Accueil / Viticulture / A chaque terroir viticole ses couverts végétaux
A chaque terroir viticole ses couverts végétaux
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Conseils de pro
A chaque terroir viticole ses couverts végétaux

Semés le même jour avec le même matériel, des couverts végétaux peuvent très bien lever dans une parcelle de vigne et ne rien donner 100 mètres plus loin. Des analyses de sol permettent de faire le bon choix.
Par Marion Bazireau Le 02 mai 2022
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
A chaque terroir viticole ses couverts végétaux
Les agronomes de Biospheres réalisent plusieurs essais dans le vignoble du Médoc, comme ici au Château Giscours. - crédit photo : Biospheres
«

Les viticulteurs doivent comprendre qu’un couvert végétal qui marche très bien chez un voisin ne prendra pas forcément eux, même si le semis a lieu le même jour avec le même matériel » pose Olivier Lamote, ingénieur agronome chez Biospheres, une entreprise spécialisée dans la transition agroécologique.

Un diagnostic de sol est nécessaire pour commander le mélange de semences de légumineuses, graminées et crucifères le plus adapté au terroir. « Il faut par exemple connaître la teneur en calcaire, en argile, le taux de compaction, l’hydromorphie » liste Olivier Lamote.

De manière générale, sur des parcelles avec peu de vigueur, de matière organique et d’azote, Biospheres conseille à ses clients d’opter pour un mélange avec une forte proportion de légumineuses. Mais tout dépend également de leurs objectifs de production. « Certains viticulteurs se satisfont de parcelles déséquilibrées quand elles donnent de bons vins. En revanche, ils peuvent nous demander de l’aide pour améliorer la portance. Dans ce cas, nous les orientons plutôt vers des couverts végétaux dominés par les graminées. S’ils veulent augmenter la biodiversité, nous pouvons nous diriger vers des bandes fleuries » reprend l’agronome.

Dans certaines parcelles, l’enherbement est la meilleure solution en première année. « On peut aussi planter du paturin annuel ou du ray-grass trèfle que l’on va tondre ou faucher comme une prairie. Cela n’apporte pas grand-chose mais permet de limiter le salissement. On peut démarrer par ça tous les rangs, puis aller plus loin dans les mélanges un rang sur deux ».

Une fois le mélange commandé, « à l’idéal six mois avant le semis », il faut ensuite bien raisonner son équipement et affiner sa méthode de semis, « avancer autour de 4kms/heure, ne pas aller trop vite et soigner les débuts de rang pour éviter les gros paquets ou l’absence de graines, semer autour de 2cm de profondeur dans un inter-rang bien au sol bien propre, avec une turbine haute pression à 4000 tours/minute pour bien envoyer la graine dans la dent ».

Différents essais au Château Giscours

Dans le Médoc, Biospheres travaille avec Château Giscours sur différents couverts depuis 3 ans. « Ils avaient déjà semé 50% de triticale et 50% d’avoine sur une partie de l’exploitation, avec peu de succès » témoigne Olivier Lamote.

Des analyses de sols ont permis de programmer de nouveaux essais sur trois secteurs. « Sur 1,2 ha nous avons choisi d’implanter un mélange de triticale, de pois et de deux trèfles, un rang sur deux, en alternance avec un mix de 24 espèces de fleurs plantées pour un minimum de 5 ans pour faire revenir les auxiliaires de la vigne » détaille l’ingénieur. A termes, le Château Giscours aimerait d’ailleurs réduire le coût de la confusion sexuelle grâce aux couverts.

Sur le 2ème secteur, le choix s’est porté sur un mélange permettant de réduire le salissement (avoine, triticale, pois, vesce). « Dans le 3ème, en appellation Haut-Médoc, nous avons retenu du seigle et de la féverole en inter-rang pour faire beaucoup de biomasse, et du trèfle blanc nain sous le rang pour freiner les adventices et arrêter le travail du sol ».

Les photos aériennes régulièrement prises par drone depuis le 8 novembre, date du semis, témoignent du bien-fondé de ces choix. « Beaucoup de gens n’auraient jamais osé semer aussi tard. Cela confirme bien que l’essentiel est d’avoir un mélange adapté au terroir » conclut Olivier Lamote.

Les couverts végétaux favorisent-ils le gel ?

« C’est quitte ou double » annonce Oliver Lamote. Tout dépend de la date de semis. « Sur une gelée blanche, si le couvert arrive au niveau des bourgeons sensibles, il va produire de la rosée et amplifier les dégâts. En revanche, si le couvert est en dessous, il n’y a aucun problème, et s’il est au dessus il va même protéger les bourgeons ». Lors d’une gelée noire, les couverts végétaux vont avoir un effet brise-vent et protéger la vigne du courant d’air glacial.

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé