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Marine Le Pen ( Front national )
« Je suis très attachée à notre patrimoine viticole »

Crédit photo : Cédric Faimali
Quel(s) est/sont le ou les enjeux stratégiques pour la vigne et le vin français pour les cinq ans à venir ?
Notre pays est une grande nation viticole et pourtant elle souffre désormais dans les classements internationaux. Les politiques menées par les gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé à la tête de notre pays portent une lourde responsabilité. Mais c’est bien la politique européenne qui a fragilisé lourdement nos vignerons. L’Union européenne multiplie en effet les normes incohérentes, qui ajoutent complexité et contrainte à nos vignerons, sans mieux protéger le consommateur et l’environnement. La PAC n’aide pas non plus suffisamment les petits vignerons. Il faut donc que nous retrouvions notre souveraineté et que nous ayons les mains libres pour définir des politiques qui servent au mieux les intérêts de notre pays. La question de la fiscalité est également essentielle. La fiscalité sur le vin est beaucoup plus faible que celle pesant sur la bière ou les alcools forts. J’ai décidé que je n’augmenterai pas la fiscalité pesant sur les produits vitivinicoles car nous devons préserver nos vignerons qui connaissent déjà des difficultés. D’autant plus que le secteur viticole représente des centaines de milliers d’emplois, pour la plupart non-délocalisables. Enfin, je pense que la France doit rester à la pointe de l’innovation dans le domaine du vin. Dans la manière d’élaborer le vin bien sûr. Mais aussi pour réduire l’impact de la viticulture sur l’environnement, tout en maintenant la rentabilité des vignerons. La transition vers un modèle écologique est le grand défi auquel nous faisons face.

Comment articuler une politique de santé protégeant contre l'alcoolisme tout en préservant les intérêts économiques de la filière vin ?
Je suis très attachée à notre patrimoine viticole, reconnu et envié dans le monde entier. Une consommation modérée d'alcool, notamment pendant les repas, fait partie des traditions françaises - n'oublions pas qu'il est même recommandé de boire un verre de vin rouge par jour ! Cependant, il est nécessaire de lutter contre l’alcoolisation massive des jeunes, et des moins jeunes, qui est un véritable problème, de même que l’alcoolisme chronique. Je pense qu’un véritable accompagnement et une politique de prévention auprès des populations les plus à risque (jeunes, précaires, ...) sont plus efficaces que des mesures d’ordre financier que certains autres envisagent (augmentation des taxes ou prix plancher) et qui fragiliseraient inévitablement la filière viticole française

Faut-il défendre la spécificité du vin dans la politique européenne ?
La politique européenne dans le secteur viticole est désastreuse. Elle reproduit les mêmes travers que pour les exploitations agricoles et aboutit à une fragilisation de nos producteurs de vin. Les normes sans aucune logique se multiplient, les aides sont réparties selon des critères qui ne sont pas favorables aux petits exploitants. L’Union européenne a également considérablement affaibli nos appellations. Les viticulteurs s’en trouvent fragilisés dans la défense de leurs marques à l’étranger. La politique de l’Union européenne en matière d’offre a même conduit à l’arrachage de milliers de plants de vignes dans notre pays. La France est une grande nation viticole mais empêtrée dans la PAC, elle recule dans les classements internationaux. En retrouvant notre souveraineté, nous aurons les mains libres pour mener une politique audacieuse. Je franciserai également la PAC, qui sera transformée en Politique Agricole Française. Le montant des subventions sera naturellement préservé mais nous définirons désormais nos propres critères pour répartir les subventions.

La gestion de la problématique environnementale passe-t-elle prioritairement par une meilleure définition des règles d'utilisation des produits phytosanitaires ou la création d'un contexte d'émulation collective au sein des groupes de viticulteurs ?
La question des pesticides et l’impact de la viticulture sur l’environnement sont devenus centraux, notamment dans les grandes régions viticoles. Il est de mon devoir de protéger la santé de mes compatriotes et mon projet présidentiel va en ce sens. Pour autant, il faut aussi souligner les nombreux efforts réalisés par nos viticulteurs, qui réduisent les pesticides qu’ils emploient et se convertissent de plus en plus au bio. Je suis favorable à ce que l’on encourage ce mouvement. Les normes doivent protéger à la fois nos producteurs et la santé des consommateurs. Aujourd’hui, beaucoup de normes sont incohérentes. Mais je tiens à souligner que la plupart des contraintes pesant sur nos viticulteurs émanent de l’Union européenne. En récupérant notre souveraineté, nous remettrons de l’ordre dans ce maquis législatif.

En matière de vin, avez-vous une région favorite ? Etes-vous plutôt vin de copain pour la convivialité, vin d'artistes pour l'hédonisme, ou un autre vin ?
Mes goûts en matière de vin sont assez variés, mais j’avoue avoir une préférence pour le Champagne et les vins blancs.