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Champagne
Roederer laisse tomber le brut sans année pour s'essayer au multi-millésimé

Le Brut Premier lancé dans les années 1970 par la Maison Roederer vit ses dernières heures. À la place, une série de cuvées nommée « Collection » issue d'un assemblage d'une réserve perpétuelle débutée en 2012, un remplacement qui permet de répondre davantage au terroir mais aussi au changement climatique.
Par Laurie Andrès Le 29 juillet 2021
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Roederer laisse tomber le brut sans année pour s'essayer au multi-millésimé
Multi-millésimée, la cuvée Collection 242 est élaborée à partir de 34 % de réserve perpétuelle, 10 % de vins de réserve élevés sous bois issus des millésimes 2009, 2011, 2013, 2014, 2015 et 2016, complétés par 56% des réussites de l’année de la vendange 2017. - crédit photo : Maison Roederer
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ouvelle ère. Non millésimé, le brut sans année (BSA), reflet d’une standardisation du goût en Champagne, a sérieusement du plomb dans l’aile. Quittant le BSA, la maison Roederer entame un nouveau départ en lançant « Collection ». Pour cette nouvelle gamme, « nous avons choisi de nous recentrer sur le terroir. Mais faire des vins de sols demande du temps et notre partipris a été de créer une réserve perpétuelle en 2012, composée à égalité de pinot noir et de chardonnay » précise Jean-Baptiste Lécaillon, directeur et chef de caves Roederer.  Cette solera est ensuite complétée des millésimes suivants et comporte une plus grande proportion de vins de réserve.

Pour coller à cette philosophie de vins de terroir, la maison Louis Roederer a soigneusement préparé le terrain en signant un contrat baptisé « Coeur de Terroir » avec ses vignerons partenaires, ce qui permet une sélection rigoureuse de parcelles, lieux-dits, le plus souvent des sols de craie qui permettent un vieillissement optimum des vins. « Avant nous partions de l’année, la base, et on cherchait des vins de réserve pour arriver au goût Roederer, désormais, nous partons des vins de réserve pour leur apporter de la fraîcheur avec la base sur un principe de réserve perpétuelle et en diminuant les dosages » explique Jean-Baptiste Lécaillon. Question maturité, il faut désormais la dompter en apportant de la fraîcheur, un enjeu d’autant plus grand que le réchauffement climatique a décidé s’en mêler et qu’il faut compter sur des raisins de plus en plus mûrs, plus vite.

Crise d'identité

Remis en doute par certains chefs de caves frustrés de devoir faire le même vin, le BSA est sous le coup d’une crise d’identité majeure. La rébellion est initiée depuis les années 2000 par les frères Chiquet (Champagne Jacquesson), d’où émane le « manifeste des 700 », ce a permis aux cuvées numérotées de la maison de Dizy de vaincre la monotonie d’un champagne devenu trop commun.

Outre le plaisir de se réinventer, la nouvelle cuvée de la maison Roederer suit une logique de renouveau initiée depuis le début des années 2000. Autant dans les pratiques culturales (avec la conversion à la bio pour 115 des 242 hectares du vignoble Roederer et une aspiration à la biodynamie depuis 1999, et la prise de direction de Jean-Baptiste Lécaillon), que dans les chais où « la recherche du meilleur vin possible » guide l'une des rares maisons encore familiales en Champagne.

48 €/col

La série « Collection » commence par la cuvée n°242 - représentant le 242ème assemblage de la maison- qui sera vendue 48 €, chez les cavistes, dans un étui 100% recyclable. Cette innovation est l'occasion de prendre une plus large place à table pour les champagnes, là ou le BSA reste généralement coincé à l’apéritif. De quoi entamer un nouveau départ.

 

 

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