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François Fillon ( Parti républicain )
« Le droit des entreprises agricoles sera simplifié »

Crédit photo : Fillon
Quel(s) est/sont le ou les enjeux stratégiques pour la vigne et le vin français pour les cinq ans à venir ?
« La filière viticole est une des filières agricoles les plus dynamiques de France. Elle est aussi le second contributeur net à la balance commerciale française. Les enjeux stratégiques de la vigne et du vin sont donc considérables. Je souhaite reconnaitre les agriculteurs comme des entrepreneurs à part entière. Le droit des entreprises agricoles sera simplifié pour laisser les agriculteurs choisir librement la forme juridique de leur entreprise. Je propose la création d’un « compte épargne aléas climatiques et économiques » alimenté librement pendant les bonnes années et utilisable en cas de pertes d’exploitation. Les viticulteurs, comme toutes les entreprises bénéficieront de la baisse des charges que j’ai annoncée. Elle sera financée par la hausse de deux points de la TVA. Ainsi les produits d’importation participeront au financement de la protection sociale alors qu’aujourd’hui elle pèse uniquement sur les entreprises nationales. Les viticulteurs français gagneront en compétitivité en France et à l’Export. Enfin, je souhaite mettre fin à « l’overdose normative » française en abrogeant par ordonnances toutes les normes ajoutées aux textes européens. »

Comment mener une politique de santé protégeant contre l'alcoolisme et les effets néfastes de l'alcool tout en protégeant la filière vitivinicole française ?
« Je ne relâcherai pas les efforts de prévention et de sensibilisation pour lutter contre ce fléau de santé publique que représente la consommation excessive d’alcool. Comme vous le savez, le Gouvernement que j’ai eu l’honneur de diriger avait pris des mesures courageuses, notamment en matière de lutte contre les phénomènes d’alcoolisation massive des jeunes. En revanche, je plaide pour une prévention mesurée, qui ne soit pas punitive pour notre économie. Donc, je salue en ce sens, la modification de la loi EVIN qui permet de différencier publicité et information. La France est le pays du vin. Notre savoir-faire, l’excellence de nos viticulteurs, de nos maisons, sont renommés partout dans le monde. Nous devons pouvoir en parler. »

Faut-il défendre la spécificité du vin dans la politique européenne ?
« Je souhaite préserver la spécificité vitivinicole dans l’OCM unique avec deux objectifs: l’amélioration de la qualité (investissement, restructuration) et la promotion.
Il faudra simplifier l’administration et l’accès à ces outils. La complexité de ces dossiers a un impact négatif sur la façon dont la France utilise les enveloppes budgétaires européennes, notamment le Programme d’Aide Nationale qui met à disposition du secteur 280 millions d’€ par an pour financer des mesures spécifiques et qui ne sont pas consommées en totalité. l’Europe doit défendre nos viticulteurs et peser dans les accords internationaux pour leur permettre d’accéder plus facilement aux marchés pour défendre nos mentions traditionnelles : châteaux et crus ainsi que nos indications géographiques (AOC, IGP, …) qui sont l’ADN de notre viticulture. »

La gestion de la problématique environnementale passe-t-elle prioritairement par une meilleure définition des règles d'utilisation des produits phytosanitaires ou la création d'un contexte d'émulation collective au sein des groupes de viticulteurs ?
« Depuis 30 ans, la filière a divisé par deux l’utilisation de ces produits. Je souhaite aider les viticulteurs à améliorer les pratiques, à innover et rendre les exploitations agricoles éligibles au Crédit Impôt Recherche. Lorsque j’étais 1er Ministre nous avons lancé un processus de simplification et d'harmonisation qui a abouti à la certification « HVE » (Haute Valeur Environnementale). Nous allons la développer. La recherche dans l’agriculture 3.0 (agriculture connectée) permettra de passer à la connaissance « à la parcelle » à une connaissance au m2 du vignoble et par voie de conséquence s’approcher du « juste nécessaire » en matière d’utilisation de produits phytosanitaires. Enfin je propose de favoriser l'innovation par un principe d'innovation responsable en donnant plus de liberté à nos chercheurs, et en ré-ouvrant la recherche notamment sur le génome de la vigne. »

En matière de vin, avez-vous une région favorite ? Etes-vous plutôt vin de copain pour la convivialité, vin d'artistes pour l'hédonisme, ou un autre vin ?
« Le vin est en soi un voyage dans les régions et les terroirs français. Il fait partie de notre culture et la richesse du vignoble français rend le choix difficile. Par tradition familiale, je suis plutôt un amateur de Bordeaux et particulièrement de Saint-Emilion. Dans la Sarthe nous avons des vins rares et de qualité, comme le Jasnières, un blanc sec, mais qui, selon les années peut être moelleux ou liquoreux. »