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Des vins rosés de grenache plus thiolés en bio qu’en conventionnel
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Découverte
Des vins rosés de grenache plus thiolés en bio qu’en conventionnel

Selon une nouvelle étude de la chambre d’agriculture du Var et du centre du rosé, le cuivre appliqué au vignoble n’impacte pas les arômes thiolés des rosés de grenache. Il augmenterait même leurs notes d’agrumes.
Par Claire Furet-Gavallet Le 16 août 2021
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Des vins rosés de grenache plus thiolés en bio qu’en conventionnel
Matthias Bougreau, du Centre du Rosé, et Audrey Chaix-Bryan, de la Chambre d’agriculture du Var
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De plus en plus de viticulteurs passent en bio et ils veulent être sûrs que leurs vins ne changeront pas. Il a été montré qu’une utilisation trop prononcée du cuivre en vigne pouvait conduire à une perte de notes aromatiques d’agrumes et fruits exotiques, très appréciées dans les vins rosés de Provence. », introduit Matthias Bougreau, porteur de projet au Centre du rosé.

Avec la Chambre d’agriculture du Var, il a mené une étude pour évaluer les potentiels impacts du cuivre sur la vinification de ces vins. « Dans le cadre d’une prestation, nous avons testé une des bouillies bordelaises de la société UPL. Pour cela, nous avons suivi deux parcelles de grenache, l’une près du littoral, et l’autre dans les terres pendant les millésimes 2018 et 2020 », complète Audrey Chaix-Bryan, conseillère viticole à la CA du Var.

Quatre modalités

Les deux techniciens ont construit quatre modalités : la première non traitée au cuivre, la deuxième traitée à 400 g/ha de cuivre à la fermeture de la grappe, la troisième à 750 g de cuivre au même stade et la quatrième, en bio, avec 6 à 8 traitements cumulant 3 kg/ha de cuivre métal.

« Le but était d’employer des doses communes en pratique et employées selon les règlements en vigueur et non pas de pulvériser du cuivre juste avant la vendange », ajoute Matthias Bougreau.

Côté fermentations, pas de différences notables, elles ont duré de 12 à 14 jours en 2018 et 15 à 19 jours en 2020.

Des différences aromatiques

Des différences aromatiques sont apparues en 2018 comme en 2020 sur ces rosés de grenache. « En 2018, la modalité conventionnelle avec 750 g/ha de cuivre et la modalité bio sont ressorties à la dégustation avec les notes d’agrumes les plus prononcées. En revanche, la note fruits exotiques semblait de même intensité dans toutes les modalités » détaille Matthias Bougreau.

En 2020, une nouvelle fois, les notes d’agrumes ont augmenté avec la dose de cuivre employée, étant les plus fortes dans la modalité conventionnelle à 750 g et dans la bio. Voyant cela, les expérimentateurs ont dosé deux thiols dans les vins de 2020 : le 3MH, responsable des notes de pamplemousse, et le 3MHA à l’arôme de fruits exotiques. Les résultats ont bien corrélé la dégustation.

« Pour les modalités conventionnelles, la concentration en 3 MH est croissante de 284 à 329 ng/L quand elle est de 430 ng/L dans le vin bio. Et la teneur en 3MHA est équivalente dans les quatre modalités. C’est la curiosité de notre étude, ce que nous observons pour les grenaches rosés de Provence. » conclut le porteur de projet.

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