LE FIL

Petite vendange

Les pluies remontent les rendements de vin 2021 à Bordeaux, Champagne et Cognac

Jeudi 07 octobre 2021 par Alexandre Abellan

« Le gel printanier a amputé une bonne partie de la production, qui sera historiquement faible » annonce le ministère.
« Le gel printanier a amputé une bonne partie de la production, qui sera historiquement faible » annonce le ministère. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Révisant à la hausse les récoltes à la suite des précipitations de septembre, les statistiques ministérielles réduisent encore les prévisions en Beaujolais et Languedoc. Avec -27 % de production nationale, les vins français se gamellent à 34,4 millions d’hectolitres.

« Selon les estimations établies au premier octobre, la production viticole s’établirait, en 2021, à près de 34 millions d'hectolitres, soit un niveau inférieur de 27 % à celui de 2020 et de 22 % à celui de la moyenne des cinq dernières années » indique la dernière note du Service de la Statistique et de la Prospective du ministère de l’Agriculture (SSP). Révisant à la hausse la production prévue (33,3 millions hl en septembre), l’administration augmente sensiblement les volumes produits à Bordeaux (passant de 3,7 à 3,9 millions hl en un mois), en Champagne (de 1,3 à 1,5 million hl) et Cognac (de 8,6 à 9,7 millions hl) grâce à l’effet des « précipitations estivales [qui] ont contribué au grossissement des baies », tout en accélérant le rythme des vendanges. Le val de Loire bénéficierait également de ces pluies, mais de manière plus hétérogène. Dans le vignoble, les situations restent très disparates entre zones, domaines et parcelles, le climat ayant eu des impact très aléatoires selon les modes de conduite et les cépages.

D'après le SSP, les volumes du Languedoc-Roussillon diminuent de nouveau (de 8,5 à 8,3 millions hl), car « la sécheresse a amoindri les volumes » initialement prévus. Avec des épisodes cévenols dévastateurs, « des précipitations trop tardives ont parfois entraîné de la pourriture et des pertes supplémentaires de récolte dans ce bassin » ajoute le ministère, soulignant les dégâts du gel de printemps sur les cépages précoces (chardonnay et merlot notamment). « Dans le Beaujolais, les rendements sont revus nettement à la baisse, les effets du gel et des maladies ayant été plus importants qu’initialement envisagés » ajoute la note.

Annus horribilis

Prenant des pincettes*, le SSP indique que la récolte nationale sera « historiquement basse, inférieure à celles de 1991 et 2017 affectées elles aussi par un gel sévère au printemps. Le rendement serait proche de celui de 1977, année où la récolte viticole avait été réduite par un gel destructeur et des précipitations estivales. » D’après le panorama viticole établi par le ministère, « la Bourgogne, la Vallée du Rhône et le Jura ont été les zones les plus impactées » par le gel (voir infographies ci-dessous). Compliqué du début à la fin, le millésime 2021 aura été marqué par la coulure (Sud- Ouest, Vallée du Rhône et Provence notamment), la grêle (dans le Jura notamment), la pression phytosanitaire forte pendant la campagne végétative (mildiou, oïdium et black rot), la sécheresse (Corse, Languedoc, Roussillon…), des incendies (sur le bassin méditerranéen : Languedoc et Provence)…

 

* : « Les prévisions de récolte pour 2021 ont été arrêtées au premier octobre. Par nature, ces prévisions ne peuvent prendre en compte les évènements susceptibles de survenir après cette date et d’influer sur la récolte. La répartition des vins entre les différentes catégories n’est qu’indicative et peut être amenée à évoluer. L’affectation ne sera connue plus précisément qu’au moment de la déclaration de récolte » souligne le document

 

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