents.

Une perte de valorisation généralisée

Si le confinement marque une nouvelle réduction des ventes de vins tranquilles sur l’ensemble des réseaux de la grande distribution (hypermarchés, supermarchés, proximité et drive), cette baisse est à relativiser en volumes. « Depuis le début d’année, les ventes de vins tranquilles diminuent de 1 % sur les seize premières semaines de 2020. Nous étions habitués à des années plus compliquées par le passé, avec des chutes de 5,2 % sur la même période en 2019 » analyse Eric Marzec, le directeur d’unité vins de l’agence IRI. Si la réduction de la décroissance des ventes en volume est plutôt une bonne performance, la chute du chiffre d’affaires reste tout aussi importante : -3,4 % en 2020, contre -3,7 % en 2019. « Cette dévalorisation du marché est un fait marquant » souligne Eric Marzec. Cette dévalorisation s’explique par les quatre facteurs étudiés dans le prochain paragraphe.

 

 

IGP rosés en BIB qui rient, AOP rouges en bouteille qui pleurent

La dévalorisation du marché s’explique par quatre facteurs musclant les achats de vins les moins chers rapporte Eric Marzec. Ce sont les rosés qui voient leurs ventes progresser au détriment des rouges, comme les BIB gagnent du terrain sur les bouteilles et les vins IGP sur les AOP. « Cela fait plusieurs années que l’on voit les BIB d’IGP rosés progresser. On voit l’accélération de cette tendance, ainsi qu’une nouveauté : le développement fort des Marques De Distributeurs (MDD) » rapporte l’expert. L’enjeu est désormais de voir si le déconfinement verra un retour à des consommations passées ou un maintien de ces comportements d’achat.

 

 

 

Top 10 AOP : Bordeaux doublé par les Côtes-du-Rhône

En volume, Bordeaux perd sa place de leader des ventes de vins AOP en grande distribution au profit des Côtes du Rhône. « En chiffre d’affaires Bordeaux reste premier, mais le fait marquant reste ce retrait qui marque une chute continue des ventes des vins de Bordeaux » résume Eric Marzec.

 

 

Les vins effervescents ne sont pas à la fête

 

Accentuant le repli des ventes de champagnes (suite à la loi Egalim), le confinement marque un violent repli pour les commercialisations des crémants et des vins étrangers. Si les champagnes affichent les plus décroissances les plus marquants du premier janvier au 24 mai derniers (-24 % en volume et -23 % en valeur), les autres AOP sont très touchées (-19 % pour les crémants d’Alsace et de Loire, -21 % pour le crémant de Bourgogne, -22 % pour le crémant de Bordeaux et pour Vouvray, -26 % pour la clairette de Die…). Si le confinement n’était pas propice aux festivités, le Prosecco reste sur tendance de développement : +16 % en volume et valeur.

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