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5 innovations pour réduire le besoin en eau du vignoble
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Changement climatique
5 innovations pour réduire le besoin en eau du vignoble

Du choix du végétal au traitement des effluents de cave, en passant par l’optimisation de l’irrigation, des start-ups proposent plusieurs solutions à la filière vin pour produire avec moins d’eau.
Par Marion Bazireau Le 29 mars 2022
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Les start-ups ont présenté leurs solutions lors de la journée « Innovation et viticulture durable » organisée par Rhonéa et la French Tech Grande Provence. - crédit photo : Inrae
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es start-ups ont bien compris que la valeur de l’eau pour les viticulteurs. Lors de la journée « Innovation et viticulture durable » organisée par Rhonéa et la French Tech Grande Provence ce jeudi 24 mars, elles leur ont présenté des solutions qui permettent de l’économiser sans nuire au confort hydrique de la vigne.

Créée en 2018 à Marseille, Telaqua propose des solutions de pilotage et d’optimisation de l’irrigation. « Nous intervenons en amont pour repérer les points de dysfonctionnement induisant une différence entre la quantité théorique d’eau que l’on souhaite apporter à la vigne et celle qu’elle reçoit vraiment en bout de chaîne » a indiqué Thibaut Delcroix. Telaqua a développé un ensemble de capteurs de pression interconnectés, positionnés au niveau de l’arrivée d’eau, du filtre, des vannes, des tuyaux, et des goutteurs. « Une perte de charge au niveau d’un filtre peut par exemple être synonyme d’encrassement ». Le système permet également de planifier l’irrigation et de tracer la consommation. 

Irrigation de précision

Chef de marché Météus chez Isagri, Esther Florin a fait découvrir aux participants la sonde capacitive d'irrigation Météus. « Elle suit l’humidité du sol en temps réel tous les 10 cms de profondeur. Ses données sont envoyées en temps réel sur smartphone ou ordinateur pour savoir quand démarrer l’irrigation, et optimiser le confort hydrique de la vigne en économisant la ressource en eau »

Récemment arrivé à l’Institut Coopératif du Vin (ICV), Anthony Clenet a présenté Oenoview Hyd, une application permettant de suivre l’état hydrique et de piloter l’irrigation d’un grand nombre de parcelles sur des zones étendues, « comme à l’échelle d’une appellation », grâce à des images acquises tous les cinq jours par le satellite optique Sentinel-2. 

Ingénieur en biotechnologies de 26 ans, Tristan Bauduin a mis en avant sa jeune entreprise Azuvia, spécialisée dans le traitement des eaux et des effluents liquides. « Nous lançons une nouvelle serre de filtration, construite à Avignon et baptisée Seteia, pour dépolluer les effluents vinicoles » explique-t-il. Les effluents sont stockés dans une cuve de stockage reliée à la serre, automatiquement prélevés et traités suivant plusieurs étapes (aération, dégradation et dépollution par des micro-organismes et plantes cultivées en hydroponie) avant d’être analysés, restitués à la nature, ou réutilisés. La serre au style victorien permet également de faire pousser des fruits ou des légumes. 

Un végétal plus résilient

Fabien Hanaï a finalement pitché sur son entreprise Cérès Flore basée dans l’Hérault et le Vaucluse pour développer un modèle de production de végétaux résilients face au changement climatique. « Actuellement, les plantes, arbres ou arbustes sont sélectionnés génétiquement pour leur rendement, leur coût ou leur esthétisme, mais sont souvent inadaptés au terrain et climat des lieux auxquelles ils sont destinés, de se sorte que les programmes de plantations prévoient, en plus de l’achat des végétaux, l’arrosage, les engrais, les produits phytosanitaires et même le remplacement des plantes qui ne vont pas survivre » regrette-t-il.

Les équipes de Cérès Flore ont noué des partenariats avec des gestionnaires d’espaces naturels pour aller prélever des plantes endémiques adaptées à leur territoire. Elles les remultiplie, les enracine, et les fait croitre. Depuis l’an passé, l’entreprise travaille avec des pépiniéristes locaux qui les élèvent et les aider à s’acclimater à leur futur site d’implantation. Les jeunes plants sont commercialisés à 1 voire 2 ans et peuvent par exemple être utilisés pour revégétaliser des haies.

 

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