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Après 2021… et avant 2022 ?
Plaidoyer pour la réserve interprofessionnelle chez les vins IGP

Gérard Bancillon, le président de la Confédération des vins IGP, fait le point sur sa volonté de voir aboutir la mise en place d'outils de gestion volumique de l'offre des vignobles et de la demande des marchés.
Par Alexandre Abellan Le 13 janvier 2022
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Plaidoyer pour la réserve interprofessionnelle chez les vins IGP
« Cette régulation des volumes est essentielle à travailler, surtout au sein des interprofessions » note Gérard Bancillon. - crédit photo : Chambre d'Agriculture de l'Hérault (archives avril 2021)
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i-figue, mi-raisin, le vignoble français voit globalement une flambée généralisée de la demande, et des cours, pour les vins blancs, quand les vins rouges enregistrent au mieux une faible augmentation et au pire de l’attentisme. « Il y a eu des hausses de prix qui ont été substantielles, mais, me semble-t-il, relativement contenues » analyse Gérard Bancillon, le président de la Confédération des vins IGP de France (Vin IGP), qui note ainsi qu’avec « une réelle crise sur l’alimentation de toutes les cuvées issues de chardonnay. On aurait pu imaginer que le chardonnay prenne 70 à 100 % d’augmentation. En IGP, ça n’a pas été le cas. Il a pris environ 30 à 50 %. C’est ce qui est arrivé globalement sur l’ensemble des blancs. Les rouges ont peu augmenté, 10 à 15 % selon les coins. »

Alors que le souvenir de la crise commerciale de 2020, et de sa distillation de crise, reste vif, la possibilité d’une récolte 2022 généreuse, comme souvent après les gelées, laisse perplexe Gérard Bancillon : « c’est idiot d’avoir une année sur deux des produits en trop, alors que l’année d’après on va être en manque ». Poursuivant les réflexions entamées lors du dernier congrès des IGP, l’été dernier dans l’Hérault, le viticulteur gardois se félicite des réflexions lancées sur la gestion volumique de l’offre et de la demande au sein du Comité National des Interprofessions des Vins (CNIV). Il faut « travailler sur la régulation des volumes mis en marché, pour faire face aux aléas climatiques, aux baisses de la consommation… » évoque Gérard Bancillon, soulignant que « l’assurance récolte ne peut pas être la seule solution. Que le producteur soit assuré ne permettra pas de pérenniser l’écoulement de ses volumes sur les marchés. Alors que si l’on avait des outils volumiques à disposition, comme la réserve interprofessionnelle*. »

Constance dans les revenus

Notant que les avis diffèrent selon les régions, le président des vins IGP propose des solutions réfléchies et adaptées à chaque bassin viticole. Avec un consensus interprofessionnel inévitable : « il faut bien s’entendre avec le négoce pour faire en sorte que ces stocks-là ne fassent pas baisser la moyenne des cours des marchés » pointe Gérard Bancillon, pour qui « il faut trouver une constance dans les revenus, au moins par l’assurantiel et des réserves interprofessionnelles, pour arriver à sécuriser l’installation » des jeunes vignerons qui manquent à l’appel pour l’avenir. Afin de se projeter vers le futur, une étude prospective sur les vins IGP à l’horizon 2040 est en cours. Sa restitution est prévue lors du deuxième semestre 2022. Notant que le modèle champenois de réserve a mis vingt ans à se concrétiser, Gérard Bancillon reconnaît qu’il faudra du temps pour finaliser une réserve interprofessionnelle.

 

* : « Je ne parle du Volume Complémentaire Individuel (VCI), ça ne marche pas en IGP comme ce sont des volumes au-delà du rendement et que la plupart des IGP font des volumes en dessous du rendement » note Gérard Bancillon. D’autres outils peuvent être envisagées pour lisser les revenus du vignoble, comme des mesures fiscales pour mettre en réserve de la trésorerie.

 

 

 

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Tous les commentaires (1)
VignerondeRions Le 14 janvier 2022 à 09:10:00
Personnellement ce qui m'agace au plus haut point, c'est qu'avec des modes de culture à rendements plafonnés, nous mettions 30 ans à nous rendre compte de l'utilité des réserves climatiques et/ou sanitaire (maladies). La nature n'est pas une moyenne mole, contrairement aux responsables de notre profession. Depuis mon installation 95, qui subissait encore les conséquences du gel de 1991 commercialement, j'ai analysé les données et conclu que mieux qu'une assurance, la réserve était frappé du bon sens paysans. Au delà de garantir un revenu, elle garantie l'assurance de fournir le marché et c'est bien plus important. Ce n'est pas possible de réagir à 2 à l'heure dans le monde de l'entreprise, sans fragiliser tout la filière. Une seule étude méthodique de quelques jours démontre les faits factuellement, depuis 95 combien d'élus, d'experts, de ministres, de hauts fonctionnaires ont poussé pour cette mise en place vitale économiquement ? Visiblement trop peu.
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