Accueil / Viticulture / Disparité des dégâts de gel dans les vignobles de France

Vague de froid
Disparité des dégâts de gel dans les vignobles de France

Alors que des records de températures ont été battus pour un mois d'avril, et qu’il a fait jusqu’à -7°C à Bordeaux à Cognac, et -6°C dans certains vignobles du Val de Loire, le Sud sort quasi indemne de l’épisode de gel du weekend.
Par Marion Bazireau Le 04 avril 2022
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Disparité des dégâts de gel dans les vignobles de France
Premiers dégâts de gel visibles dans le vignoble de Saint-Emilion - crédit photo : Alexandre Abellan
«

A 5 heures, la carte des températures est exceptionnelle pour un mois d'avril » témoigne ce matin le docteur Serge Zaka, agroclimatologue chez ITK. De larges zones du territoire, le thermomètre affiche entre -2 et -5°C. « Il fait par exemple -5.7°C en Charentes, -5.3°C à Nevers, -4.7°C à Troyes, des niveaux qui correspondent à une brûlure totale des bourgeons ».

« Après un tour des vignobles, les gelées annoncées ont été confirmées ! Mais à ce stade difficile de se prononcer tant les stades physiologiques sont hétérogènes et la précocité moindre qu’en 2021. Il y aura à coup sûr des dégâts marqués par endroits » annonce Jean-Marie Fabre, le président des vignerons indépendants, pour qui les dégâts ne seraient globalement pas de l'ordre du millésime 2021 en globalité, mais pourrait s'en approcher pour les vignobles Chablis, Val de Loire, Dordogne et une partie du Bordelais.

Tout a cramé

Le gel a en effet fait de nombreux dégâts dans certaines régions de samedi à ce lundi. « J’ai une trentaine d’hectare de merlot greffé sur du riparia qui avait déjà plus de deux feuilles étalées. Tout est gelé » regrette Eric Meynaud, viticulteur au château Franc Couplet sur 150 hectares dans l’Entre-deux-Mers, à Bordeaux.

« Il faisait -4°C ce matin contre -3,5°C hier mais c’était moins humide ». Le viticulteur espère que les vignes encore en bourre n’ont pas été impactées. « Nous verrons si les bourgeons sont mous dans les prochains jours mais ce serait la catastrophe ».

20 kms plus au nord, à Mouliets-et-Villemartins, Vincent Géraud partage son désarroi sur les réseaux sociaux. Ses thermomètres ont enregistré jusqu’à -7°C dans la nuit de samedi à dimanche. « Tout est cramé » constate-t-il, photos de bourgeons flétris à l’appui. Ses confrères réagissent du Sud-Est réagissent et lui apprennent qu’eux non plus n’ont pas été épargnés, avec du -4°C dans les Bouches-du-Rhône ou le Vaucluse.

Ne pas crier au loup

A Rochecorbon, en Indre-et-Loire, même si le ciel est dégagé et que son réseau de sondes Sencrop affiche entre -2 et -6°C, Benoît Gautier veut rester optimiste. « Certaines zones comme Azay-le-Rideau vont être plus touchées mais ce ne sera pas un copier-coller de 2021 ». Le vigneron a fait brûler quelques bougies pour protéger son cabernet franc et son chenin.

« Certains ont fait tourner des éoliennes. Entre Chinon et Saint-Nicolas, j’ai aussi vu des feux de paille, avec de la fumée bien droite, signe que le vent est très faible » relate-t-il. « Quoiqu’il en soit, il ne faut pas crier au loup. Nous avons des cépages plutôt tardifs et, dans quelques jours, on se rendra surement compte que les parcelles réagissent mieux que prévu ».

Dans le Muscadet, Stéphane Cottenceau et Mathilde Ollivier viennent de reprendre le domaine de la Grenaudière, 26 ha de melon de Bourgogne, à Maisdon-sur-Sèvre. « Nous n’avons pas eu les moyens de nous équiper de moyens de lutte contre le gel. Heureusement, notre secteur n’est pas très gélif. Je rentre juste du vignoble, où 10 à 20 % des pieds ont fait ses premières feuilles. Il a fait entre -2 et -3°C au petit matin et j’ai vu quelques grillures mais pour l’instant je ne suis pas trop inquiet » explique Stéphane Cottenceau ce 4 avril.

Alerte jusqu’à demain

C’est en Champagne que les températures les plus basses ont été enregistrées, avec un record à -9°C, du jamais-vu en avril depuis 1947.

A La Caunette, dans le Minervois, Mathias Paicheler du château Coupe-Roses se sent quant à lui chanceux. « La température n’est pas tombée dans le négatif ». A Bize, un peu plus à l'Est, il faisait tout juste 0°C au même moment.

Dans le Gard, le prestataire de services Sylvain Coste remercie le « brin de vent » qui a épargné les vignobles de ses clients.

Excepté sur le pourtour méditerranéen et dans la Vallée du Rhône, « le risque de gelées pour la nuit de lundi à mardi reste fort au sud de l’axe Bordeaux – Limoges – Dijon » avertit cependant Emmanuel Buisson, expert chez Weenat, rassuré de savoir qu’un front chaud arrive par l’Ouest et va balayer l’air froid pour la majorité des régions au Nord de la Loire.

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (2)
Dan Le 05 avril 2022 à 13:09:08
Bonjour, Il va malheureusement falloir s'habituer la cause est connue de tous et personne ne fait rien bien au contraire les solutions techniques qui sont proposées afin de paliers à ces changement participe elles mêmes à expliquer la problématique de la cause!!!! Jusqu'à preuve du contraire tout les équipements qui sont subventionnable par France agrimer tourne avec des énergies fossiles,comment éteindre un incendie avec de l'essence.... La solutions c'est d'accélérer le mouvement quelque têtes nucléaire pour faire péter la banquise des réfugier climatique et une montée des eaux subite de 2m mais plus de problèmes de gel!!!! Sur ces bêtise je retourne finir de tailler!!!
Signaler ce contenu comme inapproprié
Vince Le 04 avril 2022 à 12:16:28
Encore de nombreux dégâts dans tout le vignoble français du au changement climatique et la hausse des températures du mois de mars qui provoque un dérèglement de la sortie de sève des bourgeons. Le pire est qu'il n'existe pas de solution miracle pour lutter contre ce fléau de température yo-yo.!!!et il reste encore du temps pour passer les saintes glace....
Signaler ce contenu comme inapproprié
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé