LE FIL

Trop d'eau

Les pluies accélèrent les vendanges

Mardi 28 septembre 2021 par Marion Bazireau

Il faut en général attendre 3 à 4 jours avant d'observer les dégâts engendrés par la pluie.
Il faut en général attendre 3 à 4 jours avant d'observer les dégâts engendrés par la pluie. - crédit photo : Inrae
Gare à l’état sanitaire. Dans la Loire, à Bordeaux, ou dans le Sud, les techniciens conseillent aux vignerons de ne pas pousser la date de vendanges des parcelles touchées par le botrytis, celles aux baies fissurées, ou attaquées par Cryptoblabes gnidiella.

Rares sont les vignobles restés au sec ces derniers jours. Ce lundi 27 septembre, la Touraine est encore arrosée. A Bordeaux, où les premiers rouges de merlot et de malbec ont été rentrés en fin de semaine dernière, y compris dans le Médoc, le conseiller en vin bio Stéphane Becquet espère que les prévisions météo se maintiendront au beau cette semaine.

« Même si elles n’ont pas provoqué de dégâts, les pluies passées ont fait évoluer la situation sanitaire et le Botrytis qui avait séché. Certaines parcelles ne supporteront pas une deuxième pluie importante. Parfois, l’eau a déjà fissuré les baies aux pellicules fragilisées, notamment à cause des tordeuses » s’inquiète-t-il.

"Attention aux nouvelles pluies"

Le danger viendra surtout des retours d’eau en cas de pluies supérieurs à 20 mm. « Il faut en général attendre 3 à 4 jours avant d'observer les dégâts engendrés, sauf dans les parcelles sableuses ou limoneuses où ils apparaissent plus rapidement. »

Stéphane Becquet demande aux vignerons de bien se poser la question de l’intérêt de pousser la date de vendange, rappelant que certaines parcelles n’iront quoiqu’il en soit pas plus loin, « les feuillages étant très abimés par l’effet du gel, du mildiou et de la cicadelle ».

En blanc, beaucoup de sémillon et de muscadelle ont été rentrés cette semaine. Certains ont été touchés par la pourriture acide. « On la retrouve parfois en cuve avec des notes moisi-terreux si les jus n’ont pas été correctement nettoyés. On commence également à voir réapparaitre les drosophiles suzukii sur certains secteurs » reprend le conseiller.

Pour le reste tout va bien. En blanc comme en rouge, les fermentations semblent se dérouler assez rapidement, et les premières aromatiques sont belles.

Cryptoblabès dans le Languedoc

Dans le Languedoc, où les rouges tardifs ne sont pas encore tous rentrés, l’Institut Coopératif du Vin (ICV) constate des situations très contrastées.

Dans l’Hérault, les pluies ont été très inégalement réparties, avec des pics de 200 mm en 24h sur le nord-est du département, entrainant des éclatements même sur des baies « coulées » et une quasi absence sur la vallée de l'Hérault et le littoral. « D’un côté les vendanges ont été retardées, de l’autre la menace pluvieuse a accéléré la récolte » expliquent les consultants, observant également des attaques de Cryptoblabes gnidiella, la pyrale des agrumes, se font de plus en plus sentir dans le vignoble.

 

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