LE FIL

Vignoble de Cognac

Plus d’autorisations de plantation par transfert que par contingent en 2016

Vendredi 20 janvier 2017 par Alexandre Abellan

Avec plus de 300 hectares de transferts pour 250 ha de contingent, le déséquilibre est aussi flagrant qu'inquiétant pour l'UGVC.
Avec plus de 300 hectares de transferts pour 250 ha de contingent, le déséquilibre est aussi flagrant qu'inquiétant pour l'UGVC. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives)
En pleine campagne de distillation, le vignoble charentais bout de colère en constatant les surfaces transférés en 2016. La contre-attaque est annoncée pour 2017, avec des poursuites judiciaires

Après une accalmie l’été dernier (la médiatique opération « vautours » aidant), les transferts d’autorisations de plantation vers Cognac ont repris fort cette fin d’année 2016. Un domaine ayant atteint un niveau record, avec une cinquantaine d’hectares déplacés en décembre depuis les Pyrénées-Orientales (quand les précédents transferts avoisinaient les 15-20 ha). « C’est peut-être un opérateur charentais dont on ne connaît pas les projets en Maury et Rivesaltes » grince Alexandre Imbert, le directeur général de l’Union Général des Viticulteurs de Cognac.

En tout, l’UGVC estime que plus de 300 ha de nouvelles autorisations de plantation sont issus de ces transferts, venant aussi bien du Languedoc que du Muscadet. Ce qui représente une surface d’autant plus conséquente que le contingent du bassin viticole ouvert sur 2016 était globalement de 250 ha (dont 35 ha fléchés vers la production d’eau-de-vie charentaise). Malgré l'annonce du syndicat des négociants de ne pas acheter les eaux-de-vie issues de ces vignes, la mécanique de transfert ne s'est pas enrayée (avec 65 ha transférés en décembre dernier).

"Ce sont des viticulteurs sans foi ni loi"

Pour mettre un coup d’arrêt à ces transferts individuels et rassurer ses troupes, l’UGVC vient de mandater un cabinet parisien pour lancer des poursuites judiciaires. Des contentieux seront ouverts en 2017 à l’encontre d’un ou plusieurs domaines ayant réalisé des transferts. L’idée étant d’établir une jurisprudence pour dissuader à l’avenir tout contournement du cadre imposé par le Business Plan interprofessionnel (en cours de révision en cette année d’élections, voir encadré). « Il y a une attente. Les viticulteurs qui sont dans une démarche loyale veulent une résolution rapide du problème. Sinon ils deviendront le dindon de la farce, ou seront tentés de prendre leur part du gâteau » reconnaît Stéphane Roy, le président de l'UGVC.

En parallèle, le Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC) et l’UGVC essaient toujours de convaincre les services de ministère de l’Agriculture de porter au sein de l'OCM vin la réintroduction du statut de vin apte à la distillation destinée à produire une eau-de-vie sous Indication Géographique. Ce statut intermédiaire permettrait au vignoble de Cognac, qui est sous VSIG, de bénéficier des mêmes clauses de restriction à la plantation des vignobles AOP. Si cette démarche aboutissait, les transferts de plantation deviendraient de facto illégaux.

2017, année d’élections

Pour les instances viti-vinicoles charentaises, 2017 est une année élective par excellence. Ce premier semestre, l’UGVC renouvelle son bureau au terme de l’élection de ses 339 délégués (pour 2 000 adhérents). Le second semestre verra le renouvellement du syndicat viticole de l’AOC Cognac, puis du BNIC.

Ces élections conduiront à la mise à jour du Business Plan, aidant à fixer chaque année les rendements et contingents de plantation. L’explication du fonctionnement du Business Plan sera au coeur des réunions de début d’année de l’UGVC. Elles se tiendront les soirées du 30 janvier à Segonzac, du 31 janvier à Matha, du premier février à Gémozac, du deux février à Blanzac Procheresse, du 6 février à Cognac, du 7 février à Archiac, du 8 février à Vaux-Rouillac et du 9 février à Mirambeau.

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