LE FIL

Val de Loire

Une charte pour les vins nature

Lundi 22 juillet 2019 par Ingrid Proust

Les vignerons ligériens Jacques Carroget et Sébastien David (au premier plan) espèrent commencer très bientôt à travailler avec l’Inao sur leur projet de charte.
Les vignerons ligériens Jacques Carroget et Sébastien David (au premier plan) espèrent commencer très bientôt à travailler avec l’Inao sur leur projet de charte. - crédit photo : Ingrid Proust
Les vignerons ligériens Sébastien David et Jacques Carroget ont annoncé le 16 juillet à Tours la naissance du « syndicat de défense des vins nature’L ». Ils ont présenté une charte pour ces vins actuellement sans reconnaissance officielle

Sébastien David a perdu face à l’Etat et va devoir envoyer en distillerie ses 2078 bouteilles de son Coëf 2019 déclaré impropre à la consommation en raison d’une acidité trop élevée. Mais il reste combattif. Le 16 juillet, devant les bureaux de la DGCCRF à Tours, où il venait de se faire notifier les modalités de destruction de ses bouteilles, il a annoncé, avec Jacques Carroget, vigneron dans le Nantais et secrétaire national viticulture à la Fnab, la naissance du « syndicat de défense des vins nature’L ».

Pas de sulfites

Les deux hommes ont présenté un projet de charte pour ces vins « actuellement sans-papiers ». Les vignerons qui voudront s’y conformer devront respecter un certain nombre d’engagements : raisins 100% bios, vendanges manuelles, levures indigènes, aucun intrant œnologique, aucun recours aux « techniques brutales et traumatisantes (osmose inverse, filtrations, filtration tangentielle, flash pasteurisation, thermovinification....) ». Le projet de charte indique qu’aucun sulfite ne peut être « ajouté avant et lors des fermentations ». Mais il est prévu une « possibilité d’ajustement », avec au maximum 30 mg/l avant la mise, et une obligation d’information sur l’étiquette. «  C’est une demande de certains vignerons. Il ne faut pas être trop rigide », indique Jacques Carroget.

La reconnaissance sera-t-elle possible ?

Le vigneron, pressenti pour être le président du nouveau syndicat des vins nature, compte avec Sébastien David rencontrer les services de l’Inao très bientôt. Les deux producteurs souhaitent lancer « un programme d’essai » sur ce projet de charte dès le millésime 2019 et pour les trois ans à venir. L’idée est d’aller vite et de tirer parti du retentissement médiatique suite à la « condamnation » du vin de Sébastien David.

« Cela fait 10 ans qu’on travaille sur un projet de cahier des charges des vins nature sans voir aboutir la question au niveau des instances officielles. Mais aujourd’hui le changement climatique influe sur le profil des vins et l’attente sociétale est très forte. Au sein même de la DGCCRF, des agents demandent un cahier des charges pour ces vins », expliquent Jacques Carroget et Sébastien David.

Une centaine de vignerons bios en France envisageraient d’adhérer à cette charte, selon les deux producteurs, qui sont également soutenus par des cavistes, restaurateurs et grossistes.

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PapyLouis Le 27 juillet 2019 à 08:42:53
Il est très difficile de porter un crédit durable à ce type de démarche, tant l'effet de mode l'emporte sur la rigueur, le pragmatisme et le travail accompli de générations en générations qui a prévalu pour produire tous les vins que nous connaissons et qui ont fait le rayonnement de la France. Nous savons tous que le vin n'est pas un produit naturel, mais qu'il est le résultat d'une conduite de l'homme sur la vigne, plante compagne qui ne produira pas sans l'intervention de l'homme, ne serait-ce que par la taille, et vin qui est interrompu dans son processus naturel de transformation en vinaigre. Dans la famille des bios, on compte trois branches : les biologiques, les bioillogiques, et les bioidéologiques. Il est regrettable de constater qu'une poignée de "bios" cherchent à occuper le devant de la scène, à coups de pub et de buzz, en voulant implicitement se hisser au dessus des autres et discréditer toute une profession. On stigmatise au passage l'usage des sulfites, alors que nul besoin est de rappeler le rôle essentiel de ce conservateur qui a permis au dix huitième siècle, ne l'oublions pas, d'envisager la conservation des vins au delà de l'année de production, et la notion de grands crus. Les papilles des consommateurs sauront bien faire la part de choses...
PATGE Le 26 juillet 2019 à 19:06:45
Pour des gens qui refusent les contraintes des cahier des charges et les contraintes en général c'est trop drôle
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