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Maison Moillard : la mutation qualitative de ses vins désormais achevée

Au moyen d'investissements conséquents dans ses chais, le groupe Grands Chais de France a souhaité faire évoluer le style des vins de sa maison bourguignonne Moillard, pour lui donner un « nouveau souffle ».
Par Juliette Cassagnes Le 17 juin 2020
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Maison Moillard : la mutation qualitative de ses vins désormais achevée
Au premier plan, Serge de Bucy, responsable des achats vin et oenologie; au second plan, Baptiste Corrot, l'oenologue - crédit photo : DR
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a maison Moillard, négociant-propriétaire historique (1850) de la place de Nuits-Saint-Georges, est détenue depuis fin 2016 par le groupe Grands Chais de France ; date correspondante à la reprise de Béjot vins & terroirs. La Maison Moillard passe alors sous le pavillon de la Maison François Martenot.

Sous l'impulsion de Joseph Helfrich, de nombreux changements et investissements ont été réalisés depuis la récolte 2017, visant à changer « le style des vins » et monter en gamme. Elle annonce désormais avoir terminé sa phase de « mutation » qui lui permet aujourd'hui de proposer des vins « généreux, modernes, à la fois accessibles et fidèles à la diversité des terroirs de Bourgogne », avec environ 80 appellations dans son portefeuille.

Comme ses consoeurs bourguignonnes, l'achat de raisins ou de moûts tend à se développer, afin de favoriser des vinifications faites-maison, et ainsi en avoir une meilleure maîtrise. « L'organisation avec les apporteurs historiques de raisins, environ 130, fonctionnait bien, et a pour l'essentiel été conservée. Les modifications concernent surtout les vinifications et l'élevage des vins », indique Serge de Bucy, son responsable achats vins et oenologie.

La régulation des températures installée partout

Elle produit environ 900 hl de vins rouges annuellement, pour la plupart issus de la Côte-de-Nuits et pour lesquels la maison Moillard est plus connue. Leur vinification et élevage se situent à Nuits-Saint-Georges, au siège historique. « Les changements opérés concernent surtout l'élevage », indique le professionnel : le parc à fûts a été rajeuni et ils sont renouvelés tous les 5 ans au lieu de 10, afin d'obtenir « un niveau de boisage plus équilibré ». «Le parc a été rajeuni pour l'adapter à nos vinifications qui ont beaucoup évolué, et aux millésimes récents, plus chauds, qui ont tendance à livrer des vins avec plus de matière et de richesse », explique de son côté Baptiste Corrot, l'oenologue. Les soutirages sont par ailleurs effectués au cas par cas, selon l'évolution de chaque vin. Enfin, l'entreprise a investi dans un système de thermorégulation pour les cuves et le chai d'élevage. « Nous obtenons des vins plus fruités, gourmands, juteux », explique Serge de Bucy.

Pour les vins blancs, ce sont surtout les vinifications qui ont été modifiées dans l'idée « d'obtenir des vins aromatiques et sur la fraîcheur ». Qu'ils soient élevés en fût ou en cuve, les lies sont conservées et aucun soutirage n'est effectué. « Nous avons une politique très peu interventionniste », poursuit celui-ci. Un ensemencement est néanmoins effectué pour déclencher la malolactique afin de prévenir de l'oxydation et de leur assurer une meilleure conservation. 22500 hl sont produits sur deux sites, à Meursault (21), et 8000 hl, à Ligny-le-Châtel (89).

Consolider notre base

Au total, environ 1,2 millions de cols en vins tranquilles sont produits annuellement, dont une majorité des volumes en appellations « génériques » : Bourgogne, Hautes-Côtes ou encore Chablis et petit Chablis. « On veut être présent sur tous les niveaux de positionnement, tirer le meilleur parti de chacun, mais avec une base solide : c'est important pour établir une notoriété que l'on n'a pas forcément aujourd'hui comme les autres maisons, précise Serge de Bucy. Notre volonté commerciale est actuellement de nous focaliser sur les génériques et les villages ».

Particularité de cette maison : la moitié de ces volumes est écoulée en France, essentiellement en grande distribution, notamment en foires aux vins, sous la marque Moillard. La part vendue au circuit traditionnel, minoritaire, est quant à elle vendue sous la signature « Moillard-Grivot », que l'entreprise essaie de développer. L'autre moitié est vendue à l'export.

Il a par ailleurs été décidé de miser sur le développement des bulles. Le groupe a donc investi dans l'équipement nécessaire à l'élaboration du crémant : chaîne de dégorgement, étiquetage, gyropalettes, etc. ainsi que dans un système de régulation de température. Elle devrait produire cette année environ 200000 cols et 3 références distinctes. « L'idée est d'installer la signature Moillard également sur les bulles », indique Martial Corbex, son directeur commercial France.

A nouveaux vins, nouvelle image : une même étiquette a été choisie pour l'ensemble de la gamme, contenant un seul « bloc marque » rouge commun à toutes les références, afin d'obtenir une meilleure visibilité et cohérence. « Nous marquons plus fortement notre identité », résume ce dernier.

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