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Imperméabilisant au Cognac
Les vins IGP charentais s'interdisent l'ugni blanc

Demandant de nouveaux cépages, le vin de pays des Charentes souhaite au passage retirer de son cahier des charges la variété emblématique du Cognac. Afin de piloter la croissance de son vignoble sans pâtir d'effets d'aubaine.
Par Alexandre Abellan Le 10 septembre 2019
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Les vins IGP charentais s'interdisent l'ugni blanc
Cépage à double fin, l’ugni blanc composant 98 % du vignoble de l’appellation Cognac. Pour 2 % de celui de l’IGP vin charentais. - crédit photo : BNIC (Fabrice Schäck)
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 Il est toujours gênant d’enlever quelque chose » reconnaît Thierry Jullion, le président du syndicat des producteurs et de promotion des vins de pays charentais. Mais pour « enlever des vignes qui produisent trop et ne sont pas assez qualitatives », l’organisme de défense et de gestion vient d’acter de voter le retrait du cépage ugni blanc du cahier des charges de son Indication Géographique Protégée (IGP).

Voté le 17 mai dernier en assemblée générale, cet abandon de l’ugni blanc doit désormais être étudié et validé par l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO), aux niveaux régionaux puis nationaux. Estimant que la modification du cahier des charges ne pourra pas être mise en place avant deux ans, Thierry Jullion n’envisage pas de mesures transitoires. Le vigneron soulignant que les surfaces d’ugni blanc revendiquées en IGP vin charentais s’élèvent à « une trentaine d’hectares, sur 1 500 ha » (soit 2 % du vignoble), il estime que cette modification « ne va perturber que quelques professionnels. De plus l’ugni blanc n’est jamais utilisé seul, il est toujours en assemblage avec du sauvignon blanc ou du colombard. »

Petits malins

En sortant l’ugni blanc de son cahier des charges, l’IGP compte prendre son autonomie du vignoble spécialisé du Cognac, qui est composé à 98 % d’ugni blanc et dont la prospérité actuelle pèse sur les autres filières charentaises. Le défi pour les opérateurs charentais étant de planter de nouvelles parcelles pour suivre la demande des marchés, et des maisons de négoce. « Quand nous demandons un contingent de 30 hectares [d’autorisations de nouvelles plantations], il n’est pas sérieux que l’on ait 124 ha de demandes. Dont beaucoup de producteurs n’ayant rien à voir avec notre IGP. Ces petits malins pénalisent ceux qui veulent planter en IGP » rumine Thierry Jullion. Qui précise ne pas avoir défendu cette évolution réglementaire dans la perspective d'un retournement du marché du Cognac et du risque de revirement de parcelles d'ugni blanc vers la production d'IGP.

Cépages résistants et mesures agroenvironnementales

A noter que l’IGP vin charentais demande également à l'INAO l’inscription d’une dizaine de nouveaux cépages dans son cahier des charges. Dont la syrah, le petit manseng et le gros manseng, mais également douze nouvelles variétés résistantes (voir encadré). Cinq mesures agroenvironnementales seront également inscrites : l’obligation de certification Hautre Valeur Environnementale d’ici 2025, l'interdiction du désherbage en plein, l’enherbement obligatoire et permanent des tournières, l’interdiction des "pulvérisateurs non face par face à jets non dirigés", et l'encadrement des apports d'azote minéral ("limités à 30 unités par hectare et par an").

Les variétés résistantes demandées

En blanc : Bronner, Johanniter, Floreal, Souvinier Gris, Solaris et Voltis.

En rouge : Cabernet Cortis, Monarch, Pinotin, Prior, Vidoc et Artaban.

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