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Défis commerciaux et environnementaux

Bernard Farges présidera les vins de Bordeaux, en crise structurelle

Mardi 18 juin 2019 par Alexandre Abellan

Exploitant le vignoble familial avec son frère à Mauriac (Entre-deux-Mers), Bernard Farges adhère à la cave de Sauveterre-Blasimon (Union de Guyenne).
Exploitant le vignoble familial avec son frère à Mauriac (Entre-deux-Mers), Bernard Farges adhère à la cave de Sauveterre-Blasimon (Union de Guyenne). - crédit photo : Archives Alexandre Abellan (2016)
Le viticulteur bordelais doit reprendre la présidence de l’interprofession cet été, pour un mandat de trois ans, déjà placé sous le signe des difficultés économiques et des orientations agroécologiques.

Au nom du vignoble bordelais, « notre fédération a décidé de proposer Bernard Farges comme candidat à la présidence du CIVB [Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux] » annonce le vigneron Hervé Grandeau ce 17 juin, lors de l’assemblée générale de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, qu’il préside. Avant le vote de juillet prochain (et l'affichage du soutien du négoce), Bernard Farges ne souhaite pas commenter son élection annoncée. Mais il peaufine son prochain mandat à la tête d’une filière bordelaiseen pleine difficulté, lui qui a déjà connu la crise houleuse du milieu des années 2000 à la présidence du syndicat viticole des appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur (dont il a repris la tête en 2016).

Marchés bloqués

Ayant déjà présidé de 2013 à 2016 le CIVB, Bernard Farges va succéder au négociant Allan Sichel en pleine mévente commerciale des vins bordelais. Avec un marché du vrac restant à l’arrêt, laissant les caves pleines alors que la prochaine vendange s’approche. Perceptible depuis un an, la crise girondine est désormais actée, que ce soit par les courtiers d’autres vignobles rouges subissant les offres commerciales bordelaises agressives ou par les banques faisant face à un manque de trésorerie en Gironde.

« On a voulu espérer que la situation actuelle était juste la résultante de la faible récolte 2017. Je pense que l’on peut aujourd’hui reparler d’évolution structurelle des modes de consommation, cela explique davantage les situations de déséquilibres entre l’offre et la demande » reconnaît Hervé Grandeau, faisant état d’un « décalage d’un million d’hectolitres entre fin mars 2019 et fin mars 2018 ». A la fin avril 2019, les ventes annuelles de Bordeaux en grande distribution française sont tombées à 1 million hl pour 816 millions d'euros (respectivement -13 et -9 %), tandis que les exportations annuelles chutent cette fin mars à 1,9 million hl pour 2 milliards d'euros (-14 et +4 %).

"Voire la sortie de l’usage des pesticides"

Pour relancer la demande, la FGVB conseille notamment au CIVB de renforcer les opérations de promotion des vins de Bordeaux, de mieux réguler la production afin de renforcer sa valeur et d’appuyer les efforts d’exemplarité agroécologique du vignoble. L'objectif affirmé par ses représentants étant de faire de la filière girondine la référence nationale en termes de bonnes pratiques viticoles. Désormais affiché dans les cahiers des charges bordelais, ce cap environnemental a été fixé au printemps 2016 par Bernard Farges, annonçant que « la filière des vins de Bordeaux a pour objectif la diminution forte voire même la sortie de l’usage des pesticides ».

Un engagement que le viticulteur n’a cessé d’affirmer depuis sa déclaration. Y compris dans ses autres mandats. Présidant depuis 2011 la Confédération Nationale des Appellations d'Origine Contrôlée (CNAOC), Bernard Farges ne se présentera pas pour un quatrième mandat, après avril 2020, conformément à ses statuts.

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