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Languedoc

Protéger les AOC de toute déstabilisation du marché

Jeudi 22 août 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

Le Languedoc, comme d'autres régions viticoles, est touché par l'effondrement du marché des vins rouges. Les AOC rouge du Languedoc connaissent une baisse de 9 % des sorties de chais en juin.
Le Languedoc, comme d'autres régions viticoles, est touché par l'effondrement du marché des vins rouges. Les AOC rouge du Languedoc connaissent une baisse de 9 % des sorties de chais en juin. - crédit photo : CC0 Creative Commons
Alors que la nouvelle campagne se profile à l’horizon, la question de la gestion de l’offre rouge et rosé des AOC est sur toutes les lèvres.

En ce moment, un léger vent de panique souffle sur le vignoble du Languedoc. Alors que les maîtres de chais nettoient les caves pour accueillir la récolte, certaines entreprises cherchent à faire de la place dans les cuves. Des vins AOC rouge sont toujours à la vente. Les vendeurs prêts à la déclasser en vin de France. Les stocks moyens d’AOC rouge avoisinent les 13 à 15 mois, quand une situation équilibrée est à 10 à 12 mois. Ils étaient d’environ 6 à 8 mois, à date l’an passé. Toutes catégories confondus les stocks régionaux sont en augmentation de 400 000 hl par rapport à l'an dernier.

Sang froid

Devant cette situation, personne ne crie au loup. Le marché n’a pas dévissé jusqu’à présent. « La situation n’est pas dramatique » constate Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants de France. Mais, il faut tout faire pour éviter que la prochaine campagne ne voit plonger les AOC du Languedoc (et les aures catégories), qui ont, depuis 10 ans, travaillé à monter leur prix, passant de 70 euros/hl à 140 euros/hl en moyenne. Reste que certains signaux sont positifs : à commencer par l'offre mondiale qui est en retrait avec une baisse de récolte dans l'hémisphère Sud et un retrait en Italie et en Espagne (ce dernier pays ayant d'importants stocks néanmoins). Par ailleurs, le Languedoc devrait avoir une disponibilité de 11.8 millions d'hl, stable par rapport à l'an passé : si les stocks augmentent, les estimations de récolte misent sur une baisse de 15 % environ.

Prudence

Le mot d’ordre est donc : tout faire pour éviter une déstabilisation du marché des AOC. L’appel est lancé aux opérateurs pour que les déclarations de récolte aillent dans ce sens, par un courrier envoyé par Miren de Lorgeril, présidente du CIVL. Le courrier indique : « les indicateurs de marché dont nous disposons sur les rouges nous incitent à plus grande prudence. On note que seuls les segments qualitatifs progressent ». Elle y recommande donc de limiter la récolte en AOC Languedoc rouge 2019 et de l’orienter vers les segments les plus qualitatifs. D’autant que les AOC rouge qui ne se vendent pas, ne seraient pas en cohérence avec la qualité attendue par le marché.

Le courrier invite également à ajuster, pour l’ensemble des catégories AOP et IGP, la déclaration de récolte en fonction des volumes commercialisés sur la campagne 2018/2019. En clair, « il faut vendre en cohérence avec ses marchés », note un observateur. Ce qui veut aussi dire qu’il faut adopter une certaine prudence avec une stratégie qui oriente les volumes vers les AOC pour tirer profit des prix. Trop d’offres pourraient accélérer la chute des cours dans un marché rouge en pleine déconfiture. Il est à noter que les IGP de département ont vendu davantage de volumes que leur production sur la campagne 2018/2019. Mais, eux aussi, ont connu un basculement des rouges vers les rosés. Les volumes de vins rouges ont baissé de 72 000 hl tandis que les rosés ont progressé de 60 000 hl.

Au-delà de la gestion de la production de vins rouges, celle des vins rosés pose également question. Ayant augmenté largement sa production en 2018, le bassin veut éviter la surproduction. Le courrier de Miren de Lorgeril est ainsi clair sur ce point. Il convient de « stabiliser, voire de modérer la récolte AOC du Languedoc rosé 2019 ». Là encore les stocks sont en augmentation : la production est supérieure à la commercialisation. Et pour ces produits à rotation rapide, c’est un signal qui n’est pas de bon augure.

Baisse des rendements en Corbières

En Corbières, les stocks sont passés de 11 mois l’an dernier à 14 mois. « Il y a des stocks d’environ 40 000 à 50 000 hl mais la situation n’est pas affolante » tempère Daniel Sendrous, président de l’AOC. Ce dernier, en plus de recommander de ne déclarer que les volumes « que l’on sait vendre », remarque que la production pourrait être mieux maitrisée grâce à une modification du cahier des charges qui entre en application cette vendange. Désormais, le rendement de l’appellation est fixé à 48 hl/ha contre 50 hl/ha précédemment (ceci pour se mettre en conformité avec la pyramide des AOC languedocienne). Par ailleurs, l’ODG annonce un contrôle des stocks pour s’assurer qu’ils sont en conformité avec la qualité attendue de l’appellation.

Pays d'oc s'en sort bien

Dans ce tableau morose, l'IGP Pays d'Oc sort confortée. Les vins rouges progressent de 63 000 hl avec un maintien des prix, tandis que les rosés progressent de 400 000 hl. Les vins blancs sont en hausse de 19 % en volume avec des prix légèrement en baisse de 3 euros/hl. Cette santé de fer est certainement dopée par la mise en place des contrats pluriannuels qui ont sécurisé le marché et éviter les variations de prix sur les deux dernières campagnes écoulés. 2019/2020 marquera la dernière campagne pour ces contrats et leur reconduction est à l'étude.

 

 

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