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Vins du Sud-Ouest : tension sur les blancs, hausse des prix pour les rosés

Les acheteurs de vins en vrac ont anticipé la baisse de récolte du vignoble du Sud-Ouest en contractualisant dès la fin du printemps. Les cours sont en hausse, de manière plus marquée sur les rosés.
Par Olivier Bazalge Le 27 janvier 2022
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Vins du Sud-Ouest : tension sur les blancs, hausse des prix pour les rosés
Le vignoble de Saint-Mont, au coeur de la Gascogne - crédit photo : P.Poupart/IVSO
A

u sein du bassin Sud-Ouest, la baisse de production de vins pour le millésime 2021 est actée. Les estimations des douanes arrêtées au 7 janvier avancent ainsi une récolte dépassant légèrement les 2 millions hl (Mhl), soit un volume de vins en retrait de 25% par rapport au millésime précédent.        

En tenant compte des vins destinés à l’élaboration (VDE) d’Armagnac, l’interprofession des vins du Sud-Ouest (IVSO) situe plutôt ce chiffre à 2,24 Mhl, une baisse de 26% par rapport à la moyenne quinquennale (3,04 Mhl). « Ce chiffre n’a qu’une représentativité limitée, car il y a eu d’importantes variations des rendements entre secteurs de production, ainsi qu’au sein même de ces zones », avertit Christophe Bou, le président de l’IVSO.

Moins de rouges

Le secteur de l’AOC Cahors, la zone Armagnac de la Gascogne et les aires de production des vins rouges de Gaillac et Fronton ont le plus souffert des conséquences du gel sur les volumes. « Les vins rouges enregistrent la plus forte baisse (-35%) devant les vins blancs et rosés (-22%), mais nous avons la chance d’avoir des stocks à niveau, il ne devrait donc pas y avoir de rupture d’approvisionnement en rouge », anticipe Christophe Bou. La récolte 2020 (VDE compris) affichait en effet un volume de 3,104 Mhl.

« Ce sera bien plus difficile pour les blancs et rosés, pour lesquels les acheteurs tiennent à se couvrir pour assurer leurs marchés », reprend le président de l’interprofession, qui sait combien ne pas approvisionner un marché peut conduire à une perte définitive de celui-ci. « On ne regagne d’ailleurs pas un marché perdu, il faut alors aller en prendre d’autres », appuie-t-il.

Sur le marché des vins en vrac, les volumes de début de campagne contractualisés à fin décembre 2021 sont en recul de 45% en AOP et 37% en IGP, « mais ces chiffres masquent une tendance forte liée au gel d’avril. Celui-ci a entraîné des contractualisations précoces, en mai et juin, par les opérateurs qui ont anticipé les manques de volumes à venir. L’attentisme est à présent de mise, pour évaluer l’évolution de la situation et de la consommation », analyse Christophe Bou.

Eviter les pertes de marché

Plus en détail, l’IVSO avance une perte de production de 45% pour les vins sans IG, contre 25% en AOP et 18% en IGP, le président avertissant cependant sur « la surveillance des transferts potentiels entre vins sans IG et IGP ».

Les prix sont en conséquence orientés à la hausse en AOP comme en IGP. Celle-ci semble maîtrisée sur les rouges alors qu’elle est importante en rosés (+14% pour les IGP et +23% pour les AOP). Pour les vins blancs secs, cette hausse est moins spectaculaire, 8% en AOP et 13% en IGP. « Il manque 8Mhl sur la récolte nationale, il est donc normal qu’il y ait une tension sur les prix, mais il faut qu’elle reste maîtrisée », avise Christophe Bou, « les metteurs en marché sont confrontés à une hausse de 20 à 25% du coût des matières premières liées au conditionnement. Sans maîtrise des prix sur l’offre vrac, la répercussion sur les prix des produits finis ferait courir un grand risque de perte de marchés qui ne pourraient supporter cette hausse ».

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