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Nicolas Dupont-Aignan ( Debout la France )
Promouvoir un label « Produit en France »

Crédit photo : DR
Quel(s) est/sont le ou les enjeux stratégiques pour la vigne et le vin français pour les cinq ans à venir ?
Le secteur est effectivement confronté à différents défis, à court et long terme, que ce soit sur les aspects culturels, écologiques ou économiques. Parmi eux : pérenniser le savoir-faire français, conserver l'exclusivité de nos vins tout en respectant la qualité des terres agricoles (et des eaux), gérer les besoins de rentabilisation et l'évolution des méthodes, faire face à l'urbanisation croissante, ne pas être contraint de céder à l'intérêt d'investisseurs étrangers (tels que les Chinois), ou encore profiter de l'ouverture aux marchés étrangers et de la vente en ligne en conservant des prix compétitifs face aux pays produisant à moindre coût. Cela fait beaucoup de challenges ! 
Pour les relever, nous mettons d'abord en avant le fait que défense de notre culture et de notre patrimoine, ainsi que des terroirs, constitue une ardente obligation, et inclut plus que jamais le vin et la vigne. Leur valorisation n'est ni l'apanage de la gauche, ni celui de la droite, mais du pays dans son ensemble. Nous souhaitons ainsi soutenir une agriculture à la fois moderne et respectueuse des terres, favoriser l'ensemble des viticulteurs français parmi lesquels ceux qui font le choix de  l'agriculture biologique.
Nous sommes aussi conscients des problèmes que rencontre le secteur : concurrence étrangère, normes environnementales, excès de normes, manque de soutien de l'Etat... C'est pourquoi nous proposons notamment de :
- Créer et promouvoir un label unique « Produit en France », pouvant être décliné dans les départements « Produit en France + Nom du département » pour les appellations particulières.
- Exiger l'étiquetage du pays d'origine des produits et donner les moyens juridiques de s'opposer à la vente de nos terres à des puissances étrangères.
- Refuser les traités transatlantiques qui généraliseront de mauvaises pratiques et détruiront nos terroirs. 
- Soutenir l'installation des jeunes agriculteurs, via des incitations fiscales et l'assurance d'une visibilité suffisante.
-  Alléger la fiscalité sur les terres non bâties.
- Soutenir la diffusion des produits culturels français à l'étranger, et créer un grand média de la francophonie faisant résonner notre patrimoine et nos produits.
- Améliorer les mécanismes d'indemnisation des viticulteurs en cas d'intempéries (gel, grêle...).
 
Comment mener une politique de santé protégeant contre l'alcoolisme et les effets néfastes de l'alcool tout en protégeant la filière vitivinicole française ?
Il est bien sûr important de lancer des campagnes de prévention informant les Français des dangers en matière alimentaire et de médicamentation, cela afin de limiter les conduites à risque. 
Cependant, les drogues et le tabac seront en premier lieu concernés, concernant l'alcool il est nécessaire d'orienter les campagnes sur les seuls « comportements » risqués (conduite en état d'ivresse, « binge drinking » d'alcool très fort chez les jeunes...) afin d'agir sur l'alcoolisme de manière ciblée. Boire un verre de vin à table fait partie de notre art de vivre et il n'est nullement question de lutter contre ce type de consommation, mais bien de dénoncer les véritables excès néfastes pour la santé.

Faut-il défendre la spécificité du vin dans la politique européenne ?
Il est plus que jamais nécessaire de défendre la spécificité du vin à tous les échelons, dont l'échelon européen. Le vin est un produit culturel phare dont le rôle économique est essentiel dans notre agriculture et plus largement dans l'économie de notre pays. Au niveau européen, nous souhaitons ainsi retrouver notre influence et notre capacité de prises de décision vis-à-vis de Bruxelles, soutenir l'exception culturelle française ainsi que la diffusion de produits culturels français à l'étranger parmi lesquels le vin.

  La gestion de la problématique environnementale passe-t-elle prioritairement par une meilleure définition des règles d'utilisation des produits phytosanitaires ou la création d'un contexte d'émulation collective au sein des groupes de viticulteurs ?
Nous sommes très attachés à la question de la préservation des sols et de nos terres, de la biodiversité, ainsi qu'à la qualité des produits. Nous souhaitons encourager le recours à une agriculture raisonnable, moderne et respectueuse de l'environnement.  Il est aussi nécessaire de s'opposer à tous les projets de traités transatlantiques qui veulent généraliser de mauvaises pratiques environnementales. Enfin, il faut instaurer une exception agricole à l'OMC et dans tous les accords commerciaux. 
Toutefois, nous souhaitons avant tout mettre fin à l'accumulation de normes et de réglementations écologiques toujours plus absurdes ! Il faut aujourd'hui concilier deux impératifs qui semblent pourtant irréconciliables : faire face à la concurrence de pays ne respectant aucune norme environnementale et d'un autre côté produire en France à un bon prix et avec toujours plus de contraintes. 
Ainsi, il est nécessaire d'accompagner nos viticulteurs et de soutenir leurs initiatives visant des objectifs de qualité et de durabilité. Comme vous l'exprimez bien, nous devons créer un contexte d'émulation collective au sein des groupes de viticulteurs qui sont les mieux placés pour construire la viticulture de demain. Eux seuls connaissent leurs vignes et leurs terres et sont en mesure d'allier préservation de l'environnement et fabrication de bons produits.
Ainsi, parmi les mesures de notre programme, vous pourrez constater notre souhait de :
- Privilégier au maximum les circuits courts pour la consommation domestique, afin de réduire les dommages environnementaux. 
- Rémunérer les services écosystémiques (entretien des haies, des chemins....) rendus par les agriculteurs et viticulteurs dans les zones de handicap naturel.
- Inciter les collectivités publiques à se fournir chez des producteurs locaux.
- Favoriser la diversification afin de créer des cycles de rupture contre les parasites.
- Créer un site d'information sur l'usage des produits phytosanitaires afin de rétablir une vision non déformée de leur utilisation.
-  Sur le plan agricole dans son ensemble, interdire les OGM tels qu'ils sont créés jusqu'ici mais ne pas s'opposer systématiquement aux avancées de la science dans le domaine agricole.

En matière de vin, avez-vous une région favorite ? Etes-vous plutôt vin de copain pour la convivialité, vin d'artistes pour l'hédonisme, ou un autre vin ?
En tant que fils de négociant en vin, particulièrement spécialisé sur les vins de Bourgogne, ma préférence va au Pinot noir. Mais cette préférence n'est pas exclusive, j'aime tous les bons vins dès lors qu'ils sont français !