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Éric Andrieu défend le vin désalcoolisé, l’étiquetage des ingrédients et les autorisations de plantation
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En direct du Bruxelles
Éric Andrieu défend le vin désalcoolisé, l’étiquetage des ingrédients et les autorisations de plantation

Rapporteur du règlement Organisation Commune des Marchés (OCM), l’eurodéputé socialiste de l’Aude revient sur les points clés pour la filière dans les discussions actuelles sur la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC).
Par Alexandre Abellan Le 21 octobre 2020
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 Éric Andrieu défend le vin désalcoolisé, l’étiquetage des ingrédients et les autorisations de plantation
Éric Andrieu demande également des aides européennes pour que la filière vin passe le cap de la crise sanitaire, et demande l’autorisation des cépages interdits (clinton, herbemont, isabelle, jacquez, noah et othello). - crédit photo : Permanence d'Éric Andrieu
P
ortant sur la PAC, les discussions qui s’ouvrent au Parlement Européen ce 21 octobre ne manquent pas de conséquences pour la filière vin…

Éric Andrieu : Le principal amendement pour le secteur est de passer la date de fin des autorisations de plantation de 2030 à 2050. La vigne est une culture pérenne, elle a besoin de lisibilité, qui plus est dans une période de crise. Le premier bilan par la Commission Européenne aura lieu en 2023, ce qui n’empêche pas la prolongation. Sans remettre en cause le principe des autorisations de plantation, des modifications peuvent être proposées (comme sur le plafond 1 % par état membre par exemple).

Un autre amendement va donner le pouvoir aux Etats-Membres de décider s’ils veulent passer de trois à six ans la validité des autorisations de plantation pour replanter une parcelle. Nous ne touchons pas au délai de deux ans pour demander une autorisation après l’arrachage, mais nous donnons plus de temps, à partir de la date d’octroi, pour permettre à la terre de se reposer.

 

Dans votre rapport, vous proposer également d’élargir la définition du vin, pour que les vins désalcoolisés en dessous de 8,5°.alc puissent s’appeler vin.

J’ai introduit cette idée, qui n’a pas été un sujet facile pour la filière [vin]. Il faut regarder les choses objectivement : la demande évolue. Les vins consommés en apéritifs se développent, sur des profils moins charpentés en alcool. N’est aujourd’hui vin qu’à partir de 8,5°.alc. Si l’on reste arc-bouté, on peut laisser un marché échapper au secteur [vitivinicole] et tomber dans les mains de la chimie (qui peut faire des merveilles pour recréer un vin désalcoolisé sans vin).

Ma conclusion est qu’il faut que les vins désalcoolisés titrant entre 0,5 et 8,5°.alc restent dans la catégorie des vins (hors AOP et IGP). Alors qu’il est question d’arrachages dans certains territoires, il faut avancer sur la diversification et la production d’une gamme plus large. Il faut s’ouvrir et pas rester arc-boutés sur d’anciens principes. Il reste à trouver le nom commercial des vins désalcoolisés et partiellement désalcoolisés.

 

Autre changement d’importance, l’étiquetage des calories et des ingrédients va également devenir obligatoire sur les bouteilles vins…

C’est le même raisonnement. Aujourd’hui, le consommateur a besoin de savoir ce qu’il y a comme ingrédients dans ce qu’il ingère. Au début [des échanges], le secteur [vitivinicole] était tendu, mais nous sommes arrivés à un bon compromis. La solution est d’indiquer sur l’étiquette les calories, avec un symbole permettant une déclaration nutritionnelle de la valeur énergétique. Les ingrédients seront donnés par le producteur, soit sur l’étiquette, soit de manière dématérialisée avec un QR Code. Pour les ingrédients, l’objectif est de ne pas contraindre ou handicaper les producteurs. Comme le vin est un produit vivant dont les analyses peuvent varier au fil du temps, il faudra à mettre à jour les données. Mais chaque étiquette peut durer un exercice, il ne s’agit pas de lots.

Le dispositif d’étiquetage sera obligatoire 18 mois après l’entrée en vigueur du règlement. Le rapport OCM sera voté cette semaine, le trilogue s’engagera ensuite et la PAC pourrait être votée fin 2021 ou début 2022. On peut viser un étiquetage obligatoire en 2024 ou 2025.

 

Face à la pandémie de coronavirus, la filière vin demande à la Commission Européenne de proroger en 2021 ses dispositifs d’aides à la filière vin : distillation de crise, aide au stockage, vendanges en vert… Quelle est votre position en la matière ?

Le commissaire européen s’est engagé devant la commission agricole du Parlement Européen à reconduire la flexibilité des Plans Nationaux d’Aide pour 2021. C’est affirmé, pas encore par écrit. Comme cette PAC est une réforme de transition, je ne suis pas convaincu que l’on puisse obtenir beaucoup plus. Mais il y a urgence dans vignoble.

 

Le retour des cépages interdits

Le rapport d’Éric Andrieu propose d’autoriser les six hybrides producteurs interdits (clinton, herbemont, isabelle, jacquez, noah et othello). « L’amendement propose l’inscription des cépages anciens, mais sans nouvelles plantations. Il s’agit de rendre légal ce qui illégal, mais en maintenant les mêmes surfaces. C’est un compromis pour ne pas se priver de résultats de recherches, mais sans risquer de déséquilibrer la production (par exemple sur les vins désalcoolisés) » souligne l’eurodéputé.




 

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