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Cognac met les gaz des vendanges pour lancer les distillations avant un hiver sous tension
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Crainte de coupure
Cognac met les gaz des vendanges pour lancer les distillations avant un hiver sous tension

Ne pouvant couper le robinet de gaz une fois un cycle de distillation lancé, la filière charentaise demande de la visibilité aux pouvoirs publics pour pouvoir passer l’hiver sereinement.
Par Alexandre Abellan Le 07 septembre 2022
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Cognac met les gaz des vendanges pour lancer les distillations avant un hiver sous tension
« Notre matière première est valorisée et valorisable, mais reste périssable » prévient Raphaël Delpech. - crédit photo : Aurélien Terrade (BNIC)
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u gaz dans l’eau-de-vie. Alors que les vendanges sont lancées à Cognac, « le mot d’ordre est de distiller le plus vite possible pour lisser le plus possible la campagne de distillation en dehors des mois de janvier et février » explique Raphaël Delpech, le directeur du Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC). Utilisant exclusivement du gaz des vendanges au 31 mars de l’année suivante, les 3 000 alambics de la région charentaise voient leur campagne de distillation menacée par les risques de pénurie et de rationnement énergétiques en conséquence à l’invasion russe de l’Ukraine.

Si une partie substantielle des bouilleurs de cru utilisent le propane, où il y a des enjeux de hausse des prix mais pas de problèmes de disponibilité, Raphaël Delpech souligne que ce sont les bouilleurs de profession qui sont les plus exposés avec leur usage de Gaz Naturel Liquéfié (GNL). « Il n’y a aucune marge de manœuvre » prévient le directeur de l’interprofession : la fermeture ponctuelle de robinet est inenvisageable pendant un cycle de distillation, posant un risque de perte de matière première. Et donc de manque à gagner pour l’économie régionale dans l’immédiat, et pour la balance commerciale nationale à terme.

Priorité

Alertant les autorités publiques depuis des mois sur la vulnérabilité de la filière charentaise aux approvisionnements en gaz, le BNIC demande à ce que ces typicités soient prises en compte dans les cartographies d’utilisateurs de gaz en cours de création par les préfectures (à la demande du gouvernement pour d’éventuelle priorités en cas de manque/délestage). Souhaite gagner en visibilité, le BNIC précise garder l’ordre des priorités : « il ne nous viendrait pas à l’idée de revendiquer une priorité par rapport à la consommation des ménages, de collectivités, d’établissements de santé ou d’utilisations stratégiques pour la défense » explique Raphaël Delpech.

Suite aux appels à la sobriété énergétique du gouvernement, la filière charentaise travaille à un plan d’économie, en rappelant ne pas avoir de marge de manœuvre pour la distillation. « Pour la simple raison que le cognac est soumis à un cahier des charges et à la double distillation charentaise, inhérente qualité produit » indique Raphaël Delpech, notant que les alternatives (vapeur par électricité et hydrogène) ne sont qu’à l’état de R&D (et non-déployables). 

Restrictions

«  Au regard de notre activité particulière, des impératifs qualitatifs et du cahier des charges, au regard de notre importance pour l’économie locale et la balance extérieure, la filière Cognac ne pourra pas être soumise à des restrictions s’il devait y en avoir » déclare Anthony Brun, le président de l’Union Générale des Viticulteurs de l’AOC Cognac (UGVC), ce lundi 5 mars lors de sa réunion de vendanges, soulignant qu’« il sera donc important de commencer la distillation le plus rapidement possible pour limiter les risques ».

 

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