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4 cépages à l’essai pour adapter les vignes du Rhône aux réductions de phytos et d’eau
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Tests en AOC
4 cépages à l’essai pour adapter les vignes du Rhône aux réductions de phytos et d’eau

Les vignerons en appellations Côtes-du-Rhône et Côtes-du-Rhône Villages vont pouvoir essayer quatre nouvelles variétés pour s’adapter aux attentes sociétales et au changement climatique.
Par Alexandre Abellan Le 20 septembre 2022
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4 cépages à l’essai pour adapter les vignes du Rhône aux réductions de phytos et d’eau
La première appellation rhodanienne fait le choix d'une sélection resserrée de cépages à potentiel d'adaptation. - crédit photo : Syndicat Général des Vignerons des Côtes du Rhône
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es Variétés d’Intérêt à Fin d’Adaptation (VIFA) s’implantent en Vallée-du-Rhône : quatre cépages vont pouvoir s’essayer aux AOC Côtes-du-Rhône et Côtes-du-Rhône Villages sur les dix prochaines années pour réduire les traitements phytosanitaires (grâce à des variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium) et s’adapter au changement climatique (notamment la sécheresse et les coups de chaud). Les deux cépages résistants retenus sont deux obtentions Resdur1 : vidoc (raisins rouges) et floréal (raisins blancs). Pour s’adapter à des terroirs séchants, les cépages retenus sont le carignan blanc (qui était au cahier des charges jusqu’en 2008) et le rolle (aussi connu sous le nom de vermentino, terme déconseillé par les Fraudes).

L’ODG prévoit d’enregistrer en 2023 les demandes de vignerons, pour lancer les plantations au plus tard durant le printemps 2024 indique Denis Guthmuller, le président du Syndicat Général des Vignerons des Côtes du Rhône. Qui rappelle que ces expérimentations s’intègrent dans un processus tripartite entre l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG), l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO) et chaque producteur (en cave particulière ou coopérative). Le tout dans un cadre expérimental national de 10 ans minimum, avec pas plus 5 % des surfaces et 10 % des assemblages pour ces cépages.

Ne pas se planter

Pouvant inscrire 10 cépages blancs et 10 variétés rouges par appellation, les Côtes-du-Rhône ont fait le choix d’une sélection réduite avec 4 VIFA : « c’est vraie volonté de ne pas embarquer les adhérents dans une liste à la Prévert » explique Denis Guthmuller, qui précise que les cépages retenus ont toutes les chances « de ne pas se planter » face aux enjeux d’adaptation climatique. Particulièrement sec, notamment dans le Gard, « le millésime 2022 donne à voir ce que peut être futur » note le président d’ODG, faisant état de sécheresses exceptionnelles. « Hors norme », cet été pose la question de l’adaptation, des cépages à l’irrigation, notamment pour les jeunes vignes n’arrivant pas à implanter leur système racinaire : « il y a encore quelques temps, les AOC n’étaient pas à l’aise avec irrigation. On assume, en culture sèche ça devient très compliqué : faut pouvoir apporter eau de manière raisonnée et raisonnable » pose Denis Guthmuller.

Avec trois cépages blancs sur quatre VIFA, ces essais sont aussi l’occasion d’aller vers un blanchiment de la production de la Vallée du Rhône. « On a dans cahiers des charges des solutions de cépages anciens rouges, comme counoise et muscardin, quasiment plus plantés par manque de maturité, et le grenache a toujours un grand potentiel sur les terroirs séchants » note Denis Guthmuller, qui affirme les « velléités de développement » du vignoble rhodanien sur les vins blancs. Mais « faire du blanc ne suffit pas : il faut répondre aux attentes des consommateurs, avec des cépages, des process culturaux et œnologiques… » souligne Denis Guthmuller, précisant que l’Institut Rhodanien étudie ces sujets.

 

* : Le cahier des charges de l’AOC Côtes-du-Rhône, recense 8 cépages blancs (bourboulenc, clairette, grenache blanc, marsanne, roussanne et viognier en principaux ; piquepoul blanc et ugni blanc en accessoires) et 15 cépages rouges (grenache, mourvèdre et syrah en principaux ; brun argenté, caladoc, carignan, cinsaut, clairette rose, counoise, couston, grenache gris, marselan, muscardin, piquepoul noir, et terret noir en secondaires).

 

 

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Tous les commentaires (3)
Albert Le 22 septembre 2022 à 12:29:49
.. advitam aeternam .. (toujours se relire !).
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Albert Le 22 septembre 2022 à 09:17:31
Que nos AOC viticoles, dont les conditions de production étaient fixées dans des décrets nationaux, aient été "reconnues" en tant qu'AOP au sens de la définition portée par l'OCM réformée de 2008 (ou 2009 ? .. ah la mémoire !) quand ces dispositions furent transposées dans des cahiers des charges de productions viticoles à IG (AOP et IGP), j'entends bien. Mais que, désormais, les cahiers des charges AOP puissent être modifiés sans que ceci remette en cause la possibilité d'une revendication (étiquette) au titre de l''ex-AOC .. me semble tout à fait anormal. L'AOC Gigondas blanc n'a jamais existé de même qu'un AOC Côtes du Rhône issu de cépages non prévus par les règles d'encépagement fixées par l'ancien décret "AOC". En résumé, je suis bien sûr Ok pour faire évoluer les cahiers des charges AOP, mais en revanche, je m'insurge contre cette tartufferie qui permettrait ad vitam eternam de laisser croire au consommateur qu'il déguste une AOC puisque les règles de production AOP et ex- AOC ne sont pas identiques.
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Albert Le 21 septembre 2022 à 18:30:23
Mon commentaire de ce matin sur AOP Gigondas blanc a été publié ... mais pas celui sur les 4 cépages à introduire dans le cahier des charges AOP/AOC (?) Côtes du Rhône.
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