Accueil / Politique / Les vins du Languedoc veulent des aides au stockage, à la distillation, à l'arrachage temporaire et à l'export
Les vins du Languedoc veulent des aides au stockage, à la distillation, à l'arrachage temporaire et à l'export
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Conseil de bassin
Les vins du Languedoc veulent des aides au stockage, à la distillation, à l'arrachage temporaire et à l'export

La constitution d'un groupe de travail a été actée lors du dernier conseil de bassin Languedoc-Roussillon. Stockage privé, distillation, aide à l'export et arrachage ciblé ont été demandés à l'unanimité par la filière, mais ce groupe doit quantifier les besoins pour financer chaque mesure.
Par Olivier Bazalge Le 17 novembre 2022
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Les vins du Languedoc veulent des aides au stockage, à la distillation, à l'arrachage temporaire et à l'export
Ici au côté du président de l'IFV Bernard Angelras, Jérôme Despey va prendre la présidence du groupe de travail de quantification des mesures demandées par la profession du bassin viticole Languedoc-Roussillon - crédit photo : Cédric Faimali (GFA)
P

ossibilité de distillation, aide au stockage privé, soutien aux entreprises à l’export et utilisation des mesures agro-environnementales du Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (Feader) pour arracher figuraient a menu des demandes effectuées en conseil de bassin viticole Languedoc-Roussillon du 7 novembre dernier. En prime, il est décidé de constituer un groupe de travail de quantification et calibration des besoins pour ces mesures. En l’absence du préfet de région, c’est le directeur régional de l’alimentation, l’agriculture et la forêt (Draaf) d’Occitanie, qui a présidé ce conseil au cours duquel les acteurs de la filière ont validé à l’unanimité ces demandes. « Cette maturité de notre filière figure même comme un des points essentiels à souligner. Syndicats, représentants de filières, interprofessions, négoces, tous se sont regroupés derrière ces demandes de mesures permettant de préserver les points ont unanimement été validés, ce qui montre combien les enjeux globaux sont bien intégrés et prédominent sur les préoccupations de chacun » rapporte Ludovic Roux, le président des vignerons coopérateurs d’Occitanie.

Pas de demande de plan d’arrachage donc, mais plutôt une « mise en sommeil d’une partie du vignoble », comme l’illustre Ludovic Roux par le biais de l’utilisation de budgets dédiés au Feader. Des arrachages pourront donc être mis en œuvre, « mais sous forme temporaire, de manière à supprimer la capacité de production pendant un certain temps, sans se couper de la possibilité de production sur ces surfaces plus tard », situe Ludovic Roux. Le parti de l’utilisation des mesures agro-environnementales offrirait donc une alternative possible à la mise en œuvre d’un plan d’arrachage qui n’offrirait pas de perspectives à la production, et présenterait de fortes difficultés de financement.

Disposer de solutions de régulation

Pour les participants, les difficultés traversées actuellement relèvent de causes conjoncturelles, il est donc hors de question d’envisager des mesures de correction structurelles du bassin de production languedocien. « Oui, il y a des problèmes, mais notre région reste structurellement adaptée au marché », rassure Ludovic Roux. « Grâce à sa production de vins blancs et rosés, la région dispose d’une capacité de résilience forte qui offre un effet tampon face aux difficultés, nous devons donc pouvoir disposer de solutions de régulation pour faire face à ces difficultés conjoncturelles, sans pour autant affecter et se couper du potentiel de production », renchérit Jérôme Despey, le président de la chambre d’agriculture de l’Hérault et du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer.

« Ce n’est pas parce que nous renouons avec une quantité de récolte, 13,8 millions hl, supérieure de 15 % à la moyenne quinquennale, qu’il faut aborder le contexte sous forme de crise, il y a au contraire un effort à faire pour consolider les parts de marché et regagner celles qui ont été perdues au profit de pays concurrents », plaide Alexandre They, président des Vignerons indépendants de l’Aude. Il réitère de son côté son appel du pied à un deuxième plan de relance de la part de la région Occitanie pour la promotion des vins à l’export. Les demandes d’aide au stockage privé et de distillation permettraient de disposer de suffisamment de leviers pour ajuster l’offre au regard de l’évolution des marchés. « La consommation française diminue, mais la consommation mondiale est en hausse constante depuis des années, c’est donc que les marchés perdus à l’export ont été récupérés par des pays concurrents. C’est pourquoi nous sollicitons de nouvelles possibilités d’accompagnement des entreprises à l’export », ajuste Ludovic Roux.

Précision des besoins

Mais qui dit adaptation dit pilotage, ce conseil de bassin a donc accouché de la constitution d’un groupe de travail, qui sera présidé par Jérôme Despey et auquel participeront, entre autres représentants de la coopération, des vignerons indépendants et des interprofessions. « L’utilisation des différents outils devra être faite selon l’évolution de la conjoncture, notamment vis-à-vis de la consommation et de l’augmentation des charges de production. Le but est de parvenir à quantifier très précisément les besoins pour chaque mesure, car il faut être très précis dès lors qu’on entend solliciter les budgets du Feader ou mettre en œuvre le stockage privé », analyse Jérôme Despey. Si la volonté d’avancer rapidement sur ces mesures est bien mise en avant, rien ne sera annoncé avant 2023. Il sera alors temps de mesurer les moyens dont la filière pourra disposer pour s’adapter.

 


Florent Guhl, directeur régional de l’alimentation, l’agriculture et la forêt (Draaf) d’Occitanie, a présidé ce dernier conseil de bassin Languedoc-Roussillon. Il se dit satisfait des propositions effectuées, sans demande de modifications strucuturelles du vignoble, "mais bien dans la volonté de disposer d'outils de régulation à activer et ajuster au regard de la situation". Au premier rang de ces demandes figure l'aide à l'export et la promotion sur les marchés internationaux. "Des participants du conseil rentraient du congrès de l'organisation internationale de la vigne et du vin, au Mexique, mettant en avant les perspectives optimistes qu'offraient les marchés internationaux, dans le cadre d'une consommation mondiale en augmentation", valide-t-il. "Blancs, rosés, rouges haut de gamme ou à consommer frais, le bassin dispose de produits correspondant aux attentes de ces marchés, l'accompagnement de la promotion des vins régionaux figure donc comme une priorité des mesures à engager, sans affecter l'outil de production", poursuit le Draaf Occitanie. Les autres outils de régulation interannuelle par stockage, "à l'image de ce qui est engagé avec succès par les vins de Pays d'Oc", la distillation et l'arrachage temporaire viennent compléter "la boîte à outils" sur laquelle le groupe de travail présidé par Jérôme Despey va plancher pour définir précisément les besoins, les cas précis d'utilisation et les budgets nécessaires. Des réunions mensuelles de ce groupe de pilotage se tiendront afin de pouvoir aboutir à des chiffrages précis dès le printemps prochain. "Les questions budgétaires pourront ensuite être abordées auprès du ministère", termine Florent Guhl.

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (6)
IPI Le 22 novembre 2022 à 09:07:54
La viticulture paye dans son ensemble beaucoup plus à l'Etat qu'elle ne reçoit. Cependant, notre système politique contraint les vignerons à solliciter des aides: on paye 10 d'abord et on reçoit 5 ensuite....L'Etat se donne des airs de bon Samaritain. Les réactions hostiles divisent et renforcent cette logique. Certaines mauvaises langues qualifieraient cela de système autoritaire et populiste.
Signaler ce contenu comme inapproprié
Seb Le 20 novembre 2022 à 01:13:45
Les commentaires des gens sont affligeants ! Oui des aides publiques de vos impôts vont à la filière du vin en France. Pourquoi ? Car le vin en France c?est la filière qui rapporte le plus de pognon à la France juste après l?aéronautique? et oui ils faut continuer à bosser sur l?export car en France les gens ne boivent pas assez on est pas assez nombreux par rapport à ce qu?on produit voyez? vous voulez des ptis dessins pour comprendre ou ça ira ?
Signaler ce contenu comme inapproprié
Dominique Le 18 novembre 2022 à 23:00:28
Ce type a été écouté et suivi par tous les ministres. Il a eu avec la FNSEA la main sur tout. Au lieu de dégager après le désastre, il vient encore tendre la sébille et jouer à l'apporteur de solutions. Quelle crédibilité lui reste-t-il ? Effectivement, on comprend mal pourquoi il resterait en place. Si on appliquait à tous ces organismes dont ils vivent, une gestion d'entreprise, ils seraient tous à Pôle emploi.
Signaler ce contenu comme inapproprié
J.Henry DAVENCE Le 18 novembre 2022 à 16:22:03
@albert, c'est normal que rien ne bouge, ne change ou au pire évoluer puisque ce sont les mêmes professionnels qui siègent dans ces instances depuis des décennies. Despey "contribue depuis 20 ans, Gravegeal depuis 40 et tous autres... Cerise sur le gâteau, ils défendent les politiques de la FNSEA. Ce qui me dérange le plus c'est qu'il n'y a personne dans la filière pour proposer autre chose et les mettre à la porte.
Signaler ce contenu comme inapproprié
Albert Le 18 novembre 2022 à 15:23:59
Est-ce à nous autres contribuables de financer les errements d'une filière ? .. quand une exploitation s'agrandit, quand une exploitation est créée, est-ce qu'on nous demande notre avis ? .. alors pourquoi devrait-on accepter que des aides publiques soient versées pour gérer une crise de plus quand les professionnels sont incapables de les anticiper ? ..
Signaler ce contenu comme inapproprié
Albert Le 18 novembre 2022 à 08:14:31
Impayable cette filière ! .. quand je lis qu'après des réunions de travail (?), nos ténors professionnels en arrivent à réinventer l'eau chaude (l'habituel arsenal des mesures qui coûtent en aides publiques et ne restructurent en rien le secteur), je les trouve pathétiques. Comment envisager sérieusement de miser sur l'export dans un contexte où la réduction du "bilan carbone" de chaque process, de chaque circuit, est déjà au c?ur des préoccupations des acteurs de terrain ? .. La réflexion de ces ténors n'est pas novatrice.
Signaler ce contenu comme inapproprié
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé