LE FIL

Cognac

Les vautours attaquent bec et ongles l’arrêté transferts de plantation

Jeudi 07 septembre 2017 par Alexandre Abellan

« Nous serons intraitables, afin que ces viticulteurs ne continuent plus à traîner dans la boue votre travail et votre sérieux pour notre belle appellation » lance Christophe Véral à la tribune, ce 6 septembre à Châteaubernard.« Nous serons intraitables, afin que ces viticulteurs ne continuent plus à traîner dans la boue votre travail et votre sérieux pour notre belle appellation » lance Christophe Véral à la tribune, ce 6 septembre à Châteaubernard. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Excédé par l’attaque administrative d’une dizaine d’exploitants "vautours", le syndicat des viticulteurs charentais veut se porter partie civile. Et mener la vie dure à ceux qui ne jouent pas collectif.

« Des viticulteurs peu scrupuleux, et sans aucune morale, ont décidé d’agir en justice à l’encontre de l’administration, afin de contester l’arrêté ministériel [mettant un terme aux] transferts de droits de plantation » expose froidement Christophe Véral, le nouveau président de l’Union Générale des Viticulteurs pour l’AOC Cognac (UGVC). Concluant sur un ton vindicatif la traditionnelle réunion des vendanges du syndicat, ce 6 septembre. Visiblement excédé, le vigneron charentais a dévoilé avec une colère froide la remise en cause de l’arrêté du 27 février dernier. Texte obtenu de haute lutte par l’UGVC et la Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie AOC (CNAOC) auprès du ministère de l’Agriculture, pour mettre un coup d’arrêt aux transferts incontrôlés d’autorisation de plantation d'autres vignobles vers Cognac. Venant de Loire ou du Roussillon, ces transferts ont dépassé le contingent dédié au bassin charentais en 2016.

D’après l’UGVC, un dizaine d’exploitants ont remis en cause la légalité de l’arrêté, cette fin juillet, devant le tribunal administratif de Cognac. Face à cette attaque en règle pour réouvrir les transferts, Christophe Véral ne prend plus de gants : « sachez que l’UGVC a déjà pris rendez-vous avec la CNAOC et un avocat pour se porter partie civile et contrecarrer leur action. Nous aurons les noms de ces viticulteurs ! Et je vous le promets, cette fois-ci nous ne resterons pas les bras croisés. »

Omnibus

Cette attaque judiciaire n’est pas une surprise pour Alexandre Imbert, le directeur de l’UGVC. S’y attendant, il glisse que cette procédure confirme le bien-fondé de l’arrêté, ayant protégé le vignoble de nouveaux transferts de plantation. Cette remise en cause confirme surtout la pertinence des démarches européennes de la filière charentaise, afin de cloisonner définitivement ses autorisations de plantation. Et interdire tout transfert à l'avenir. Le texte omnibus qui permettrait la relance de la catégorie de vins aptes à la production d’eaux-de-vie de vin sous Indication Géographique semble ainsi en bonne voie (cliquer ici pour en savoir plus).

Business plan

Ne mâchant pas ses mots, Christophe Véral se montre pour sa part d’autant plus « intraitable » que la stratégie de pilotage interprofessionnel porte ses fruits. Saluant la dynamique des exportations du Cognac, le vigneron charentais souligne qu’au comité permanent du Bureau National Inteprofessionel du Cognac s’étant réuni le matin même, les « petites, les moyennes et les grandes maisons nous ont annoncé que la visibilité à moyen terme, voire à long terme, était très bonne. » La preuve pour lui que la gestion collective paie. Mais ne peut s’inscrire dans la durée qu’en sortant les éléments perturbateurs.
 

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Adrien Lafont Le 07 septembre 2017 à 14:30:03
Le syndicat UGVC et à sa tête M. Véral n'ont pas attendu les "vautours" pour ouvrir les vannes de la dérégularisation du vignoble Charentais. Ces nantis Cognaçais qui ne connaissent de la vigne que l'argent qu'ils en tirent, ne devraient pas avoir le droit de pousser ces cris d'orfrai indécents. Le business plan qu'ils défendent n'est rien d'autre qu'un blanc-seing donné à la maison Hennessy pour déréguler le vignoble et tirer les prix vers le bas. Il n'y a pas de "gestion collective", arrêtons de rêver par pitié.
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