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Plusieurs analyses pour les vignobles voisins des incendies
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Après le feu
Plusieurs analyses pour les vignobles voisins des incendies

Le laboratoire Excell a développé une méthode permettant de prédire l’apparition des goûts de fumée dans les vins. Il sait aussi rechercher les composés présents dans les retardants et peut analyser l’atmosphère des caves.
Par Marion Bazireau Le 17 août 2022
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Plusieurs analyses pour les vignobles voisins des incendies
Les analyses peuvent permettre d'anticiper les traitements à réaliser sur les vins pour les débarrasser des goûts de fumée. - crédit photo : Loïc Pasquet
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Les incendies à proximité des vignobles ou des caves peuvent avoir plusieurs conséquences » prévient Vincent Renouf, directeur général du laboratoire Excell.

Des marqueurs de la combustion de la famille des phénols peuvent d’abord marquer négativement le vin. « Ces molécules sont le gaïacol, le phénol, le 4-methylgaïacol, les crésols et le syringol. A partir de la véraison, elles forment des complexes avec des sucres qui persistent jusqu’à la récolte » explique Vincent Renouf.

Ces formes glyco-conjuguées libèreront leur potentiel de notes « fumées » au fil du temps, pour les 2/3 lors de la vinification, et pour le reste lors de l’élevage du vin.

Isoler la vendange

Afin d’anticiper et d’isoler la vendange pouvant affecter tout ou partie d'un assemblage, le laboratoire Excell a développé une méthode permettant d’estimer le risque d’apparition de notes non désirées dans les vins à partir des baies ayant été au contact de fumées de combustion.

Le laboratoire peut également rechercher dans le vin la présence des constituants des retardants utilisés pour freiner les flammes. « Les retardants contiennent généralement des polyphosphates d’ammonium, des glycols, des tensio-actifs, des agents moussants, des oxydes de fer, des colorants, et des argiles. Certains de ces composés présentent clairement des restrictions en termes d’alimentarité et sont strictement réglementés ».

Si certains glycols sont par exemple naturellement faiblement produits par les levures fermentaires, une teneur supérieure à deux ou trois cents milligrammes par litre pourra alerter d’une contamination extérieure.

« Lorsque l’incendie a aussi affecté des matières organiques, la combustion génère alors des hydrocarbures aromatiques polycycliques dont la toxicité est attestée et qu’il est également important de contrôler » poursuit Vincent Renouf.

Matériel et cave

Plus anecdotique, il assure que l’eau utilisée peut véhiculer certains éléments tel que le sel NaCl lors de l’usage d’eau de mer, ou du chlore lors de l’usage de l’eau du réseau. La combustion de certains équipements peut en outre provoquer le relargage de métaux lourds, comme du plomb.

A la suite d’un incendie dans une cave, des analyses peuvent être réalisées sur le vin stocké dans le bâtiment, de même qu’à la surface des contenants et du matériel ou dans l’atmosphère.

Excell insiste sur le fait que l’analyse de tous ces composés permet de statuer de l’incidence directe ou indirecte des incendies sur la qualité des vins, et d’opter pour certains traitements, comme les charbons actifs. « Le cas échéant elle permet aussi de constituer des dossiers de recours solides auprès des assurances lors de tels sinistres ».

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Tous les commentaires (1)
toto Le 18 août 2022 à 13:31:42
pour reduire les fumees toxiques : https://fr.euronews.com/2022/03/01/une-mousse-ecologique-japonaise-fait-ses-preuves-contre-les-feux-de-foret
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