LE FIL

Primeurs de Bordeaux (2/3)

« Ce millésime 2019 va aider à faire boire les Sauternes jeunes »

Jeudi 02 avril 2020 par Alexandre Abellan

« C’est un millésime qui a un bon potentiel de garde grâce à son acidité. Mais il sera bon à boire jeune, ce qui le rend assez moderne » note Slanie de Pontac-Ricard.
« C’est un millésime qui a un bon potentiel de garde grâce à son acidité. Mais il sera bon à boire jeune, ce qui le rend assez moderne » note Slanie de Pontac-Ricard. - crédit photo : Château de Myrat
La semaine des primeurs ayant été annulée pour cause d’épidémie de coronavirus, le dernier millésime bordelais reste à l’abri des chais d’élevage. Le point en trois crus classés sur son profil et son potentiel commercial en suspens, entre négoce déboussolé par l’arrêt des marchés et propriétés mobilisées dans le vignoble. Deuxième arrêt dans le vignoble de Sauternes, au château de Myrat.

Une semaine avant le confinement, les grands crus classés de Sauternes ont pu présenter leurs primeurs 2019 à la place de Bordeaux, le 11 mars. Verdict : « le millésime exprime bien le terroir de chaque cru. Ce sont des vins avec beaucoup de fruité, assez éclatants et vifs, mais peu riches en liqueur. Globalement, on note une grande pureté aromatique » rapporte Slanie de Pontac-Ricard, la présidente du conseil des grands crus classés en 1855 de Sauternes et Barsac. A la tête du château Myrat (22 ha), la vigneronne attend un moment plus propice pour dévoiler ses primeurs 2019 aux acheteurs et critiques du monde entier : « ces échantillons ne voyagent pas, mieux vaut décaler la présentation ».

D’autant plus que ce millésime a un style moderne, dont la fraîcheur accessible pourrait bien séduire de nouveaux consommateurs. « Notre défi commercial est de faire boire les vins de Sauternes jeunes, on espère que ce millésime va aider » explique Slanie de Pontac-Ricard, qui reconnaît cependant que les ventes en primeur se font davantage sur des millésimes de facture plus classique et plus attractive pour le marché. Mais avec l’épidémie de coronavirus, le devenir de la campagne des primeurs 2019 constitue une inconnue de taille. « On trouve peu d’avis du négoce sur l’avenir des primeurs. Commercialement, tout tourne au ralenti, les livrables comme l’accueil à la propriété ! » note-t-elle.

Millésime de tries sélectives

Dans le vignoble de Sauternes, la priorité est donnée au millésime 2020, où la gestion de la main d’œuvre requière toutes les attentions au moment d’un débourrement précoce de la vigne, exacerbant les craintes de gelées. 2019 reste encore dans les mémoires comme un millésime de maturation idéale, jusqu’aux pluies ayant hâté les vendanges, l’arrivée de pourriture acide menaçant le développement de la pourriture noble. « Tout n’était pas bon à prendre. On a dû faire une trie de nettoyage assez drastique pour ne garder que le beau Botrytis. Il a fallu être très réactif, pour mener des vendanges minutieuses » se souvient Slanie De Pontac-Ricard, comme si elle se souvenait du siècle dernier et non des six derniers mois.

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