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Le salon Vinitech se ferme sur un bon cru, laissant ouverts des défis d’avenir
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Bilan 2022
Le salon Vinitech se ferme sur un bon cru, laissant ouverts des défis d’avenir

Revenant après 4 ans d’absence, l’évènement technique bordelais renoue avec ses exposants et visiteurs. Les enjeux de gestion des flux entre les halls et de concurrence du SIMEI sont posés pour le futur.
Par Alexandre Abellan Le 01 décembre 2022
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Le salon Vinitech se ferme sur un bon cru, laissant ouverts des défis d’avenir
La prochaine édition du Vinitech-Sifel se tiendra du mardi 26 au jeudi 28 novembre 2024. - crédit photo : Cédric Faimali (GFA)
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ême si les sons de cloche varient d’un stand à l’autre (le contraire serait étonnant pour un salon), le bilan du Vinitech 2022 reste plutôt positif pour la majorité des exposants rencontrés ce premier décembre, au terme de trois jours d’exposition à Bordeaux. Si les chiffres de l’organisateur ne sont pas encore arrêtés, « la tendance sur les deux premiers jours est excellente » esquisse Delphine Demade, directrice du pôle d’évènements professionnels de l’organisateur Bordeaux Events And More (BEM), qui s’était fixée pour objectif d’amener à ses 750 exposants un flot de 45 000 visiteurs (dans la lignée des éditions 2016 et 2018, celle de 2020 ayant été digitalisée pour cause de covid).

D’après les premiers retours qualitatifs, l’organisatrice note la satisfaction des exposants, mettant un terme aux incertitudes qui planent depuis des mois : des inscriptions tardives des exposants cet été à celle de dernière minute des visiteurs. Dissipant le brouillard bordelais encore visible ces derniers jours, l’issue de ce Vinitech 2022 est un soulagement pour Delphine Demade, qui pointe la validation des nouveaux concepts lancés cette édition (parcours dédiés à la bière et au bilan carbone, création d’un village international des start-ups…).

Belle affluence

Le ressenti est positif sur les stands, où l’on loue « une clientèle de qualité, plus que par le passé. Il n’y a pas de touristes, mais une logique d’achat à court et moyen termes » confie le responsable marketing d’un constructeur de machines à vendanger, qui valide la stratégie de « rester présent sur les salons internationaux et locaux. Les évènements numériques n’ont pas fait leurs preuves et des évènements très locaux de démonstration ne déplacent pas forcément les foules. » Ce Vinitech millésime 2022 est une bonne surprise pour Thomas Bioulou, directeur du fournisseur de granulats et copeaux toastés Pronektar, pour qui « on était un peu dans l’expectative, après quatre ans sans Vinitech. J’ai l’impression de revenir aux jolis Vinitech de 2014 et 2016, avec une belle affluence. Les échanges sont bons avec nos clients et prospects, malgré l’adversité. Ils veulent aller de l’avant » surtout pour les opérateurs bordelais qui font face à des difficultés commerciales inédites pour nombre de leurs vins rouges.

« Nous avons bien bossé, avec beaucoup de gens hors Bordeaux » témoigne la responsable commerciale d’un groupe verrier, notant l’approche optimiste de ses clients malgré les difficultés actuelles et les incertitudes futures : « les gens se bougent et demandent de l’accompagnement. Ils ne sont pas résignés et se remettent en question ». Malgré tout, pointe une inquiétude auprès des exposants : la préoccupation du recouvrement des créances, des fournisseurs se disant attentifs aux ardoises des petites exploitations, comme le glisse le directeur d’un fournisseur de matériels de nettoyage.

SIMEI

Comme dans tous les salons, les critiques ne manquent pas dans les allées, permettant d’aiguiller l’organisateur afin d’améliorer son prochain évènement (en 2024 pour le salon Vinitech, qui est bisannuel). L’une de ces petites musiques est la comparaison du salon Vinitech avec son concurrent italien : le SIMEI, se tenant chaque année mi-novembre à Milan. « Le SIMEI devient plus important que le Vinitech : on a plus vu de visiteurs espagnols à Milan qu’à Bordeaux » glisse un fournisseur de machines œnologiques. Relevant que le SIMEI a réduit ses surfaces d’exposition et reste sur une offre moins diverse que celle du Vinitech, Delphine Demade note que le calendrier des salons est bouleversé depuis la crise covid : jusque-là évènement d’années impaires, le SIMEI se positionne sur les années paires. De même le Salon International du Machinisme Agricole (SIMA, à Paris) ne se tient plus en début d’année, mais en fin d’année. De quoi densifier l’offre d’évènements techniques dans l’agenda, et accentuer la concurrence.

Autre critique, plus précise, celle d’un déséquilibre de fréquentation entre le hall principal, tout en longueur donnant sur le lac de Bordeaux, et le hall 3 en bout d’exposition, dédié aux matériels de chai. « Il y avait un usage : séparer les lieux de présentation des outils viticoles et des matériels de vinification » rapporte Bruno Estienne, le directeur général du constructeur de matériels de vinification Bucher Vaslin, qui note la présence inédite de matériels de cave au milieu de machines à vendanger et de sécateurs dans le hall 1. « Il risque d’y avoir de moins en moins de venue dans le hall 3… Cette séparation n’est pas écrite dans les contrats, mais c’était un usage, dénoncé sans préavis ni concertation. Si ça n’évolue pas, les gros concessionnaires nous accueilleront dans le hall 1 » laisse-t-il planer. « C’est un faux problème » répond Delphine Demade, pointant que le sujet est limité à un groupe (en l’état, Pellenc, qui a réuni sur un stand l’offre de Pera) et que cela va à l’encontre des habitudes du visiteurs : ceux intéressés par l’œnologie ayant tendance à entrer directement par la porte K du hall 3, et n’allant pas forcément jusqu’au bout du hall 1 dédié au machinisme.

Fruits et légumes

Lancée ce 29 novembre lors de l’inauguration du salon par Alain Rousset, le président de la région Nouvelle-Aquitaine, l’idée de scinder le salon Vinitech de son évènement dédié aux fruits et légumes, le Sifel, n’est pas à l’ordre du jour. « Au contraire, il faut créer une synergie qui prend encore plus de sens actuellement » indique Delphine Demade, pointant les besoins de diversification dans le vignoble (en témoigne aussi le parcours dédié aux bières).

 

 

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Tous les commentaires (1)
vantage Le 01 décembre 2022 à 18:43:31
Vitisphère devrait savoir que "cru" est une notion géographique et certainement pas temporelle!!! on dit un cru du Roussillon et on ne dit pas le cru 2022!!!
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