LE FIL

Syndicat viticole

Bernard Farges retrouve la présidence des AOC Bordeaux

Mardi 19 juillet 2016 par Alexandre Abellan

 Pour marquer la fin du mandat de Hervé Grandeau, Bernard Farges a orchestré un « clapping » particulièrement suivi ce 8 juillet, en clôture de l’assemblée générale du syndicat viticole. Pour marquer la fin du mandat de Hervé Grandeau, Bernard Farges a orchestré un « clapping » particulièrement suivi ce 8 juillet, en clôture de l’assemblée générale du syndicat viticole. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Désormais ancien président du CIVB, le viticulteur reprend la tête des Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Mandat qu'il a occupé pour la première fois il y a dix ans, en pleine crise viticole.

Réuni à Beychac-et-Caillau ce 18 juillet, le conseil d’administration du Syndicat des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur a élu à sa présidence Bernard Farges. Le viticulteur de l’Entre-deux-Mers reprend ainsi le siège qu’il a cédé il y a trois ans à Hervé Grandeau, présidant le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB) jusqu’au 11 juillet dernier. Date à laquelle le négociant Allan Sichel a été élu président du CIVB et à laquelle Hervé Grandeau a pris la tête de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux (FGVB, laissant vacante la présidence des sept AOC Bordeaux).

Se plaçant dans la continuité de son prédécesseur, Bernard Farges poursuit les chantiers en cours : développement de la mention « cru d’exception » (espérée pour 2020) et lancement d’une cartographie du vignoble girondin (par une étude pédologique d’ampleur). Il doit également piloter l’intégration, ou non, de mesures agro-environnementales dans les cahiers des charges des AOC Bordeaux. « On envisage la possibilité d’introduire dans chaque exploitation une part de cépages non-inclus dans le cahier des charges AOC. De l’ordre de 1 à 5 % de l’encépagement, cela permettrait de mener des expérimentations privées de cépages oubliés ou résistants » explique Bernard Farges.

Une décennie de crises

Elu pour la première fois à la présidence des Bordeaux il y a dix ans, Bernard Farges se souvient « d’une grosse décennie très difficile, de 2003 à 2014. Les stocks étaient importants avec une production trop importante et des commercialisations bloquées par l’effet ciseau de la concurrence du Nouveau Monde et la crise économique de 2008… On a dû baisser les rendements suite à de mauvaises décisions collectives à la fin des années 1990. Avant 2013 on est revenus à l’équilibre, et la petite récolte de 2013 a permis à nos AOC d’être plutôt bien orientées jusqu’à aujourd’hui. »

"Personne ne nous fera faire des bêtises"

Le Conseil d’Administration a ainsi validé pour la récolte 2016 un passage à 58 hectolitres par hectare pour l’AOC Bordeaux rouge. Soit une hausse de 2 hl/ha par rapport au précédent millésime, mais « toujours en dessous du cahier des charges. Des administrateurs ont exprimé des craintes fortes, nous resterons extrêmement prudents en terme de rendements et de surfaces. Absolument personne ne nous fera faire des bêtises ! »

Un avertissement à peine voilé à la place de Bordeaux, qui souhaite des plantations plus importantes que les 600 hectares actuellement évoqués par la FGVB. « Cette année est charnière. Nos confrères du négoce ne croient pas dans notre capacité à augmenter notre rendement. Il faut leur montrer qu’ils ont tort » résumait ainsi Hervé Grandeau ce 8 juillet, lors de sa dernière assemblée générale en tant que président.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé