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Enquête conso
Le respect de l’environnement décisif pour 13 % des acheteurs de vin

Une enquête réalisée auprès de 2 000 consommateurs place le critère d’achat environnement bien loin derrière le prix, la région et le goût du vin. Ceux qui y sont attentifs sont intéressés par la biodiversité ou la suppression des phytos.
Par Marion Bazireau Le 05 mai 2022
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Le respect de l’environnement décisif pour 13 % des acheteurs de vin
Mieux vaut communiquer sur les bandes fleuries que sur l'enherbement du vignoble. - crédit photo : Vinopole Bordeaux Aquitaine
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omment les consommateurs perçoivent-ils les efforts des viticulteurs en matière d’environnement ? « Nous avons mené l’enquête auprès de plus de 2 000 consommateurs français en juin 2019 et à l’automne 2021 » indique Ronan Symoneaux, chargé de recherches à l’Ecole supérieures des agricultures d’Angers.

Quatre grandes questions leur ont été posées sur internet: sont-ils sensibles aux attributs environnementaux lors de leurs achats de vins ? Qu’est-ce qui leur vient à l’esprit quand on leur parle de vin respectueux de l’environnement ? Quelles perceptions ont-ils des pratiques respectueuses de l’environnement ? Quelles informations ils aimeraient avoir sur ces pratiques, et via quel canal ?

Accompagné d’étudiants, le chercheur a ensuite rencontré une cinquantaine de consommateurs pour mieux comprendre leurs attentes.

60 % de toutes les personnes interrogées ont déclaré être intéressées par des informations sur les pratiques viticoles et œnologiques mises en œuvre par les vignerons pour réduire leur empreinte environnementale. « Mais quand nous leur avons demandé s’ils avaient cherché de l’information avant d’acheter leurs trois derniers vins, 46 % nous ont répondu par l’affirmative. Et quand nous avons voulu savoir à quoi ils avaient fait attention, 20 % de ces 46 % ont parlé d’environnement » nuance Ronan Symoneaux.

A la question « que regardez-vous lorsque vous achetez du vin ? », les critères de prix, de région, et de goût sont ressortis en premier. 13 % intègrent les labels environnementaux dans leur choix. La grille élaborée par les chercheurs a permis de segmenter les consommateurs. « Nous avons par exemple remarqué que ces 13 % sont également ceux qui sont les plus sensibles à l’environnement dans la vie de tous les jours, en surveillant leur consommation d’eau ou d’électricité » explique Ronan Symoneaux.

Une appétence globale pour l’oenologie

Globalement, ceux qui recherchent des vins respectueux de l’environnement ont une appétence plus marquée pour l’œnologie. « Beaucoup ont affirmé des livres sur le vin. Alors que ceux qui nous ont dit « acheter du vin pour acheter du vin » sont moins sensibles aux questions environnementales. »

Qu’est ce qu’un vin respectueux de l’environnement ? Les consommateurs ont été invités à répondre à cette question par des phrases libres, analysées par un logiciel. « 31 % des réponses sont rentrées dans le cluster "environnement, labels et origine", avec les certifications, des notions de "petit producteur", de vins sains, produits en local » décrit le chercheur. Est ensuite venu le thème de la naturalité, « le consommateur associant un vin respectueux de l’environnement à des vendanges manuelles, moins de traitements phytosanitaires et d’intrants, et la suppression des sulfites, colorants, additifs, ou sucres… ». La question des transports et de l’emballage est quant à elle apparue dans 20 % des cas.

Des hôtels à insectes gadgets

Les consommateurs ont ensuite noté sur une échelle de 1 à 5 une série de 17 pratiques. « Celles favorisant la biodiversité ont obtenu un très bon score, comme l’arrêt des pesticides ou du désherbage chimique ». La pratique de l’enherbement des parcelles est arrivée dernière, certainement moins bien comprise par le grand public. « Les échanges en groupe ont confirmé qu’il vaut mieux mettre en avant des photos d’arbres, de haies, et de fleurs » conseille Ronan Symoneaux.

Pour les consommateurs les plus impliqués, la pose d’hôtels à insectes a à l’inverse un côté « gadget ».

Les vignerons doivent prioritairement communiquer sur la bouteille, sur leur site internet, et détailler leurs pratiques lors des visites de domaines et des salons. Environ 30 % des consommateurs vont aussi chercher de l’information sur les réseaux sociaux.

 

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