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De premières vignes languedociennes protégées du gel par aspersion
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Changement climatique
De premières vignes languedociennes protégées du gel par aspersion

Vigneron dans l’Aude, José Garcia va protéger 11,7 hectares contre le gel par aspersion. Une première en Languedoc.
Par Michèle Trévoux Le 08 février 2022
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De premières vignes languedociennes protégées du gel par aspersion
José Garcia sur sa parcelle dans l'Aude cet hiver. - crédit photo : Michèle Trévoux
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osé Garcia ne veut plus perdre 55 % de sa récolte à cause du gel, comme en 2021. Ce vigneron audois, qui exploite 126 hectares de vigne à Tourouzelle, ne se satisfait pas du remboursement de l’assurance pour pallier la perte de récolte. Il amortir le tout nouveau chai de 1,5 millions € qu’il a étrenné lors des dernières vendanges. Pour cela, il a besoin de produire. Cette année, il prend le taureau par les cornes et installe une protection contre le gel par aspersion sur 11, 7 ha.

« J’ai choisi les parcelles les plus gélives et les plus productives avec des cépages rémunérateurs comme le pinot noir, le chardonnay et le viognier. Ces 4 parcelles représentent 12 à 15 % de ma production totale », précise-t-il.

En 1998, il avait déjà été raclé par le gel. Il l’a été à nouveau en 2021 alors que 2 à 3 ans plus tôt, il a été à deux doigts de perdre à nouveau sa récolte. « Le gel a frappé des secteurs limitrophes. Chez nous, ça s’est joué à 0,5 °C près. On sent bien que le dérèglement climatique nous rend plus vulnérable ».

Entièrement irrigué, son domaine est raccordé au réseau d’eau de BRL. José Garcia a opté pour la protection par aspersion, mais avec le système Pulsar de Netafim, plus économe en eau qu’une aspersion classique car ici elle se limite à une bande de 50 cm de large sur le rang. Les arroseurs sont installés tous les 5 m sur le rang, ce qui représente 900 arroseurs par ha. « Il faut compter environ 10 m3/ha/h. J’aurais la capacité de protéger jusqu’à 25 ha », estime le vigneron audois, qui imagine par ailleurs d’utiliser l’aspersion l’été pour protéger son vignoble contre la grillure en cas de très forte chaleur.

Une installation subventionnée à 40 %

Pour surveiller les températures pendant la période critique, il s’appuiera sur sa station météo connectée Météus, capable de lui envoyer des alertes quand la température tombe en-dessous d’un certain seuil qu’il va déterminer avec Netafim. L’installation complète revient à 10 000 €/ha, pose comprise, un investissement subventionné à 40 % au titre des aides à la protection contre les aléas climatiques prévues dans le plan de relance.

« Le prix des assurances a doublé cette année, il va devenir inaccessible. C’est un pari mais avec ce système, j’espère sécuriser au moins 60 % de ma récolte. On ne peut pas rester sans rien faire ».

Netafim a déjà réalisé la protection par aspersion de 35 ha de vigne, essentiellement à Cognac, avec son nouveau système Pulsar lancé en 2019. Cette année, plusieurs autres projets sont en cours : en Provence, en Charentes et dans le vignoble nantais.

 

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