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Enquête
Mais d’où viennent les résidus de phytos de synthèse retrouvés dans les vins bio ?

L’utilisation d’engrais, l’accumulation dans la vigne de résidus de pesticides utilisés avant sa conversion et la dérive aérienne font partie des pistes étudiées par les chercheurs du projet Itivibio, qui se concentrent pour l’heure sur l’acide phosphonique.
Par Marion Bazireau Le 16 mai 2022
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Mais d’où viennent les résidus de phytos de synthèse retrouvés dans les vins bio ?
Les produits utilisés avant la conversion peuvent se retorugver dans les vins plusieurs années après. - crédit photo : DR
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Des pesticides de synthèse sont régulièrement détectés dans les vins bio » rappelle Marc Chovelon, ingénieur d’expérimentation au Grab, le groupe de recherche en agriculture biologique.

C’est notamment le cas de l’acide phosphonique, produit de dégradation de fongicides anti-mildiou sur lequel se concentrent les partenaires* du projet Itivitibio piloté par l’Institut français de la vigne et du vin (IFV). « Nous avons émis plusieurs hypothèses sur l’origine de ces contaminations, à commencer par l’utilisation d’engrais foliaires ou racinaires, fertilisants ou biostimulants à base de phosphore utilisés en bio, et qui pourraient dans certaines situations donner des molécules d’acide phosphonique » décrit Marc Chovelon.

Les chercheurs ont réalisé des prélèvements à la floraison (sol et feuilles) puis aux vendanges (sol, feuilles et grappes de raisin) chez des vignerons qui en utilisaient depuis 2 ans, sans jamais trouver de traces d’acide phosphoreux.

Des produits rémanents

« Nous avons alors envisagé une éventuelle accumulation dans la vigne d’acide phosphonique issu de traitements phytosanitaires antérieurs à la conversion en bio » poursuit l’ingénieur.

Les partenaires ont travaillé avec deux vignerons cultivant de manière conventionnelle. L’un a appliqué du fosétyl-aluminium et des phosphites pour la première fois. L’autre, qui en utilisait depuis une dizaine d’années, a accepté d’arrêter. Des analyses de feuilles en juin et de baies en septembre ont confirmé une rémanence de l’acide phosphonite jusqu’à trois ans. « Cela peut expliquer la présence de résidus dans des vins issus de parcelles récemment converties ».

La dérive aérienne de traitements réalisés dans des parcelles conventionnelles voisines de parcelles bio est aussi à l’étude, de même que l’emploi de vinasses de distilleries utilisables en agriculture biologique comme fertilisants.

 

*L'IFV, la Chambre d'agriculture du Vaucluse, le GRAB, et Inter Rhône.

 

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Tous les commentaires (2)
DARIUS Le 01 juin 2022 à 08:54:39
LE SERPENT QUI SE MORD LA QUEUE Les phosphonates produits absolument sans danger et beaucoup plus respectueux de la nature que le cuivre ont été utilisés en bio dans certains pays puis ont été retirés car ils pouvaient introduire une confusion dans l'esprit des médias et des consommateurs, alors que la différence entre produits dits naturels et produits de synthèse est beaucoup plus pratique en terme de communication. Que l'acide phosphoreux pose aujourd'hui un problème à beaucoup de vins bios est un juste retour des choses, les bios n'avaient qu'à favoriser les produits sans danger plutôt que les outils de communication.
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le phosphoreux Le 16 mai 2022 à 16:36:28
Comment expliquer que l'on retrouve de systématiquement de l'acide phosphonique " à différentes concentrations" dans les vins bios quelque soit le cépage ou la parcelle même pour des parcelles en bio depuis 15 ans ? Pourquoi ne retrouve-t-on pas de l'acide phosphonique dans un moût de raisin alors que l'on en retrouve dans le vin obtenu ?
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