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Primeur 2021
Déconfiné pour ses 70 ans, le Beaujolais nouveau a la banane

Après une année sous cloche, le vin primeur renoue en 2021 avec les évènements festifs qui semblent booster la demande et soutenir l'attractivité de l'appellation rhodanienne.
Par Alexandre Abellan Le 18 novembre 2021
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Déconfiné pour ses 70 ans, le Beaujolais nouveau a la banane
Pas de banane dans les arômes du Beaujolais nouveau 2021, mais des vins sur le fruit, digestes et aux tanins souples. - crédit photo : Julien Mouffron Gardner (Au Pied de Cochon)
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fficiellement né le 13 novembre 1951, le Beaujolais nouveau fête ses 70 ans ce 18 novembre 2021. Et il le fait avec une certaine satisfaction, pouvant organiser un évènement festif après les annulations liées à la crise sanitaire en 2020. « L’an passé, notre communication portait sur les Beaujolais confinés, avec des livraisons à domicile. En 2021, nous parlons de retrouvailles, avec le besoin de se reconnecter. Le Beaujolais nouveau est avant tout un produit de convivialité » indique Ludmilla Herbert, la chargée marketing de la cave coopérative Agamy (350 viticulteurs adhérents. Face à un millésime peu généreux, la production de nouveaux est maintenue, représentant 70 % des Beaujolais produits en 2021 par Agamy (contre 50 % en temps normal). La petite récolte 2021 aura conduit à une hausse de 40 % des cours sur le vrac et de 15 % sur les bouteilles pour la coopérative. Ce qui n'empêche pas la demande d'être soutenue.

Après une série de confinements et de couvre-feux, la sortie du vin primeur semble redevenir un évènement incontournable dans les circuits de distribution. « Plein d’évènements se font dans les bars et restaurants : les vignerons sont débordés, il y a une grande demande et un retour des ventes directes » rapporte David Ratignier, le président de l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG). Alors que certains vignerons contingentent leurs volumes de primeurs pour assurer leurs portes-ouvertes, « la demande me semble accrue sur les Beaujolais nouveaux. L’offre suffisante est pour répondre aux marchés historiques malgré la petite récolte, mais on a une demande supérieure. On va gérer la pénurie » note David Ratignier, qui espère voir dans cette dynamique le signe d’un changement d’image « il semble qu’il y ait un retour en grâce de nos vins. Ce n’est plus honteux apparemment de déboucher du Beaujolais. Enfin ! Les qualités sont là, on a fait le boulot. »

Le Beaujolais nouveau n’est pas mort 

Avec des commercialisations de vin en vrac s’approchant des 110 000 hectolitres pour les nouveaux, des ventes directes soutenues pourraient permettre d’atteindre 140 000 hl de primeurs commercialisés en 2021 (sur une production estimée à 150 000 hl en 2021). Si les chiffres seront validés dans les mois qui viennent, cette tendance « serait la preuve que le Beaujolais nouveau n’est pas mort » analyse Philippe Thillardon, le président de la fédération des caves coopératives du Beaujolais et du Lyonnais, pour qui « le Beaujolais a repris beaucoup de couleur, ça conforte notre positionnement de vins de qualité. Il y a moins d’a priori et de snobisme. Parce qu’il n’y a pas un Beaujolais, mais plusieurs styles, terroirs… »

Et plusieurs leviers d’innovations, comme l’engagement dans de nouvelles démarches environnementales. Obtenu en juillet 2021, la certification Vignerons Engagés est ainsi revendiqué par les gammes de primeurs d’Agamy : « c’est une démarche qui demande un vrai investissement. Cela correspond aux demandes consommateurs pour une traçabilité du cep au verre » explique Ludmilla Herbert. De quoi allier durabilité et convivialité pour ces primeurs 2021.

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