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Les eaux usées des touristes permettent aux vignerons d’irriguer
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Economie circulaire
Les eaux usées des touristes permettent aux vignerons d’irriguer

Dans le massif de la Clape, 80 hectares de vignes sont désormais irrigués par les eaux usées et retraitées de la station d’épuration de Narbonne-Plage. Le point sur ce projet à l’occasion du salon Dionysud.
Par Marion Bazireau Le 24 novembre 2022
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Les eaux usées des touristes permettent aux vignerons d’irriguer
Faute d’accès à l’eau agricole, de nombreux vignerons se voient priver d’irrigation. - crédit photo : IFV
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Les vignes languedociennes et provençales connaissent une sécheresse continue depuis les années 2000 » lance Hernan Ojeda, de l’Institut National de la Recherche pour l’Agriculture et l’Environnement (Inrae) de Pech Rouge, à l’occasion d’une conférence sur le salon Dionysud ce 15 novembre.

L’entretien du sol et l’adaptation des travaux en vert ne sont plus suffisants. « L’irrigation est la seule solution pour préserver qualité et rendement ».

L’ingénieur estime à 1 800 hectares la superficie moyenne de nouvelles installations chaque année. « 15 % du vignoble est désormais irrigué dans le Sud, mais le manque d’eau agricole freine de nombreux projets » regrette Hernan Ojeda.

Constatant que le pic touristique en août concorde avec la période où la vigne a le plus besoin en eau, et sollicité par la cave coopérative de Gruissan, il s’est lancé il y a 10 ans avec plusieurs partenaires dans le projet IrriAlt’Eau*.

Depuis cet été, 80 hectares de vignes dans le Massif de la Clape (45 ha sur le vignoble de l’Inrae, 35 autres appartenant à sept adhérents des coopératives de Coursan et Gruissan) sont irrigués par les eaux usées et retraitées de la station d’épuration de Narbonne-Plage.

L’installation de traitement jouxtant la station permet de traiter 50 m3/h. Avant d’arriver au vignoble, l’eau passe dans un filtre mécanique de 50 microns, puis est désinfectée aux UV et légèrement chlorée à la Javel pour ressortir du procédé et être envoyée dans le réseau de goutte-à-goutte avec une qualité minimale de niveau C, requise pour l’irrigation.

Fertirrigation

« Nous nous sommes aperçus que nous obtenions souvent une meilleure qualité sanitaire que celle de l’eau agricole, qui n’est pas réglementée » assure Hernan Ojeda, précisant que des sondes mesurent en continu la salinité et que cette technique permet aussi de réaliser 50 à 70% d’économies en fertilisants, notamment en azote.

« Et elle ne change ni la composition physico-chimique des vins finis, ni leur profil gustatif » complète l’ingénieur, qui va encore travailler sur son impact sur la biodiversité et ajoute que l’eau non utilisée pour irriguer est rejetée dans la mer.

Les vignerons utilisateurs payent environ 0,70 centimes d’euro le mètre cube d’eau. « C’est un tarif intermédiaire entre l’eau agricole et l’eau potable » détaille Hernan Ojeda.

Des projets similaires sont à l’étude dans d’autres régions. Hernan Ojeda milite désormais pour l’autorisation de l’irrigation au goutte-à-goutte après le 15 août, sans conséquence sur le rendement.

 

* : Ces partenaires sont Veolia, la PME Aquadoc, spécialiste des systèmes d’irrigation, la cave coopérative de Gruissan, l’unité expérimentale de Pech Rouge de l’Inrae, le Laboratoire de biotechnologie de l’environnement de Narbonne, et la communauté d’agglomération du Grand Narbonne.

 

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Tous les commentaires (1)
Matth Le 25 novembre 2022 à 23:21:39
Bonjour, Il me semblait qu?irriguer était interdit? Pourquoi cela semble t?il possible à la Clape et quelles sont les règles, lois, us et coutumes à ce sujet ?
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